20.03.2008
Quand l'élégance devient de la lâcheté
Il y a de ça quelques jours, le premier tour des élections s’est déroulé. Après ce tour, certaines listes ont souhaité donner des consignes de vote. Et d’autres, non. La plupart du temps, ces listes, qui ne donnent pas de consigne, usent de la célèbre formule « je ne suis pas propriétaire des voix de mes électeurs ».
Voilà où je veux en venir.
J’admire l’élégance de cette remarque car aucun candidat ne doit se sentir investi par une mission divine, grâce aux votes de ses électeurs. Il faut en effet cesser de péter plus haut que son cul, dés l’instant que des électeurs ont voté pour vous. J’aime donc cette remarque qui m’apparaît souvent comme parfaitement sincère et qui possède une certaine classe, je dois l’admettre.
Toutefois, cette phrase, un peu passe-partout, dénote une certaine lâcheté. En évitant de prendre position, on évite ainsi de froisser nos électeurs par des positions peu catholiques. Finalement, cela revient à les considérer comme des fuyards infidèles qui ne respecteraient pas nos choix et éviteraient de voter pour nous la prochaine fois. Je dois dire que le MoDem, au cours de ces dernières élections a malheureusement, régulièrement utilisé cette méthode.
Je pense que cet esprit de défiance vis-à-vis du citoyen n’est pas une bonne idée. L’Histoire nous a montré que les personnes de caractères ont toujours su s’en sortir. Si nous ne sommes pas d’accord avec ces personnes-là sur tout leur programme, on pourra toujours voter pour eux car ce sont des personnes qui savent ce qu’ils veulent et sur qui on pourra compter en cas de pépins.
Il ne sert à rien d’essayer de garder et de réconforter son électorat par des prises de position inexistantes. Je pense que l’électeur apprécie les prises de position, même les plus controversées, quand elles sont savamment argumentées. Cessons de prendre l’électeur pour un imbécile.
François Bayrou avec son désormais célèbre « Je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy » a tout à fait suivi ce principe. Dommage qu’il n’en ait pas été de même pour toutes les listes modem.
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19.03.2008
Les yeux plus gros que le centre ?
Une fois n'est pas coutume, un article très intéressant dans le libé de samedi dernier :
"Au secours, le centre arrive : la façon dont est traité le Modem ces jours-ci est suspecte. On lui reproche de nouer des alliances à la fois à droite et à gauche, mais ça a au moins le mérite de la clarté, puisque François Bayrou a toujours expliqué que c’était justement ça qu’il voulait faire. Surtout, on comprend mal le moment choisi pour fomenter cette critique. A Dijon, le Modem s’est allié avant le premier tour avec le socialiste François Rebsamen ; à Bordeaux, avec l’UMP Alain Juppé (lesquels ont tous deux gagné dès dimanche dernier). Dans ces conditions, si ces accords multiples gênaient le PS ou la droite ou les journalistes, il n’était pas nécessaire d’attendre cette semaine pour les remarquer. Vérité en deçà du premier tour, mensonge au-delà ? En outre, de la part des socialistes, qui se sont étripés entre partisans du oui et du non pour le référendum sur la Constitution européenne avant de décider de s’abstenir sur le traité simplifié, ce mépris des positions multiples a de quoi surprendre. Et c’est difficile pour l’UMP de prétendre qu’il s’agit d’élections locales pour exiger ensuite une espèce d’accord national avec le Modem. François Bayrou n’est pas tant partisan du ni droite ni gauche que du gauche et droite (il devrait pouvoir s’entendre avec Ségolène Royal et le PS). La balle est au centre, engage qui veut.
