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24.05.2009

Nicolas Sarkozy : histoire d'une défaite

Tout d’abord veuillez m’excuser de ce long moment d’absence, mais étant étudiant, j’ai de longues périodes de cours. Celles-ci sont maintenant terminées me laissant le champ libre pour la campagne européenne.

Franchement, je trouve cela choquant que des jeunes lorsque l’on parle des élections européennes pensent à dévier vers l’élection d’Obama. Arrêtez de croire que l’on subit l’histoire, créez vous-même votre propre histoire. Être en permanence soucieux de l’image que l’on donne et de l’image qu’on laissera n’est pas franchement signe d’une grande confiance en soir. D’ailleurs, faut croire que notre Président à nous, en est encore à ce stade de son adolescence.
On met en avant son parler-franc. Tout comme un gosse de 17 ans apprend à dire non à ses parents, Nicolas apprends à dire non aux Français. Quel bel homme ! J’apprécie surtout lorsque son franc-parler s’exprime sous un magnifique « casse-toi pauvre con ». Ah oui, c’est vrai, j’oubliai, maintenant, plus personne se ment, tout le monde se dit la vérité. Et le monde des bisounours est le plus bel endroit du monde. On doit dire aux gens que ce sont des pauvres cons. Par contre, quand l’un de ces pauvres cons déclarent devant des policiers, « Sarkozy, je te vois », il écope une amende. Sérieux, il n’y pas un problème dans l’énoncé, là ?

On peut mettre au crédit de Sarkozy d’avoir fait accepter par la France, le traité européen,  texte que les français par référendum avaient refusé. Vous pouvez relire cette phrase encore une fois et vous rappeler que nous sommes dans une démocratie. C’est chouette comme tout ! On peut toutefois, lui reprocher le fait d’avoir ruiné le couple franco-allemand avec son union de la méditerranée. Le couple franco-allemand, la base de l’Europe de Robert Schuman et de Konrad Adenauer...

D’ailleurs, elle en est où cette union méditerranéenne ? Car de la fumée et des beaux discours, les médias se sont lâchés, mais derrière, où est-elle cette grande union ? On me souffle à l’oreillette que c’était du vent. Nicolas Sarkozy, grand comme trois pommes perdrait-il son énergie dans des projets aussi solides que des châteaux de cartes ? Pas possible, il a son franc-parler bien à lui.

Et son non-action caractéristique ? De toute façon, ensemble tout devient possible… D’ailleurs, le trac de l’UMP, enfin disponible ici, est à cette image : 1 photo, seulement de Sarkozy et 20 phrases chocs. Et oui, le programme de l’UMP pour l’Europe se réduit à 20 phrases.

Le moment de voter approche : renseignez-vous et voter pour un parti européen, pas pour le parti sarkozien.

29.11.2007

Quand la France, berceau des droits de l'Homme renit une démocratie...

J'ai entendu hier partout la nouvelle du jour : plus de 20 milliards de contrat obtenus par Nicolas Sarkozy en Chine. On ne peut que se féliciter de cette nouvelle. Enfin, de l’argent va rentrer dans la balance commerciale, largement déficitaire, de la France vis-à-vis de la Chine. J’y reviendrai sûrement dans un prochain article.


Car selon moi, il y a eu quelque chose de bien plus grave déclaré lors de ce voyage en Chine. Ce quelque chose c’est ça : « il n’y a qu’une seule Chine ».


Enoncé par Nicolas Sarkozy lors de conférence de presse commune avec le président de la Chine et répété par David Martinon, cette phrase m’a profondément énervé. Car même si cette position n'est pas nouvelle, elle n'en demeure pas moins scandaleuse.



Depuis 1971, l’ONU a comme principe celui d’une seule Chine, la République Populaire de Chine (RPC). Cette Chine a tous les torts qu’on lui reconnaît : dictature politique, liberté d’expression inexistante et autres joyeusetés que nous réservent les régimes communismes. Mais il existe une autre Chine : Taiwan, Formose, que l’on nomme parfois République Démocratique  de Chine (RDC).


Bref rappel historique.

En 1945, l’île, qui était devenu propriété du Japon depuis 1895 et la guerre sino-japonaise, devient indépendante. En 1947, les nationalistes chinois prennent le pouvoir dans le sang avec plus de 20 000 personnes tuées.


