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22.11.2007

Une banale journée de grève

Tiit, tiit, tiit. 6h. Le réveil sonne. Vite la douche.

Les vêtements. Chauds. Il pleut dehors, il fait froid. Je presse le pas pour arriver à la gare, le train est à 7h08. Faut pas le louper, le prochain sera une demi-heure après.



St-Lazarre. 7h42. Je me glisse hors du train dans une foule compacte. Compacte et silencieuse. Malgré la présence de tant de personnes, il n’y a que peu de bruits, les conversations sont absentes, le bruit familier des trains, inexistant. Seuls résonnent les rires bruyants d’un groupe de personnes. Ce sont des cheminots. Ils semblent extérieurs à toute agitation. Certains ont un gobelet fumant à la main, d’autres contemplent la foule, l’air sombre.

Quelques voyageurs leurs lancent des regards. Ni de haine, ni de soutien. Juste de la curiosité. Comme pour un évènement étonnant.

Je devine les questions qu’ils se posent car je me les pose moi-même. Font-ils grève ? Ou au contraire, travaillent-ils ? Ayant d’autres préoccupations plus immédiates, la foule avance. On lit sur les visages la lassitude, l’indolence. On suit le mouvement sans se diriger réellement.

La grève tranquille, la grève languissante, la grève lassante.



Je sort de la gare et me dirige vers le passage du Havre. La pluie s’est arrêtée. J’entends les crieurs de 20 minutes et Matin Plus qui se battent pour mieux nous fournir leurs infos. Aucun n’aura ma préférence ce matin.

Sur le parvis, un camion de France-inter. Un journaliste, assis à l’intérieur, lis le canard enchaîné, étranger à l’agitation silencieuse de la gare. La camionnette de Canal Plus, bardée de paraboles est quand à elle, complètement vide.


Je descend prendre mon métro, ligne 3, direction Gallieni. Le quai. Bondé.

Je regarde le panneau d’indication d’attente. 8 minutes. Seulement. Je prends patience.

La rame arrive. La pression sur le quai augmente. Les portes s’ouvrent. Les personnes qui en sortent font face à un mur humain. Je me glisse dans la rame. J’entends la sonnerie. Ouf, c’est fait j’y suis.



Je descendrai quelques stations plus tard, heureux d’être enfin arrivé en cours. Et le soir, ce sera pareil pour le retour. Comme des millions de mes concitoyens, j’aurais survécu à une banale journée de grève.

16.10.2007

Grève Générale

 Et voilà, Jeudi, je ne pourrais aller en cours et je ne pourrais pas non plus aller travailler.

 

 Car chez moi, le rer sera fermé et les trains passeront à raison d'un par demi-heure en heure de pointe. Et combien d'argent va couter cette grève à la France ? Entre les employés en retard, les rendez-vous reportés, les prises massives de RTT... la facture risque au final d'être élevée. Mais parlons de la grève.

Les régimes spéciaux sont une honte de la France. Je suis étudiant et je travaille à mi-temps dans un fast-food. Préparer des burgers et les vendre à des clients, pas toujours sympathiques, est mon lot quotidien. En plus d'une pression permanente exercée que ce soit par les manageurs que par les clients, nous travaillons toujours debouts et sommes payés au SMIC sous des températures supérieurs à 40 degrés. Je ne me plains pas. J'ai besoin d'argent pour mes études, je travaille et je suis payé. Cela me suffit.

 Aujourd'hui, les chauffeurs SNCF sont assis dans des cabines climatisées et appuient sur un bouton pour faire fonctionner le train. J'ai beau déployer des efforts considérables, je n'arrive pas à voir la pénibilité dans ce domaine.

 Ce matin, en prenant mon train, j'ai eu un tract CGT ( http://www.cfdtcheminotscentre.org/files/Tracts_Usagers_g... ) qui m'a notamment appris le fait que la grève concerne également le fret. Je dois dire que je l'ignorais. Et aucun des journaux que je lis quotidiennement me l'avaient appris : 20 minutes, Le Monde, La Tribune... Bel exemple de désinformation... Bref après vérification sur les sites de la SNCF et de la CGT, la revendication du fret existe bien et est tout à fait justifiée, connaissant la situation critique du fret. Dommage que les journaux n'en parlent pas. Même si je considère que c'est quand même un prétexte supplémentaire pour entrer en grève.

Autre chose peu connue, les syndicalistes ont la possibilité de faire la grève sans la faire. Ils déclareront jeudi, une journée syndicale leur permettant d'être payé, tout en pouvant aller manifester. Du site même de la CGT on trouve : "Chaque salarié a le droit de s'absenter 12 jours par an en formation syndicale. Toutefois le total des jours d'absence annuel dans une entreprise est limité (par exemple : 36 jours pour 50 salariés et 60 jours pour 100 salariés). La CGT revendique l'augmentation de ces droits." Je crois que tout est dit.

 

 Le fait est que jeudi, des millions de personnes auront des difficultés immenses pour aller bosser. Un comble au pays du travailler plus...

 
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