On parle parfois de bons candidats du premier tour, qui réunissent leur camp, et de bons candidats du second tour, qui rassemblent au-delà. François Bayrou et le Modem sont d’excellents candidats de l’entre-deux-tours. L’entre-deux est d’ailleurs leur marque. Ils sont le jambon dans le sandwich, c’est la bonne place. Il n’y en a pas beaucoup mais c’est ce qui donne le goût. On les critique pour être à géométrie variable, mais, un centre indépendant, il faudrait que les géomètres fixes nous expliquent. Bientôt, on reprochera à François Bayrou d’organiser une tournante à travers la France, un coup à droite, un coup à gauche. Quand le centre était à droite, personne ne s’offusquait ; maintenant qu’il prétend être au centre, indignation générale - car le Modem est vraiment l’ennemi, dans chaque camp, à voir comment les médias l’ont traité cette semaine. On dirait qu’il est devenu l’extrême centre et qu’il faut le combattre au nom de la lutte contre tous les extrémismes. C’est extraordinaire ces gens qui n’ont pas la reconnaissance du centre et font la fine bouche. De Charles Millon aux communistes de Georges Marchais, les grands partis démocratiques français ont connu des alliances plus problématiques que celles avec le Modem. Même si François Bayrou n’est pas en odeur de sainteté, il dégage moins de relents que certains amis, naguère.
En vérité, on voit bien que François Bayrou veut être élu président de la République en 2012, et on estime qu’il a les yeux plus gros que le centre. Pour le coup, on comprend que les électeurs se sentent floués : à quoi ça sert d’être à gauche ou à droite si ça se joue au centre, si c’est une poignée de farfelus indécis qui décident ? Le centre ne croît guère mais il se multiplie. Il n’existe qu’en cessant d’être ce qu’il est, en virant à droite ou à gauche. On trouve en lui quelque chose de suisse, une neutralité ou un engagement à géométrie variable, même si les coffres du Modem sont sûrement moins bien garnis que ceux des banques helvètes, d’autant qu’il tâche à merveille de faire office de Croix-Rouge électorale."
Matthieu Lindon
Belle Analyse. J'en ferais une, si j'ai le temps d'ici à ce week-end.
07:50 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : centre, modem, municipales, elections, resultats, blog politique, barthalon
15.03.2008
Et les cantonales alors ? Elles existent !
Tout d’abord, parlons des cantonales. Même si elles sont déjà emballées et encadrées ump, je souhaite quand même vous expliquer ce que je vais voter.
Tout d’abord, je n’apprécie par l’ump en ce moment. L’arrogance qu’ils font preuve à tout point de vue, le fait qu’ils dénigrent facilement leurs adversaires et le comico-drame permanent que nous soumet l’Elysée entraînait déjà une certaine malvoyance à l’égard d’Alain Schmitz.
J’ai donc discuté en détail avec Jean-Christophe Aglaé et regardé attentivement les programmes. Celui d’Alain Schmitz était la continuité de ce qu’il a déjà entrepris et si rien ne me déplaisait vraiment, rien ne m’emballait particulièrement non plus.
Le tract d’Aglaé ne m’emballe pas non plus, d’ailleurs. On y retrouve pêle-mêle un fourre-tout des idées de la gauche, dont certaines sont intéressantes malgré le manque flagrant de mise en valeur de ces idées. Mais c’est surtout la fleur socialiste, qui brille par son absence qui me marque.
Et le personnage que j’apprécie. Provenant d’une nouvelle gauche réaliste, ne souhaitant absolument pas le dialogue avec son extrême mais lorgnant plutôt vers le MoDem, je le trouve doté d’une analyse politique très intéressante et d’une abnégation sans faille. Lundi matin, juste après le score monstrueux d’Alain Schmitz (47,16 %), on le voyait lui et son équipe, tracter.
J’aime ce dévouement et ce n’est donc pas contre l’UMP que je voterai mais bien pour une nouvelle gauche plus jeune. Demain, pour les cantonales, mon bulletin sera socialiste.
19:30 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections, versailles, cantonales, alain schmitz, jean-christophe aglaé, modem, blog politique
13.03.2008
Le véritable résultat du MoDem
Communiqué aux jeunes démocrates :
Le ministère de l'intérieur a chiffré à 3,69% le résultat moyen du MoDem dans les villes de plus de 3500 habitants or ce chiffre ne tient absolument pas compte de la réalité des listes MoDem.