Pourtant, Taîwan réussit à conserver son indépendance et son fauteuil à l’ONU grâce à l’aide américaine.
En 1971, le président Reagan se rend en Chine et retire son soutien à la RDC. Cela entraînera la fin de la représentation politique de la RDC à l’ONU, ainsi que la mise en place du principe d’une seule Chine.

La RPC considère en effet, Taïwan comme une province rebelle et souhaite son isolement politique et économique.

Taïwan se comporte cependant comme un état indépendant et possède, depuis 1996 d’un parlement démocratique et d’un président élu au suffrage universel direct. C’est d’ailleurs dans cet esprit que les Etats-Unis ont toujours apporté une aide financière à Taïwan, seul entrave capitaliste dans une mer communiste.


Pour en revenir au sujet, au même titre que le Tibet, Taïwan doit être reconnu comme un pays à part entière.
Il est temps pour nos politiques d’enfin se mouiller, quitte à froisser la quatrième puissance économique mondiale. On dit souvent que la France est le pays des droits de l’Homme et est dirigée par des principes.


Il serait temps de les mettre en pratique et de soutenir les démocraties modernes face aux dictatures de l’ancien temps.

19.11.2007

Nicolas Sarkozy trouve qu'"Il y a trop de musulmans..."


Attention bombe dans les prochains blogs à suivre depuis quelques jours. Nicolas Sarkozy aurait eu des propos très litigieux sur les musulmans. Comme je n’aime pas faire de plagiat, je vous envoie sur le blog du journaliste à l’origine de cette fuite « off the record ».

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/11/sa...

J’entends déjà les défenseurs de notre président : « c’est un journaliste de Libération, c’est donc un homme stupide ne souhaitant que colporter des informations diffamatoires sur notre beau (et immaculé, cela va sans sire) président. » Je tiens à préciser que le blog de Jean Quatremer, a été le premier blog à recevoir le prix Louise Weiss du journalisme européen le 9 mai 2006. Gageons donc qu’il ne s’agit pas d’un provocateur alambiqué.

Passons maintenant aux propos qu’aurait tenus notre adorable (et très gentil) président.

Dans une volonté d’argumenter son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, il a dénoncé le « Trop grand nombre de musulmans présent en Europe » et de leurs difficultés d’intégration.

Je vous laisse digérer l’immondice contenue dans ce langage.

 

Et des chrétiens, il n’y en a pas trop ? Et vu qu’on en ait à stigmatiser les gens selon leurs religions, des juifs il n’y en a pas trop non plus ? Rappel des heures les plus sombres de l’Histoire.


J'en ai marre de ce président qui a des positions extrêmement tendancieuses sur des sujets délicats, j'en ai marre que la solution finale (!) aux grèves soit celle que Bayrou avait toujours suggéré (les négociations par entreprise sous l'intermédiaire de l'état) et par dessus tout j'en ai marre de voir notre président, et par là, l'image de la France, affiché à la une des magazines people du monde entier.



Il n’y a pas à dire, notre cher Nicolas avec son langage de la transparence absolue, continue de nous dévoiler son caractère bien trempé et ce qu’il ressent au fond de lui. Et on en est qu'à 6 mois de mandat...

18.11.2007

Birmanie ou Cécilia ?

Et voilà, la révolution est finie.


Les télés ont montré les images des jeunes birmans se faisant exécuter par le régime (attention, c’est sanglant, il y aura de l’audience) et malgré que la dictature birmane soit toujours en place, les unes de nos quotidiens préférés reviennent vers des sujets plus proches de nous : la liaison de Cécilia et de Nico, les détails de l’ADN de Fillon, les grèves de la SNCF.

Par ce dénouement que tout le monde connaissait avant de l’avoir écrit, je me pose une question : quels sont les moyens de pressions que nous possédons pour faire fléchir des gouvernements irrespectueux des droits de l’homme ?

 


Nous sommes en pleine mondialisation, mondialisation que je défends pour la liberté d’échanges. Malheureusement la crise birmane a mis à jour le côté dégueulasse de la mondialisation : avoir les produits les moins chers à tout prix, et même aux prix des libertés individuelles. On a beau faire pression avec la communauté internationale, cette dernière n’a comme seule arme à sa disposition, le blocage des aides à ce pays. Les paysans de ce pays pauvre apprécieront. En réalité, ces aides arriveront quand même par l’intermédiaire des très nombreuses ONG présentes sur place et sans qui aucun pays de cette région ne s’en sortirait.


