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20.03.2008

Quand l'élégance devient de la lâcheté

eb3791d5bf99ab6542d295ef660465ae.jpgIl y a de ça quelques jours, le premier tour des élections s’est déroulé. Après ce tour, certaines listes ont souhaité donner des consignes de vote. Et d’autres, non. La plupart du temps, ces listes, qui ne donnent pas de consigne, usent de la célèbre formule « je ne suis pas propriétaire des voix de mes électeurs ».


Voilà où je veux en venir.

J’admire l’élégance de cette remarque car aucun candidat ne doit se sentir investi par une mission divine, grâce aux votes de ses électeurs. Il faut en effet cesser de péter plus haut que son cul, dés l’instant que des électeurs ont voté pour vous. J’aime donc cette remarque qui m’apparaît souvent comme parfaitement sincère et qui possède une certaine classe, je dois l’admettre.

Toutefois, cette phrase, un peu passe-partout, dénote une certaine lâcheté. En évitant de prendre position, on évite ainsi de froisser nos électeurs par des positions peu catholiques. Finalement, cela revient à les considérer comme des fuyards infidèles qui ne respecteraient pas nos choix et éviteraient de voter pour nous la prochaine fois. Je dois dire que le MoDem, au cours de ces dernières élections a malheureusement, régulièrement utilisé cette méthode.
 
Je pense que cet esprit de défiance vis-à-vis du citoyen n’est pas une bonne idée. L’Histoire nous a montré que les personnes de caractères ont toujours su s’en sortir. Si nous ne sommes pas d’accord avec ces personnes-là sur tout leur programme, on pourra toujours voter pour eux car ce sont des personnes qui savent ce qu’ils veulent et sur qui on pourra compter en cas de pépins.
Il ne sert à rien d’essayer de garder et de réconforter son électorat par des prises de position inexistantes. Je pense que l’électeur apprécie les prises de position, même les plus controversées, quand elles sont savamment argumentées. Cessons de prendre l’électeur pour un imbécile.

 


François Bayrou avec son désormais célèbre « Je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy » a tout à fait suivi ce principe. Dommage qu’il n’en ait pas été de même pour toutes les listes modem.

12.06.2007

La situation du MoDem


Je souhaite aussi revenir sur la situation du MoDem.

François Bayrou a réussi un très beau score lors des présidentielles. Sa stratégie ni droite, ni gauche et de faire travailler ensemble des gens de différentes personnalités politiques, a su faire entendre sa voix. Il faut néanmoins préciser que la droitisation de son concurrent et le manque de personnalité de sa concurrente l'ont bien aidé dans l'obtention d'un tel score. Mais toujours est-il qu'il y a maintenant une conscience politique de l'ouverture. La politique que mène notre président, n'est que la juste récompense pour ces quelques 7 millions d'électeurs qui, le 22 avril, ont glissé le nom de François Bayrou dans l'urne.


Eliminé au premier tour, le président de l'UDF décide de jouer l'arbitre et finalement prend ouvertement position contre Nicolas Sarkozy. Une position somme toute, relativement peu surprenante, le candidat n'ayant tout au long de sa campagne, cessé de tirer à boulets rouges sur le candidat de droite.

Cependant, il n'aurait pas du prendre si ouvertement cette position et laisser clairement ses électeurs choisir en leur âme et conscience. Car ce "Je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy" lui a fait perdre, en premier lieu, ses députés, puis et surtout, des électeurs, pour en fin de compte, ne lui en faire gagner quasiment aucun. Cela lui a cependant permis de s'affranchir de cette étiquette d'"homme de droite" que la gauche lui a collé toute la campagne, et d'apparaitre comme un véritable centriste.

 

Que cela soit bien clair, pour moi la position de François Bayrou est excellente : il bénéficie d'un potentiel de sympathie tout à fait correct à droite par son ancienne UDF, reste le leader incontournable du centre et a une assise qui grandit chaque jour vis à vis d'électeurs de gauche déçus. Il a tout à fait compris l'inutilité du premier débat Royal - Bayrou qui n'a, au final que semé le trouble dans son électorat et a donc refusé de "rappeler" Ségolène Royal pour les législatives.