Les 3,69% du ministère de l'interieur sont en effet obtenus à partir des résultats de l'ensemble des communes de plus de 3500 habitants y compris une majorité de communes d'où le MoDem était absent.
Ainsi si l'on calcule le score moyen du MoDem, dans les 350 listes autonomes que nous avons défendu dans les villes de plus de 10 000 habitants, une toute autre réalité apparaît : notre résultat moyen est de 15,90%, deux fois plus qu'aux législatives et presque autant que le score de
François Bayrou aux présidentielles!
De quel « échec » parle donc les journaux?
Le Mouvement Démocrate vient de prouver avec ce premier tour des municipales qu'il est capable de s'imposer partout où il dispose des aides de l'État (les dépenses électorales des villes de 9000 habitants et plus sont en effet remboursées) et de volontés pour monter des listes autonomes. Il pèse alors près de 16%.
Nous avons obtenu dès le premier tour plus de 500 élus, et grâce aux villes où nous sommes présents au second tour nous en aurons dimanche prochain probablement plusieurs milliers. Et cela sans compter les milliers d'élus sans étiquette de petites communes qui se sentent proches du Mouvement Démocrate.
Pour télécharger le fichier des résultats du Mouvement Démocrate aux municipales cliquez ici
Florilèges des meilleures résultats :
Guy Messager, à Louvres, réalise un score de 69,25% face au parti socialiste; Michel Laugier, à Montigny-le-bretonneux ville de plus de 35 000 habitants, fait plus de 60% également face au parti socialiste; à Arras la mairie est aussi gagnée dès le premier tour par le Modem grâce à Jean-Marie Vanlerenberghe (51,24%).
A Noisy-le-sec (37 000 habitants), Nicole Rivoire réalise plus de 40% de voix, mais on peut
également citer Versailles (88 000 habitants), François de Mazieres et ses 39%, Lorient avec Fabrice Loher et ses 31%.
Et bien sur François Bayrou qui, à Pau, récolte 32,61% des suffrages!
Gardez confiance en l'avenir du Mouvement Démocrate, le combat pour « La France de toutes nos forces » n'est pas mort, il ressuscite. Et il continuera à grandir lors des prochaines élections grâce à vous tous, les militants, et particulièrement les jeunes militants. Nous sommes la deuxième richesse de notre Mouvement, après nos idées bien sur!
Margaux Gandelon (m.gandelon@jeunes-democrates
et Delphine Girard (d.girard@jeunes-democrates.org)
www.jeunes-democrates.org
01 53 59 20 76
15:30 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : actualités, resultats, modem, mouvement, democrate, versailles, municipales
12.03.2008
Le point sur les cantonales de Versailles-Nord
Je ne l’ai jamais caché, je suis militant MoDem et je me suis particulièrement investi dans la campagne des cantonales. Avec 47,17 % des voix, Alain Schmitz sera le prochain élu, il est donc temps d’analyser ce résultat.
Cette élection a été une élection de seconde zone : les partis politiques étaient bien plus impliqués dans les municipales, et les citoyens ne connaissent pas vraiment le rôle du Conseil Général.
Tout d’abord, cette élection marque le retour en force d’Alain Schmitz qui a augmenté de plus de 10 points son score précédent. Je n’ai pas trouvé qu’il ait vraiment fait campagne. Son blog était cependant prêt très tôt et il a suffit qu’il fasse quelques marchés pour qu’il se rappelle au bon souvenir des électeurs. Toutefois, il me semble que le logo UMP a été déterminant dans le choix des votants.
Au PS, Jean-Christophe Aglaé a, quant à lui, tracté bien plus. Et son score est très encourageant. Faisant parti de la nouvelle génération PS, il est bien plus réaliste que la manne centrale socialiste et préfère regarder vers le centre que vers l’extrême gauche.