Mais c’est vrai qu’un beau discours devant des dizaines de chefs d’états à l’ONU, ça le fait bien quand même. En se donnant un semblant de stature internationale, un président rehausse sa position à l’intérieur. Dominique de Villepin en est un bon exemple. Par un seul discours, il est devenu premier ministre et aurait même pu participer aux présidentielles si un certain Sarkozy ne l’avait pas… hum… comment dire ? Evincé ? Non, trop gentil. Foutu dans la merde ? Plus réaliste déjà. Car Clearstream n’est rien d’autre qu’un beau tas de fumier où personne n’y comprend plus rien. Surtout Nico : « Je ne suis que la victime d’une manipulation honteuse ».



Mais revenons à nos birmans. Je disais que la mondialisation a des côtés pourris. Tapons sur Total, ce n’est sûrement pas la plus exposé, mais les français aiment les boucs émissaires, si en plus c’est une multinationale française qui a réussi à l’étranger, c’est encore mieux. Les français n’aiment pas la réussite et n’aiment pas non plus les étrangers. Passons.



Les principales ressources de la Birmanie sont les taxes payées par les entreprises étrangères. Et ces dernières sont nombreuses en Birmanie, tout comme en Chine, d’ailleurs, pays au moins aussi respectueux des droits de l’Homme que Jospin de Ségolène. Et voilà, en réalité les moyens de pressions que nous simples con-sommateurs et simples con-citoyens avons. Cessons d’acheter les produits made in Birman (Mince, j’ai écrit en anglais, le français n’aime pas non plus l’anglais) ou made in China.



Mais non. Pourquoi acheter une grolle made in France (c’est affreux cette habitude) à 50 € alors qu’à côté la grolle made in poor countries à 20. Le portefeuille contrôle le monde. C’est de là que vient le grand souci de la mondialisation. La mondialisation pousse le consommateur à acheter moins cher et ce dernier s'empressera de le faire. Pourquoi le Français dont le pouvoir d’achat baisse jour après jour, achèterait plus cher ? Le Français s’en fout car il est égoiste. En plus, c’est bientôt Noël et il commence à faire froid.


Et dans la rue, les SDF commence à crever.

 

Et en Birmanie, le sang continue de couler.

07.09.2007

Un hyper-présent président

Et voilà, la campagne présidentielle est définitivement finie, les vacances aussi et le nouveau président est définitivement bien présent. Je dois avouer avoir passé de très bonnes vacances. Dans un coin de France sans internet (oui, c’est vrai cela a été dur !), sans journal et sans radio. Et malgré ça, j’ai réussi quand même à suivre les tribulations d’un président aux Etats-Unis.

C’est justement à ce sujet que j’ai envie de consacrer cette note de reprise de la politique française : l’omniprésence du président. Je dois cependant avouer que ma jeunesse n’est pas sans défaut : le seul quinquennat de comparaison que j’aurai, sera celui de notre président Mr Chirac.

Je me souviens n’avoir entendu ce dernier que lors de ces déclarations officielles, laissant ces différents premiers ministres agir et devenir par là même extrêmement impopulaires. Je pense qu’ils agissaient selon les directives du président, mais sans jamais ne lui laisser le rôle de premier plan. Chirac agissait principalement au niveau international : l’Afrique, l’Europe, le Moyen-Orient, la Chine… Cela me paraissait être dans l’esprit de la constitution de la Vème République qu’avait crée Charles de Gaulle.

Mais aujourd’hui, la présence de Nicolas Sarkozy est partout. Sur tous les terrains, sur tous les fronts. Soutenant Rachida Dati en mauvaise posture, évinçant François Fillon à l’enterrement de Mgr Lustiger, paraphrasant Balladur, son ancien mentor, vis-à-vis des institutions, se mêlant aux français dans la suivie du tour de France, ce n’est plus un président que nous avons mais bien un présentateur télé qui nous montre les actualités importantes.

