26.03.2008
L'Europe peut-elle avoir une influence sur la Chine ?
Les évènements récents en Chine nous font tous bondir. On ne compte plus les appels au boycott des Jeux Olympiques et pour un véritable respect des droits de l’Homme en Chine. Et l’ambassadeur de Belgique a demandé des explications à son homologue chinois. Et on s’interroge sur les raisons de ces moines dissidents.
Je dois dire que je suis partagé sur la question Le boycott des JO de Moscou par les américains (en 1980, pour protester contre l’invasion de l’Afghanistan) n’a eu aucun effet. Tout comme ceux de Los Angeles (en 1984) par la totalité des pays du pacte de Varsovie. Par contre, le poing levé des sprinteurs noirs américains lors des jeux de Mexico en 1968, a eu un effet considérable. Cette idée est beaucoup plus intéressante et mérite d’être étudiée par les athlètes.
Le boycott des JO n’aura sûrement pas lieu. Pour plusieurs raisons. Notamment économiques et géopolitiques. Mais supposons qu’il ait lieu. Combien d’athlètes, de pays le suivraient ? Quelques pays isolés peuvent-ils changer le sort des moines tibétains ? Plus que jamais, nous avons besoin d’une Union Européenne forte et unie.
On ne peut pas couper les relations diplomatiques avec les Chinois. Dans un article précédent, je discutais de la situation en Birmanie et expliquaient la relative inutilité des pressions diplomatiques. Force est de constater que le contexte a peu changé. Jamais les relations avec la Chine cesseront, pour les mêmes raisons que j’énonçais en novembre.
Il serait temps que l’Europe s’invente une conscience politique. La France seule ne peut rien, mais unis, que pouvons nous faire ? Imaginons un instant que les frontières de l’UE se ferment aux produits chinois. Le premier marché mondial, 500 millions de consommateurs aisés n’achetant plus de produits chinois ou fabriqué en Chine. Et si les Etats-Unis faisaient de même ? Aujourd’hui, la seule arme que possèdent les pays industrialisés, est économique. Rendez-vous compte, si demain, la Chine ne pouvaient vendre ses produits. Agirait-elle sur sa politique intérieure ? Je le pense car elle ne pourrait se permettre de vivre cette vraie rupture.
L’Europe et les européens doivent avoir le goût du sens civique et se doivent de réussir une action politique commune. Le slogan « Ensemble, tout devient possible » s’appliquerait enfin. Et c’est Nicolas qui serait content.
10:55 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, politique internationale, Europe, blog politique, barthalon
29.11.2007
Quand la France, berceau des droits de l'Homme renit une démocratie...
J'ai entendu hier partout la nouvelle du jour : plus de 20 milliards de contrat obtenus par Nicolas Sarkozy en Chine. On ne peut que se féliciter de cette nouvelle. Enfin, de l’argent va rentrer dans la balance commerciale, largement déficitaire, de la France vis-à-vis de la Chine. J’y reviendrai sûrement dans un prochain article.
Car selon moi, il y a eu quelque chose de bien plus grave déclaré lors de ce voyage en Chine. Ce quelque chose c’est ça : « il n’y a qu’une seule Chine ».
Enoncé par Nicolas Sarkozy lors de conférence de presse commune avec le président de la Chine et répété par David Martinon, cette phrase m’a profondément énervé. Car même si cette position n'est pas nouvelle, elle n'en demeure pas moins scandaleuse.
Depuis 1971, l’ONU a comme principe celui d’une seule Chine, la République Populaire de Chine (RPC). Cette Chine a tous les torts qu’on lui reconnaît : dictature politique, liberté d’expression inexistante et autres joyeusetés que nous réservent les régimes communismes. Mais il existe une autre Chine : Taiwan, Formose, que l’on nomme parfois République Démocratique de Chine (RDC).
Bref rappel historique.
En 1945, l’île, qui était devenu propriété du Japon depuis 1895 et la guerre sino-japonaise, devient indépendante. En 1947, les nationalistes chinois prennent le pouvoir dans le sang avec plus de 20 000 personnes tuées.
Pourtant, Taîwan réussit à conserver son indépendance et son fauteuil à l’ONU grâce à l’aide américaine.
En 1971, le président Reagan se rend en Chine et retire son soutien à la RDC. Cela entraînera la fin de la représentation politique de la RDC à l’ONU, ainsi que la mise en place du principe d’une seule Chine.
La RPC considère en effet, Taïwan comme une province rebelle et souhaite son isolement politique et économique.
Taïwan se comporte cependant comme un état indépendant et possède, depuis 1996 d’un parlement démocratique et d’un président élu au suffrage universel direct. C’est d’ailleurs dans cet esprit que les Etats-Unis ont toujours apporté une aide financière à Taïwan, seul entrave capitaliste dans une mer communiste.
Pour en revenir au sujet, au même titre que le Tibet, Taïwan doit être reconnu comme un pays à part entière.
Il est temps pour nos politiques d’enfin se mouiller, quitte à froisser la quatrième puissance économique mondiale. On dit souvent que la France est le pays des droits de l’Homme et est dirigée par des principes.
Il serait temps de les mettre en pratique et de soutenir les démocraties modernes face aux dictatures de l’ancien temps.
19:31 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Taïwan, chine, sarkozy, blog politique, barthalon