Je ne sais pas encore si je lui apporterai mon vote, vu les quelques divergences d’idées que nous avons. Si je vote pour lui, ce sera pour sa jeunesse et pour un nouveau PS. Il faut encore que j’y réfléchisse et regarde attentivement les programmes des deux candidats.
C’est là, la joie d’être au centre, c’est qu’à chaque second tour, nous avons encore le luxe de faire un choix. Et ce choix est en permanence soumis à la réflexion. Cela a donné Royal aux présidentielles, Pinte aux législatives et de Mazières aux municipales. Et donc peut-être Aglaé aux cantonales.
Ensuite, troisième place pour l’URV malgré la présence du FN. C’est là qu’est ma grande déception : de voir le MoDem derrière le pion de Lesquen.
Voilà le gros sujet : le MoDem. C’est une vrai catastrophe que de voir ce parti nouveau, censé être différent que les deux poids lourds, soumis aux mêmes rivalités, au même souci d’ego. Avec une seule liste, nous aurions sûrement pu se maintenir au second tour.
Je considère cette double présence du MoDem, une traîtrise non seulement pour l’image du MoDem, mais aussi pour l’électeur. En tant qu’assesseur, j’ai surveillé le dépouillement et j’ai vu des enveloppes avec un bulletin modem de chaque liste. Quand on a bossé dans ces listes, quand on est censé se mettre au service du citoyen, nous avons un devoir de respect, de confiance vis-à-vis de l’électeur. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir trahi la confiance que les électeurs mettaient dans le mouvement démocrate.
Et nous en sommes au modem sûrement tous plus ou moins responsables. Nous allons absolument devoir se rassembler sous la même étiquette. Il était impossible de dialoguer avant les élections. Maintenant qu’elles sont passées, prenons la direction de l’avenir où tous les adhérents modem seront de nouveau rassemblés pour un objectif commun. Intellectuellement, comment peut-on être les représentants d’un parti qui se veut pour le dialogue en refusant tout dialogue a l’intérieur même de ce parti ?
Il n’en va pas seulement de l’image du modem, mais cette élection a été aussi un formidable gâchis de compétences et de temps. Ce n’est qu’avec un modem versaillais fort et rassemblé à l’intérieur que nous serons en mesure de faire à l’avenir des campagnes efficaces et gagnantes.
08:30 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cantonales, versailles, modem, blog politique, barthalon
22.02.2008
La campagne pour les cantonales versaillaises commence enfin !
Décevant et dispersé. Le MoDem aura été décevant et dispersé dans les municipales versaillaises (avec une liste dissident Modem Versailles Libre équipe qui s'est crée democratiquement sans aucune concertation avec le MoDem...)

Mais pour les cantonales, le MoDem va essayer d'être uni, bien que ca va être dur, le MVL a également investi deux candidats.
En attendant l'exclusion du MoDem de ces dissidents, parlons des cantonales dont voici le clip de campagne !
18:35 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, versailles, municipales, cantonales, blog politique, barthalon
18.11.2007
La politique pour un nul.
Mais qu’est-ce donc que la jeunesse en politique ? Depuis bientôt deux années, je suis majeur. Mais quel droit cela me donne ? Aucun. Je donne mon opinion, mais elle n’est pas écoutée. J’ai plus de portée en écrivant sur un blog anonyme qu’en parlant en réunions publiques. Car en politique, la jeunesse est un vilain défaut.
Depuis que je suis entré dans le domaine, je suis allé, à plusieurs reprises, dans les réunions de quartiers du MoDem. En ce moment, "on" travaille sur les municipales, sur les questions à se poser pour que les conditions de vie, déjà excellentes à Versailles, s’améliorent encore. "On" fournit aussi des propositions que défendront notre candidat.
Dans ces réunions, la moyenne d’âge s’établit autour de 35, 40 ans. Souvent cadre moyen dans une grosse boîte mais où ils n’ont pas les postes essentiels, j’ai l’impression que ces gens, que l’on qualifierait aisément de classe moyenne, qui n’arrivent pas à s’émanciper dans leur job, s’occupent d’extirper lors de ces réunions politiques, de ces séances de psychanalyse, les problèmes qui les concernent, et connaissent mieux que quiconque les problèmes de leurs voisins.