Un présentateur télé. Et comme ces derniers, il va sélectionner les infos sur lesquelles il aura une meilleure audience, une meilleure popularité. Et les accumuler, faire en sorte d’être plus rapide que l’info, car maintenant c’est le président de la République qui fait réellement l’info. Il suffit de le suivre pour être au courant de l’actualité de la France. Et même du monde. Et le suivre, ce n’est pas une mince affaire. Comme le montre merveilleusement bien la carte des déplacements du président mise en place par 20minutes (ici), on a bien un président hyper actif. C’est ainsi donc la rupture avec le gouvernement précédent qui s’est englué dans le CPE et dans clearstream et avait l’image de l’immobilité.
Tout ce qui nous reste à espérer, c’est que tous ces mouvements ne sont pas que de la poussière, pour ne pas dire de la poudre aux yeux, et que sous la fumée on trouvera une réelle route vers une France dynamique.

09.04.2007

Nicolas Sarkozy tel qu'il est (et pas par NSTV)...

En ce moment, on parle beaucoup des propos déplacés de l'ex-ministre de l'intérieur vis à vis de la pédophilie.

Je suis allé sur le blog du philosophe (http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/) avec qui il a discuté. Voici les impressions de son interlocuteur :

 

Le cerveau d'un homme de droite.

Le cerveau d’un homme de droite.

Portrait de Nicolas Sarkozy, acte 1.


De Boston (U.S.A.) mardi 3 avril, 16h00 heure locale.