L'indépendance du MoDem va pourtant se payer au prix fort. Tout d'abord le fait de ne pas avoir de groupe parlementaire va accentuer sa marginalisation et va très nettement encourager ses détracteurs à le dire seul comme jamais. Quand on parlera de la position du MoDem vis à vis des lois, les journalistes ne diront plus "le MoDem a dit que" mais "François Bayrou a dit que", ce qui est relativement différent. Ensuite, pécuniairement parlant, cela va être difficile. Si chaque électeur du premier tour rapporte 1,63 €/ an, chaque député rapporte 44 000 € / an à son parti. Des 29 députés que l'UDF possédait en 2002, il n'en restera qu'une poignée (au maximum 4) au MoDem en 2007.


On souhaitait museler le MoDem et on a parfaitement réussi. François Bayrou sera seul, seul avec ses idées et ses militants qui lui affichent un soutien sans faille. C'est peut-être ainsi que la démocratie française doit se renouveller avec une communication parfaite entre les politiques et les citoyens. Avec un débat constant au sein d'un parti libre et une parfaite coordination et transmission des idées.

Chateaubriand nous livre : "Tout arrive par les idées : elles produisent les faits, qui ne leur servent que d’enveloppe.", Camus nous enchante "Mourir pour l'idée, c'est la seule façon d'être à la hauteur de l'idée."

Souhaitons pour nous, pour nos contemporains, pour la France, que cette idée ressuscite. Après une traversée du désert, qu'y aurait-il de plus normal ?


Matthieu Barthalon

04.06.2007

Droit de suite...

Un ami, très sarkozyste, me repproche le racollage massif que je fais auprès d'amis que nous avons en commun. Voilà ma réponse :

 Je ne pense avoir réellement discrédité Sarko en déclarant que voter UMP aux législatives, c'était lui donner 1,63 €, je remarquais juste quelque chose. Il est quasi-certain qu'on va avoir une vague bleue à l'Assemblée, c'est d'ailleurs une bonne chose car une cohabitation ne serait pas souhaitable dans l'intérêt de notre pays, une cohabitation gauche-droite, j'entends.


D'ailleurs la politique d'ouverture de "Nike" Sarkozy ne me dérange pas vraiment, Kouchner aurait vraisemblablement était à cette place sous la présidence de Bayrou, tout comme Hervé Morin (enfin lui, il m'a beaucoup déçu). Politique d'ouverture prôné à l'origine par Bayrou. Naturellement que je ne porterais pas de proçès d'intention : j'apprécie le fait que notre président se bouge pour l'Europe mais je suis affligé d'entendre que le futur président de TF1 sera l'ancien responsable audiovisuel de l'UMP et je reste très mitigé sur les directives de Brice Hortefeux, le ministre de l'immigration (tu remarques d'ailleurs, que quand on parle de lui, on oublie systématiquement le mot identité nationale, j'en suis le premier heureux, car ces deux mots ne vont pas ensemble, selon moi).
C'est ça le centre : le devoir de soutenir mais le droit de s'opposer.

Je ne pense sincèrement pas que le coup des 1,66 € (j'ai vérifié, je m'étais trompé) soit ridicule. Par contre, présenter sa famille (Catherine Broussot-Morin, Philippe Morin, Lisa Morin, Julien Morin, Micheline Morin) et encore son chauffeur, sa secrétaire et son attachée de presse sous l'égide du PSLE uniquement pour obtenir cet argent, je trouve cela ridicule. Car une des conditions est de présenter au moins 50 candidats !

De plus, en France, par le système de financement des partis politiques, les législatives sont le seul moyen d'avoir de l'argent ! Permet moi au moins que j'essaie d'orienter quelques poignées d'euros pour faire vivre mes idées !  Il y aura peu d'élus modem, mais il faut espérer que nous aurons un confortable trésor de guerre !

 Tout ce que je sais c'est que pour rembourser, ne serait-ce que les intérêts de la dette française, il y part plus de 1 200 €uros de mes impôts. Et c'est notre fraichement nommé ministre du budget Eric Woerth qui déclare que l'"on peut s'autoriser une pause dans la baisse des déficits".

Enfin, n'oublie pas de voter dans la circonscription (1ère des Yvelines), si Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un confortable 35 % (47% à Versailles) à l'échelle de la circonscription, au premier tour, Bayrou est monté jusqu'à 25 % (22% à Versailles) !  Promis, je vais me battre ! :-D

 

Matthieu Barthalon 

06.04.2007

Programme de Bayrou

Et on finit la première grande partie du dossier du magazine étudiant avec le programme de François Bayrou. J'ai choisi de ne pas faire la critique de ce candidat, vu que c'est mon favori. Un de mes collaborateurs s'en est chargé ! Bonne lecture, et surtout, voter bien !