A de très rares exceptions, toutes les personnes présentes donnent le meilleur d'eux-mêmes dans le but inavoué, mais d'autant plus présent, d'être reconnu comme utile par les autres membres. Tous veulent être reconnu comme meilleur que leurs voisins, plus intelligent qu'eux. En politique, la fierté n'est pas un mot abstrait. Elle se ressent dans toute la pièce, on la caresse quand on entend parler quelqu'un et on la goûte dés que l'on prend la parole. Quel délicieux met que de s'écouter parler ! En politique, c'est la nouriture première.
Est-ce cela la fameuse démocratie participative ? Celle où la voix du simple citoyen se transforme en projet politique ? Où est-ce, tout simplement, des groupes de psychologie genre alcooliques anonymes, pour adultes aigries souhaitant interférer sur le mode de vie de leurs voisins ? Sans doute un curieux mélange des deux.
Moi, en tant que jeune adhérent, qu’ai-je réellement fait pour le parti, si ce n’est coller des affiches et tracter aux marchés ? Rien. Je prends de temps en temps la parole aux réunions. Poliment, on m’écoute. On répond même à mes interrogations les plus profondes. Mais c’est tout. Les quelques propositions que je fais ne sont pas étudiées, les quelques doutes que j’émet, pas entendus.
La jeunesse. L’inexpérience. La naïveté.
Je ne compte pas rendre ma carte du MoDem. Le discours que tient François Bayrou me parait toujours en accord avec mes opinions. Par compte, rien n’est moins sur que je continue à aller aux réunions politiques, où j’ai certes appris des choses, mais surtout compris que j’étais jeune et con.
10:10 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : modem, jeunesse, blog politique, barthalon
12.06.2007
La situation du MoDem
Je souhaite aussi revenir sur la situation du MoDem.
François Bayrou a réussi un très beau score lors des présidentielles. Sa stratégie ni droite, ni gauche et de faire travailler ensemble des gens de différentes personnalités politiques, a su faire entendre sa voix. Il faut néanmoins préciser que la droitisation de son concurrent et le manque de personnalité de sa concurrente l'ont bien aidé dans l'obtention d'un tel score. Mais toujours est-il qu'il y a maintenant une conscience politique de l'ouverture. La politique que mène notre président, n'est que la juste récompense pour ces quelques 7 millions d'électeurs qui, le 22 avril, ont glissé le nom de François Bayrou dans l'urne.
Eliminé au premier tour, le président de l'UDF décide de jouer l'arbitre et finalement prend ouvertement position contre Nicolas Sarkozy. Une position somme toute, relativement peu surprenante, le candidat n'ayant tout au long de sa campagne, cessé de tirer à boulets rouges sur le candidat de droite.
Cependant, il n'aurait pas du prendre si ouvertement cette position et laisser clairement ses électeurs choisir en leur âme et conscience. Car ce "Je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy" lui a fait perdre, en premier lieu, ses députés, puis et surtout, des électeurs, pour en fin de compte, ne lui en faire gagner quasiment aucun. Cela lui a cependant permis de s'affranchir de cette étiquette d'"homme de droite" que la gauche lui a collé toute la campagne, et d'apparaitre comme un véritable centriste.
Que cela soit bien clair, pour moi la position de François Bayrou est excellente : il bénéficie d'un potentiel de sympathie tout à fait correct à droite par son ancienne UDF, reste le leader incontournable du centre et a une assise qui grandit chaque jour vis à vis d'électeurs de gauche déçus. Il a tout à fait compris l'inutilité du premier débat Royal - Bayrou qui n'a, au final que semé le trouble dans son électorat et a donc refusé de "rappeler" Ségolène Royal pour les législatives.