La revue Philosophie magazine m’a demandé si, sur le principe, j’acceptais de rencontrer l’un des candidats à la présidentielles pour le questionner sur son programme culturel, son rapport aux choses de l’esprit ou sa relation à la philosophie. Dans la foulée de mon consentement, la rédaction m’a rappelé en me demandant si j’avais une objection contre Nicolas Sarkozy. Pas plus avec lui qu’avec un autre, j’aurais même consenti à Jean-Marie Le Pen tant l’approche de l’un de ces animaux politiques m’intéressait comme on visite un zoo ou un musée des horreurs dans une faculté de médecine. Ce fut donc Nicolas Sarkozy.
Il me paraît assez probable que son temps passé – donc perdu…- avec Doc Gynéco ou Johnny Hallyday le dispensait de connaître un peu mon travail, même de loin. Je comptais sur la fiche des renseignements généraux et les notes de collaborateurs. De fait, les porte plumes avaient fait au plus rapide : en l’occurrence la copie de mon blog consacrée à son auguste personne. Pour mémoire, son titre était : Les habits de grand- mère Sarkozy – j’y montrais combien le candidat officiel drapait ses poils de loup dans une capeline républicaine bien inédite …
Je me trouvais donc dans l’antichambre du bureau de la fameuse grand mère Sarkozy, place Beauvau, en compagnie de deux compères de la rédaction de la revue et d’un photographe qui n’en revenaient pas de se retrouver dans cette géographie de tous les coups fourrés de la République. Epicentre de la stratégie et de la tactique politique policière, espace du cynisme en acte, officine du machiavélisme en or d’Etat, et portraits des figures disciplinaires de l’histoire de France représentées en médaillons d’austères sinistres.
Arrivée du Ministre de l’intérieur avec un quart d’heure d’avance, il est 17h00 ce mardi 20 février. Début houleux. Agressivité de sa part. Il tourne dans la cage, regarde, jauge, juge, apprécie la situation. Grand fauve blessé, il a lu mes pages de blog et me toise – bien qu’assis dans un fauteuil près de la cheminée. Il a les jambes croisées, l’une d’entre elles est animée d’un incessant mouvement de nervosité, le pied n’arrête pas de bouger. Il tient un cigare fin et long, étrange module assez féminin. Chemise ouverte, pas de cravate, bijoux en or, bracelet d’adolescent au poignet, cadeau de son fils probablement. Plus il en rajoute dans la nervosité, plus j’exhibe mon calme.
Premier coup de patte, toutes griffes dehors, puis deuxième, troisième, il n’arrête plus, se lâche, agresse, tape, cogne, parle tout seul, débit impossible à contenir ou à canaliser. Une, deux, dix, vingt phrases autistes. Le directeur de cabinet et le porte-plume regardent et écoutent, impassibles. On les imagine capables d’assister à un interrogatoire musclé arborant le même masque, celui des gens de pouvoir qui observent comment on meurt en direct et ne bronchent pas. Le spectacle des combats de gladiateurs.
Je sens l’air glacial que transportent avec eux ceux qui, d’un geste du pouce, tuent ou épargnent. Poursuite du monologue. Logorrhée interminable. Vacheries lancées comme le jet de fiel d’une bile malade ou comme un venin pulsé par le projet du meurtre. Hâbleur, provocateur, sûr de lui en excitant l’adversaire à se battre, il affirme en substance  : « Alors, on vient voir le grand démagogue alors qu’on n’est rien du tout et, en plus, on vient se jeter dans la gueule du loup… » !
Je fais une phrase. Elle est pulvérisée, détruite, cassée, interdite, morcelée : encore du cynisme sans élégance, toujours des phrases dont on sent qu’il les souhaiterait plus dangereuses, plus mortelles sans parvenir à trouver le coup fatal. La haine ne trouve pas d’autre chemin que dans cette série d’aveux de blessure. J’avance une autre phrase. Même traitement, flots de verbes, flux de mots, jets d’acides. Une troisième. Idem. Je commence à trouver la crise un peu longue. De toute façon démesurée, disproportionnée.
Si l’on veut être Président de la République, si l’on s’y prépare depuis le berceau, si l’on souhaite présider les destinées d’un pays deux fois millénaires et jouer dans la cour des grands fauves de la planète, si l’on se prépare à disposer du feu nucléaire, si l’on s’expose depuis des années en s’invitant tous les jours dans les informations de toutes les presses, écrites, parlées, photographiées, numérisées, si l’on mène sa vie publique comme une vie privée, et vice versa, si l’on aspire à devenir le chef des armées, si l’on doit un jour garantir l’Etat, la Nation, la République, la Constitution, si, si, si, alors comment peut on réagir comme un animal blessé à mort, comme une bête souffrante, alors qu’on a juste à reprocher à son interlocuteur un blog confidentiel peu amène , certes, mais inoffensif ?
Car je n’ai contre moi, pour justifier ce traitement disproportionné , que d’avoir signalé dans une poignée de feuillets sur un blog , que le candidat aux présidentielles me semblait très récemment et fort fraîchement converti à De Gaulle, au gaullisme, à la Nation, à la République, que ses citations de Jaurès et Blum apparaissaient fort opportunément dans un trajet d’une trentaine d’années au cours desquelles ces grands noms étaient introuvables dans ses interventions , questions qui, au demeurant, rendaient possible un débat, et que c’était d’ailleurs pour ces raisons que nous étions là, Alexandre Lacroix, Nicolas Truong et moi….