 

    François Bayrou est né le 25 mai 1951 à Bordères. Fils d'agriculteur et bègue, François Bayrou a réussi à être agrégé de lettres classique. Il entre en politique en 1982 en tant que conseiller général puis député UDF des Pyrénées-Atlantique. De 1993 à 1997, il occupera le poste de ministre de l'éducation nationale où il sera remarqué pour sa méthode prudente et concertée en matière de réformes (critiquée par exemple par Claude Allègre, approuvée par Jack Lang). Depuis 1998, il est président de l'UDF avec lequel il obtiendra 6,84% des voix en 2002. Depuis fin 2004, il s'est démarqué de l'UMP, rejoignant parfois certaines revendications du PS (contre la loi sur l'assurance maladie de 2003, contre DADVSI, contre le CPE, a voté la censure en 2006 et contre les budgets 2006 et 2007).


    En 2007, il est le candidat UDF à l'élection présidentielle. Voici son programme :

    - Priorité à l'éducation : Vaincre l'échec scolaire en garantissant que tout élève qui entre en 6ème, scahe lire, écrire et compter. Créer des parcours scolaires spécialisés pour les élèves les plus en difficulté. Pour l'université : porter l'investissement par étudiant au niveau de celui des pays performants de l’OCDE en augmentant le niveau des bourses pour permettre à tous les étudiants de travailler dans de bonnes conditions et en augmentant le nombre de personnes auxiliaires à l'enseignement (tuteurs, moniteurs, bibliothécaires...).
    - Encourager la recherche par un pacte national et transpartisan en faveur d’une augmentation régulière et sur le long terme du budget de la recherche, de l’ordre de 5 % par an sur dix ans. Enfin, encourager l’installation en France des chercheurs les plus performants en exemptant d'impôt les revenus des brevets déposés par des chercheurs français, ou résidents en France.
    - Un deuxième chance pour tout le monde : Proposer pour les bénéficiaires de minima sociaux, une activité au profit de la collectivité, rémunérée en complément de leur allocation. Développer les TIG pour les jeunes délinquants afin de leur faire reprendre pied dans la vie.
    - Remettre la démocratie au coeur de la République avec la moitié des députés choisis à la proportionelle afin que tous les français soient représentés, et l'autre moitié choisie comme actuellement afin que le pays reste dirigeable.    - Défendre la respect réciproque : un mariage réservé pour les hétérosexuels mais les homosexuels auront une union civile, conclue à la mairie comportant les mêmes avantages que le mariage. L'adoption simple doit être ouverte à chacunes des personnes homosexuelles vivant en couple, avec l'accord d'un assistant social.    - Aider au maximum les PME qui représentent plus de la moitié de l'emploi français en créant un "small business act" à la française : totalité des marchés publiques de moins de 50 000€ et 20 % du volume total des grands marchés pour les PME. Enfin, simplification des contraintes administratives et possibilité d'une protection active de la trésorerie.
    - Une mesure d'urgence pour l'emploi : permettre à toutes les entreprises (et donc à fortiori, les PME) de créer deux emplois sans charges sociales (10% retenu pour la retraite) quels que soient l'âge ou la qualification du salarié.
    - Refonder le projet européen, car la France a besoin de l'Europe, en remettant dans le débat un texte de constitution simple, lisible et court qui sera soumis à référendum.
    - Etablir une fiscalité écologique en faveur des énergies renouvelables, renforcer les normes écologiques dans les bâtiments, les transports, l'énergie. Continuer grâce au nucléaire, à être un des pays européen qui émet le moins de CO2. Enfin soutien total au pacte écologique de Nicolas Hulot, notamment pour l'instauration d'une taxe carbone.    - Combattre les 1 800 milliards d'€uros de dette publique dont les intérêts coûtent aux français, 2 000 €uros par an par ménage, en arrêtant les promesses intenables et en inscrivant dans la constitution l'interdiction de présenter un budget de l'état en déficit.


Coût du programme par la cellule de chiffrage indépendante : 11,2 milliards d'€uros.

Analyse : François Bayrou, se présentant en candidat anti-système, a enfin un programme, peu prétentieux, et ne modifiant pas en profondeur la structure de l'état français. Les mesures qu'il propose sont générales et abordent les problèmes dans la globalité, pas dans le détail.

Source : bayrou.fr

 
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