L'indépendance du MoDem va pourtant se payer au prix fort. Tout d'abord le fait de ne pas avoir de groupe parlementaire va accentuer sa marginalisation et va très nettement encourager ses détracteurs à le dire seul comme jamais. Quand on parlera de la position du MoDem vis à vis des lois, les journalistes ne diront plus "le MoDem a dit que" mais "François Bayrou a dit que", ce qui est relativement différent. Ensuite, pécuniairement parlant, cela va être difficile. Si chaque électeur du premier tour rapporte 1,63 €/ an, chaque député rapporte 44 000 € / an à son parti. Des 29 députés que l'UDF possédait en 2002, il n'en restera qu'une poignée (au maximum 4) au MoDem en 2007.
On souhaitait museler le MoDem et on a parfaitement réussi. François Bayrou sera seul, seul avec ses idées et ses militants qui lui affichent un soutien sans faille. C'est peut-être ainsi que la démocratie française doit se renouveller avec une communication parfaite entre les politiques et les citoyens. Avec un débat constant au sein d'un parti libre et une parfaite coordination et transmission des idées.
Chateaubriand nous livre : "Tout arrive par les idées : elles produisent les faits, qui ne leur servent que d’enveloppe.", Camus nous enchante "Mourir pour l'idée, c'est la seule façon d'être à la hauteur de l'idée."
Souhaitons pour nous, pour nos contemporains, pour la France, que cette idée ressuscite. Après une traversée du désert, qu'y aurait-il de plus normal ?
Matthieu Barthalon
12:55 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, blog politique, barthalon
17.05.2007
Le MoDem
Le 24 mai 2007 au Zenith à Paris a lieu un grand rassemblement sous l'égide du nouveau parti politique français : le mouvement démocrate.
J'ai récupéré un article interressant sur Agoravox.
Près de 60.000 inscriptions en une semaine, sans campagne d’adhésion, uniquement par le bouche-à-oreille et la fréquentation d’un site internet, tel est le bilan étonnant d’une petite annonce, affichée sur le site de François Bayrou, invitant ses lecteurs à rejoindre le futur Mouvement démocrate. Ce phénomène est tout à fait surprenant et novateur, quand on le compare avec l’émergence des autres partis politiques actuels.
Le dernier grand parti politique français à avoir émergé est bien sûr l’UMP. Fondé en 2002 par la volonté de Jacques Chirac et d’Alain Juppé, celui-ci avait pour ambition de devenir le seul grand parti de la droite, afin de transformer le système politique français sur le modèle bipolaire américain. L’objectif était aussi de donner à Jacques Chirac, alors en difficulté dans la course à l’élection présidentielle, un outil efficace contre le Parti socialiste. D’abord appelé « Union pour la majorité présidentielle » pendant la campagne électorale, ce mouvement devenait l’ « Union pour un mouvement populaire » après la réélection de Jacques Chirac, celui-ci voyant dans le plébiscite du second tour l’occasion d’éliminer définitivement le parti concurrent qu’était l’UDF.
Comme lors de la création du RPR en 1976, l’UMP était donc né d’abord par la volonté d’un chef et de son état-major, en fonction de considérations stratégiques. De façon similaire, la naissance de l’UDF en 1978 procédait des mêmes préoccupations, assurer au président de la République d’alors, Valéry Giscard d’Estaing, un outil politique permettant l’accès ou le maintien au pouvoir. Dans les deux cas, la base, c’est-à-dire les militants ou les électeurs eux-mêmes, n’eurent pas voix au chapitre, même s’ils approuvèrent facilement la décision de leur chef.
Avant l’UMP, il faut remonter à 1984 pour constater l’apparition d’un autre parti d’une certaine importance, celui des Verts. Ce parti était alors né de la fusion de deux composantes aux préoccupations environnementales, afin de bâtir un mouvement permettant de défendre une écologie politique.
Depuis cette époque, et malgré différentes tentatives d’émancipations de divers responsables politiques, aucun nouveau mouvement d’envergure ne vit le jour.
