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20.11.2007

La LRU face aux bloquages

Etant moi-même étudiant, je suis particulièrement concerné par la nouvelle loi à la mode de Valérie Pécresse. Je vais découvrir ce qu'elle est selon le fascicule distribué par l’Education Nationale et disponible ici : http://www.nouvelleuniversite.gouv.fr/IMG/pdf/interloiNou...

Tout d’abord, avant même de me renseigner sur la teneur de la loi, je tiens à dire que je suis contre les blocages de facultés.

Notamment à cause de l’inutilité que cela apporte. Ce n’est pas par ce biais que le CPE a été abrogé, mais bien par un mouvement mobilisant bien plus de personnes.
Ensuite, notre éducation est trop importante pour se prendre soi-même en otage. Bloquer les fac, c’est l’équivalent de s’allonger par terre devant des camions pour lutter contre le réchauffement de la planète : c’est chouette, on est entre pote, on se fait entendre mais au final absolument rien ne change.

Enfin, la faculté va mal. Ce n’est pas une interprétation, c’est un fait. Elle est de moins en moins attirante pour des étudiants qui n’y vont qu’en dernier recours, et les diplômés qui en sortent sont peu présents dans les cadres d’entreprise.

Résumons un peu la loi avec qui l’UNEF était d’accord.

Donner plus de moyens aux présidents d’université est une bonne chose. Cessons de croire que le ministère est omnipotent. Qui mieux que le Conseil d’administration ou le recteur, ne peuvent disposer des fonds qui leurs sont attribués en les répartissant en fonction des problèmes ? 

Ce que je considère le plus important est que, selon moi, cette réforme renforcera les liens, aujourd’hui quasi-inexistants, entre les entreprises et la faculté. Les entreprises pourront ainsi participer à la création des programmes et ainsi obtenir des employés parfaitement compétents dans leurs domaines. De plus cela pourra aussi profiter aux finances des facs avec la taxe professionnelle qui, aujourd’hui, vient renforcer, quasi exclusivement, les poches des écoles.

On cite souvent la peur de l’augmentation des frais d’inscription. Force est de constater qu’il existe déjà de nombreuses disparités dans ce domaine en fonction des spécialités et des rectorats. A Grenoble, pour médecine, les frais de scolarité s’élèvent à 400 € auquel s’ajoute 320 € de frais de formation. A Paris V on arrive à 700€ de frais de formation et 300 € de frais de scolarité. Ces frais sont souvent réduits à une vingtaine d’euros pour les boursiers, quelque soit l’université.


En fait, mon seul véritable souci de cette réforme reste dans la somme cumulée de ces améliorations. Je m’explique : le recteur avec les nouveaux pouvoirs qu’il possédera, pourra fixer en partie les frais de formation (les frais de scolarité restant à la charge du ministère) et ainsi appliquer par le porte-monnaie des filières d’excellence.
D’ailleurs ils ne se cachent pas cette ambition : http://www.lesechos.fr/info/analyses/4649858.htm écrit par les vice présidents de la Conférence des Présidents d’Université.
Il y a donc un réel risque de système éducatif à deux vitesses. Certaines surprendront par un dynamisme sans faille tandis que d’autres seront malheureusement à la traîne et devront se consacrer sur les premiers cycles.

Mais malheureusement, chaque année, les universités françaises forment des milliers de chômeurs diplômés et on risque « une déroute collective ».

On ne peut donc pas se permettre de se laisser distancer dans un monde où même l’éducation est soumise à la mondialisation et à la concurrence extérieur. Je me prononce ainsi pour cette réforme.

 
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