Cette colère ne fut stoppée que par l’incidence d’une sonnerie de téléphone portable qui le fit s’éloigner dans la pièce d’à côté. Tout en se déplaçant, il répondait avec une voix douce, tendre, très affectueuse, avec des mots doux destinés très probablement à l’un de ses enfants. Le fauve déchaîné tout seul devenait un félin de salon ronronnant de manière domestique. En l‘absence du ministre, je m’ouvre à mes deux comparses en présence des deux siens et leur dit que je ne suis pas venu pour ce genre de happening hystérique et que j’envisage de quitter la place séance tenante…
J’étais venu en adversaire politique, certes, la chose me paraissait entendue, et d’ailleurs plutôt publique, mais ceci n’excluait pas un débat sur le fond que je souhaitais et que j’avais préparé en apportant quatre livres enveloppés dans du papier cadeau ! Quiconque a lu Marcel Mauss sait qu’un don contraint à un contre don et j’attendais quelque chose d’inédit dans ce potlatch de primitifs post-modernes …
Vaguement liquéfié, et sibyllin, le tandem de l’équipe de Philosophie magazine voyant leur scoop s’évaporer dans les vapeurs du bureau propose, dès le retour du Ministre, que nous passions à autre chose et que j’offre mes cadeaux… Je refuse en disant que les conditions ne sont pas réunies pour ce genre de geste et que, dans tous les sens du terme, il ne s’agit plus de se faire de cadeaux.
« Passons alors à des questions ? A un débat ? Essayons d’échanger ? » tentent Alexandre Lacroix et Nicolas Truong. Essais, ébauche. En tiers bien à la peine, ils reprennent leurs feuilles et lancent deux ou trois sujets. La vitesse de la violence du ministre est moindre, certes, mais le registre demeure : colère froide en lieu et place de la colère incandescente, mais colère tout de même.
Sur de Gaulle et le gaullisme récent, sur la Nation et la République en vedettes américaines – disons le comme ça…- de son discours d’investiture , sur la confiscation des grands noms de gauche, sur l’Atlantisme ancien du candidat et son incompatibilité avec la doctrine gaullienne, le débat ne prend pas plus . Il m’interpelle : « quelle est ma légitimité pour poser de pareilles questions ? Quels sont mes brevets de gaullisme à moi qui parle de la sorte ? Quelle arrogance me permet de croire que Guy Môcquet appartient plus à la gauche qu’à la France ? ». Donc à lui…
Pas d’échanges, mais une machine performante à récuser les questions pour éviter la franche confrontation. Cet homme prend toute opposition de doctrine pour une récusation de sa personne. Je pressens que, de fait, la clé du personnage pourrait bien être dans l’affirmation d’autant plus massive de sa subjectivité qu’elle est fragile, incertaine, à conquérir encore. La force affichée masque mal la faiblesse viscérale et vécue. Aux sommets de la République, autrement dit dans la cage des grands fauves politiques, on ne trouve semble-t-il qu’impuissants sur eux-mêmes et qui, pour cette même raison, aspirent à la puissance sur les autres. Je me sens soudain Sénèque assis dans le salon de Néron…
Habilement, les deux compères tâchent de reprendre le cours des choses, d’accéder un peu aux commandes de ce débat qui n’a pas eu lieu et qui, pour l’instant, leur échappe totalement. De fait, l’ensemble de cette première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d’un être perdu corps et âme dans une danse de mort autour d’une victime émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d’autre des deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand moment de transe chamanique dans le bureau d’un Ministre de l’intérieur aspirant aux fonctions suprêmes de la République ! Odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressemble à la terre battue jonchées d’immondices après une cérémonie vaudoue…
Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité, donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique disciplinaire : la sienne . Nicolas Sarkozy parle d’une visite faite à la prison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière nous. Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme, justement, autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait le geste d’un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du mal comme d’une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les viscères de l’être.
Je crois comprendre qu’il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.
A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour.
Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l’Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d’une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles. Où l’on voit comment la pensée de droite s’articule à merveille avec l’outillage métaphysique chrétien : la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité, les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la damnation, la rédemption, l’enfer, le paradis, la prison, la légion d’honneur, etc.
J’avance l’idée inverse : on ne choisit pas, d’ailleurs on a peu le choix, car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne naît pas ce que l’on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques, historiques, géographiques ? Rien n’y fait. Il affirme : «  J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ». « Génétiquement » :  une position intellectuelle tellement répandue outre-Atlantique  !
La génétique, l’inné, contre le social et l’acquis ! Les vieilles lignes de partage entre l’individu responsable de tout, la société de rien qui caractérise la droite, ou la société coupable de tout, l’individu de rien, qui constitue la scie musicale de la gauche … Laissons de côté la théorie. Je passe à l’exemple pour mieux tâcher de montrer que le tout génétique est une impasse autant que le tout social. Face à cet aveu de lieu commun intellectuel, je retrouve naturellement les techniques socratiques du lycée pour interpeller, inquiéter et arrêter l’esprit, capter l’attention de mon interlocuteur qui, de fait, semble réellement désireux d’avancer sur ce sujet.