Des caractéristiques tout à fait inattendues :
La première surprise, c’est bien sûr le nombre : ce chiffre de 50.000 adhésions au Mouvement démocrate dépasse de loin le nombre d’adhérents de l’UDF à la fin 2006 !
La deuxième surprise, c’est l’origine de ces adhérents : à près de 90%, ceux-ci n’appartiennent pas à l’ancienne UDF. Il ne s’agit donc pas de la simple transformation d’un parti en un autre, comme lors du passage du RPR à l’UMP, mais bien de premières adhésions de citoyens à un parti politique.
Les membres de l’UDF deviendront sans doute automatiquement membre du MoDem à l’automne, et il est probable que seule une très faible minorité refuse ce transfert (tout comme un faible nombre d’adhérents UDF avait suivi les élus transfuges vers l’UMP en 2002). Autant dire que ce nouveau parti devrait compter rapidement 100.000 adhérents. Pour la première fois sous la Ve République, un mouvement central dans le paysage politique est un mouvement populaire !
Il est surprenant que les médias n’aient d’ailleurs jusqu’ici pas commenté ce fait remarquable. A de nombreux niveaux, cet enthousiasme s’apparente en effet à la montée en popularité de François Bayrou durant les mois de janvier-février lors de la campagne électorale. Alors qu’il était pourtant évident qu’un phénomène populaire inattendu se déroulait, la plupart des journalistes attendirent la fin février et le passage de Bayrou au dessus de 16-17% d’intentions de votes pour réagir.
Le troisième élément marquant, c’est la sociologie de ces adhérents. Parce que cette adhésion quasi spontanée ne se fait que sur internet, par la visite des sites de François Bayrou et de son parti, ces adhérents sont des internautes. Il faut rapprocher cela à la forte sympathie de la blogosphère envers Bayrou et ses idées, reprises au sein du MoDem. Or, ce sont ces mêmes internautes qui ont en quelque sorte lancé François Bayrou à l’automne 2006 ; relativement peu nombreux en chiffres absolus, ils n’en n’ont pas moins une grande importance par l’existence de leurs réseaux d’influence étendus, notamment au sein de l’électorat privilégié de François Bayrou que sont les classes moyennes-supérieures et les professions intellectuelles.
Quelles sont les raisons possibles de ce succès ?
D’abord, bien sûr, la personnalité de François Bayrou. Celui-ci a réalisé une campagne exceptionnelle par rapport à ses moyens, a su s’imposer comme présidentiable à part entière, et a réussi à imposer dans l’opinion la légitimité de ses idées et de son mouvement politique. Dans un certain sens, cette vague d’adhésion est similaire, bien qu’à plus petite échelle pour le moment, à celle qu’avaient entraîné Nicolas Sarkozy à l’UMP et Ségolène Royal au PS.
Se trouve-t-on pour autant face à un nouveau parti dédié à son chef, comme cela a classiquement été le cas pour les partis gaullistes ? Non. Car, ces adhésions sont, au moins autant, destinées à soutenir une idée, simple, qu’a défendue tout au long de cette campagne François Bayrou, et qui correspond à une évolution profonde du corps électoral : le dépassement du clivage droite-gauche et le rassemblement des compétences.
Ce mouvement de fond est d’ailleurs tel qu’aussi bien Nicolas Sarkozy, dans sa tentative actuelle de formation d’un gouvernement élargi (à la Bayrou ?), que François Hollande, dans sa proposition de créer un nouveau parti de gauche s’étendant jusqu’au centre, se sont emparés de ce thème. On peut néanmoins se demander quelle sera leur crédibilité dans ce domaine par rapport à François Bayrou, étant donné leurs prises de position antérieures.
Quelles peuvent être les effets de ce phénomène inattendu ?
Tout d’abord, comme au début de sa campagne, cela permettra de fournir à Bayrou et à ses candidats un relais d’opinion essentiel pour leur campagne, dans un contexte médiatique très défavorable.
