06.06.2007
Coupure de journal
Par mon école, j'ai pas mal de journaux gratuitement, notamment Les Echos. Je ne sais si ce quotidien est de droite ou de gauche, le libéralisme ne devant plus être, selon moi, l'apanache de la droite. Voici une chronique intéressante de Favilla.
Le monde va bien et mal
Sur le plan économique, le monde n'a sans doute jamais été en aussi bonne santé. Malgré la mondialisation, les « vieux » pays développés, lorsqu'ils ont le courage de s'adapter, tirent bien leur épingle du jeu. Grâce à la mondialisation, trois pays-continents, la Chine, l'Inde et le Brésil, représentant à eux seuls près de la moitié de la population mondiale, connaissent depuis deux décennies une croissance annuelle de 5 à 10 %. Certes, cette croissance ne profite pas également à tous et les inégalités ont tendance, elles aussi, à croître. Mais, chez ces nouveaux invités à la table du développement, les inégalités se creusent davantage par explosion des revenus du haut de l'échelle que par implosion de ceux du bas. La preuve en est que, selon les statistiques des agences internationales, environ 60 millions de personnes sont passées l'an dernier au-dessus du seuil de pauvreté.
Un tel résultat pourrait donner à espérer que le climat politique mondial s'apaise. Ce serait une traduction concrète de la théorie de Montesquieu sur les vertus du « doux commerce ». Or, à l'évidence, le logiciel de traduction est défaillant. Inutile d'insister sur le chaos irakien et ses répercussions loco-régionales, sur le problème du nucléaire iranien ou sur l'impasse israélo-palestinienne. Tous ces sujets sont, hélas, bien connus. Mais il faut noter aussi que le balancier repart du mauvais côté en Afghanistan, menacé d'être à nouveau plongé dans la nuit talibane, et surtout au Pakistan et en Indonésie, les deux pays musulmans les plus peuplés, dont l'un est doté de l'arme nucléaire, où des forces fanatiquement hostiles à la modernité cherchent à abattre des gouvernements compatibles avec l'Occident. Enfin, après une euphorie passagère due à la chute du communisme, l'Empire russe et ses marches occidentales émettent des signaux inquiétants. L'Ukraine semble tellement tiraillée entre l'Est et l'Ouest que certains évoquent le spectre de la guerre civile. La Russie, elle-même traumatisée par son effondrement idéologique, moral et démographique, réagit, comme l'Allemagne après le traité de Versailles, par une pathologie nationale qui, après s'être d'abord exercée sur les malheureux Tchétchènes, se tourne aujourd'hui, sous prétexte d'espions empoisonnés, vers l'Angleterre, avant peut-être de s'étendre demain à toute l'Europe.
Comment comprendre la coexistence au niveau mondial d'une euphorie économique et d'une dépression politique ? On remarquera que ce n'est pas la première fois. Toutes proportions gardées, la guerre de 1914 s'est déclarée après une longue phase de croissance économique en Europe. Cela signifie sans doute que les ressorts identitaires, que les conflits de valeurs peuvent à certains moments de l'Histoire être beaucoup plus puissants que le simple commerce. Il convient donc de leur porter grande attention en se gardant bien de croire que des intérêts économiques convergents produisent nécessairement des valeurs communes.
Très intéressant sujet de réflexion, quand on sent renaitre les tensions entre la Russie et le reste du monde ou quand on entend les menaces de guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Revenons d'abord sur les ressorts identitaires : sujet au coeur de la campagne présidentielle française et qui a eu un certain succès si j'en crois la création d'un ministère qui lui est dédié.
Les "ressorts identitaires", ces valeurs si souvent décriées, peuvent-elles réellement être exacerbées par la mondialisation et ses laissés-pour-compte ? Je crois me rappeler qu'en 1939, l'Allemagne était le premier partenaire commercial de la France. On ne peut nier qu'un mouvement identitaire existe en France et devient chaque jour plus puissant. Je dis mouvement identitaire pour ne pas dire nationalisme. Non. Cela ne se ferait pas, ce serait un gros mot. Je suis français de souche, j'aime mon pays, mais je suis véritablement scandalisé quand j'entends parler ici et là de la de ce qu'est être français aujourd'hui. Nous sommes tous français, nous sommes tous européens, nous sommes tous terriens. Quelques soient nos signes distinctifs (pour ne pas dire couleur de peaux, ça nous plus, cela ne se fait pas), nos croyances et nos origines. Certes les mentalités évoluent, mais on ne peut prédire les comportements de contemporains dont j'ai de plus en plus de mal à cerner les véritables intentions.
De nombreux auteurs de fictions clament que nous vivons notre meilleure période à l'heure actuelle. Personnellement, je considère que l'économie serait à même de régler tous les conflits et de mettre à plat les tensions : le plan Marshall vis à vis de l'Europe et son équivalent japonais, en sont les plus vifs représentants. Peut-elle en créer de nouvelles ? C'est, je dois dire, une question qui me tarraude, depuis quelques temps. La Chine m'inquiète tout particulièrement.
Rendez-vous compte ! Un pays non démocratique, responsable du massacre de millions de personnes et dont on vient d'apprendre qu'avec 1.200 milliards de dollars américains de trésorerie, elle serait prête à commencer à racheter des entreprises privées. A l'image, en réalité, de ce que réalisent les fonds de pensions américains, mais avec des moyens bien plus importants. Que penser de cela si ce n'est que demain peut-être, les entreprises privées françaises deviendront des entreprises publiques, mais chinoises. Il serait temps de règlementer un minimum l'espace économique chinois, car aucune entreprise ne pourra résister aux offres de la quatrième puissance mondiale.
Matthieu Barthalon
09:10 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : international, blog politique, barthalon