Le succès de ce nouveau parti signifie peut-être aussi la mort des Verts. Les ralliements de nombreux écologistes pourraient hâter cette fin. Ce parti vivait depuis de nombreuses années dans une étrange schizophrénie : ses électeurs étaient en majorité de gauche modérée, tandis que ses représentants prônaient une politique de gauche antilibérale. Le très faible score de Mme Voynet et l’orientation environnementale du MoDem condamne à plus ou moins brève échéance les Verts, dont la partie de gauche dure pourrait se fondre dans un mouvement altermondialiste plus large.
D’autre part, renforcée par le très vif sentiment de sympathie à l’égard du MoDem généré par la trahison de la plupart des députés UDF sortants, cette vague d’adhésion pourrait bien être suffisante pour permettre à François Bayrou de sauver son groupe parlementaire. Il est en effet possible que, par réaction, ce mouvement d’adhésion militant se concrétise aussi dans l’électorat, qui voudra permettre à Bayrou de conserver une voix dans le paysage politique français, malgré un système électoral défavorable. Il faudra néanmoins sans doute attendre deux semaines pour en savoir plus.
Enfin, ce succès oblige les autres partis politiques à réagir, ce qui a pour effet une profonde rénovation du paysage politique français.
A gauche, le Parti socialiste est agité par les soubresauts de l’après-élection. Mais que ce soit Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn ou François Hollande, et bien sûr nombre d’élus locaux, la plupart des responsables PS tentent de prendre en compte l’apparition de ce nouveau mouvement, soit en proposant de transformer le PS en parti social-démocrate, soit en ouvrant la possibilité d’alliances avec le MoDem, soit même en tenant de faire une OPA sur MoDem naissant en élargissant le PS vers le centre. Face à ces tentatives, les tenants d’une ligne « de gauche » du PS se trouvent isolés, et pourraient tenter de se renforcer avec les altermondialistes antilibéraux.
De la même façon, les Verts sont traversés par les mêmes divisions, entre partisans de nouvelles alliances et ceux de l’ancrage à gauche.
A droite, la menace est aussi prise au sérieux. La réponse est double : proposer un gouvernement d’ouverture d’un côté, et tenter de vider le MoDem de ses élus en faisant pression sur ses cadres et en favorisant l’émergence d’un autre parti centriste, de l’autre. Pour autant, on n’observe pas de changement idéologique chez les vainqueurs, qui semblent plutôt tentés de confirmer leur positionnement à droite après leur large victoire, et donc de vider de leur substance les anciens partis nationalistes.
Au centre enfin, ce mouvement populaire vient confirmer le tournant amorcé par François Bayrou depuis deux ans, et le décrochage définitif du parti nouveau parti centriste (central ?) de l’ancienne droite. Le départ des derniers députés élus sous « l’ancien régime », que rejoindront sans doute un certain nombre d’élus locaux menacés par les représailles de l’UMP, va laisser place à une nouvelle génération de responsables au positionnement recentré. Renforcé par des bataillons de militants motivés, le MoDem devrait connaître quelques années difficiles avant de pouvoir bénéficier à plein de son emplacement central lors des élections régionales et européennes de 2010. La liberté accordée à ses élus locaux pour conclure des alliances ad hoc en fonction des situations devrait néanmoins lui permettre de se développer lors des municipales où les discussions sont souvent plus pragmatiques.
C’est donc bien à un profond bouleversement de notre système politique auquel nous assistons avec l’émergence du MoDem. Celui-ci en avait certainement besoin, tant était profonde la fracture entre les citoyens et leurs élus. Souhaitons que ce regain d’intérêt pour la démocratie s’accompagne des réformes institutionnelles nécessaires à la plus grande participation des citoyens à la vie publique.
Je pense que le MoDem a de très bonne chances de faire un bon score aux législatives et que le nouveau gouvernement proposé par François Fillon (chouette, un premier ministre qui souhaitait un pouvoir présidentiel fort et supprimer la fonction du premier ministre...) ne répond pas aux attentes de changements qu'esperait la population française.
Vous en pensez quoi ?
20:10 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : blog politique, barthalon, modem