J’argumente :   Lui dont chacun sait l’hétérosexualité – elle fut amplement montrée sur papier couché, sinon couchée sur papier montré…-, a-t-il eu le choix un jour entre son mode de sexualité et un autre ? Se souvient-il du moment où il a essayé l’homosexualité, la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie afin de décider ce qui lui convenait le mieux  et d’opter, finalement, et en connaissance de cause, pour l’hétérosexualité ? Non bien sûr. Car la forme prise par sa sexualité est affaire non pas de choix ou de génétique, mais de genèse existentielle. Si nous avions le choix, aucun pédophile ne choisirait de l’être…
L’argument le stoppe. Il me semble qu’à partir de ce moment, le candidat aux présidentielles, le ministre de l’intérieur, l’animal politique haut de gamme laisse le pas à l’homme, fragile, inquiet, ostensiblement hâbleur devant les intellectuels, écartant d’un geste qui peut être méprisant le propos qui en appelle aux choses de l’esprit, à la philosophie, mais finalement trop fragile pour s’accorder le luxe d’une introspection ou se mettre à la tâche socratique sans craindre de trouver dans cette boîte noire l’effroyable cadavre de son enfance.
Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi absurde que la phrase de Socrate «  Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l’Etat, puissent gouverner celui qui règne !
Lors de sa parution, j’avais lu Le pouvoir et la vie de Valéry Giscard d’Estaing qui racontait ses crises d’angoisse, ses inhibitions le paralysant dans son véhicule militaire de parade le 14 juillet sur les Champs Elysées, ses prétextes pour quitter le conseil des ministres afin de subir une injection de calmant, son désir de se faire psychanalyser (par Lacan !) pendant son septennat, etc. Je me souvenais de confidences faites par tel ami bien informé sur l’état psychique fort peu reluisant de Jacques Chirac après la dissolution et sur le type de traitement psy qu’il suivait à cette époque. Je me rappelais la fin d’un François Mitterrand , entre voyantes et reliques de sainte Thérèse, invocations des forces de l’ esprit , croyance en l’ au-delà et abandon aux médecines de perlimpinpin.
Et je voyais là, dans le regard devenu calme du fauve épuisé par sa violence, un vide d’homme perdu qui, hors politique, se défie des questions car il redoute les réponses, et qui, dès qu’il sort de son savoir faire politicien, craint les interrogations existentielles et philosophiques car il appréhende ce qu’elles pourraient lui découvrir de lui qui court tout le temps pour n’avoir pas à s’arrêter sur lui-même.
Les soixante minutes techniquement consenties s’étaient allongées d’une trentaine d’autres. Les deux rôles en costumes qui le flanquaient jouaient le sablier. Je trouvais l’heure venue pour offrir mes cadeaux. Au ministre de l’intérieur adepte des solutions disciplinaires : Surveiller et punir de Michel Foucault ; au catholique qui confesse que, de temps en temps, la messe en famille l’apaise : L’Antéchrist de Nietzsche ; pour le meurtre du père, le chef de la horde primitive : Totem et tabou de Freud ; pour le libéral qui écrit que l’antilibéralisme c’est  « l’autre nom du communisme » ( il dit n’avoir pas dit ça, je sors mes notes et précise le livre, la page…) : Qu’est-ce que la propriété ? de Proudhon. Comme un enfant un soir de Noël, il déchire avidement. Il ajoute : «  j’aime bien les cadeaux ». Puis : «  Mais je vais donc être obligé de vous en faire alors ? »… Comme prévu.
Dans l’entrebâillement de la porte de son bureau, la tension est tombée. Qui prend l’initiative de dire que la rencontre se termine mieux qu’elle n’a commencé ? Je ne sais plus. Il commente : «  Normal, on est deux bêtes chacun dans notre genre, non ? Il faut que ça se renifle des bêtes comme ça… ». Je suis sidéré du registre : l’animalité, l’olfaction, l’odorat. Le degré zéro de l’humanité donc. Je le plains plus encore. Je conçois que Socrate le plongerait dans des abîmes dont il ne reviendrait pas… Du moins : dont l’homme politique ne reviendrait pas. Ou, disons le autrement : dont l’homme politique reviendrait, certes, mais en ayant laissé derrière lui sa défroque politique pour devenir enfin un homme.
Alors que ses cerbères le prennent presque par la manche, il manifeste le désir de continuer cette conversation, pour le plaisir du débat et de l’échange, afin d’aller plus loin. Tout de go, il me propose de l’accompagner, sans journalistes – il fait un mouvement de bras dans la direction des comparses de Philosophie magazine comme pour signifier leur congé dans un geste qui trahit ce qu’il pense probablement de toute la corporation… Je refuse. Une autre fois ? Les deux amis ont leurs deux paires d’yeux qui clignotent comme des loupiotes…Voyons donc pour plus tard… Dernier mot de Nicolas Sarkozy en forme de lapsus, il est mouvement vers la sortie : «  Je suis quand même un drôle de type, non ? Je dois convaincre soixante-cinq millions de français, et je vous dis, là, que je voudrais continuer la conversation ! Hein ? Non ? Il n’y a pas autre chose à faire ? Quand même… ». Soixante-cinq millions c’est le nombre des français à convaincre d’amour, pas celui des électeurs à convaincre de voter…
(A suivre...)


Ensuite, seconde partie :

L'hémisphère gauche d'un cerveau de droite.

L’hémisphère gauche d’un cerveau de droite.
Portrait de Nicolas Sarkozy.

Acte 2.

Cambridge, (USA), vendredi 6 avril 2007, 10h10 heure locale.

Rendez-vous fut donc pris pour une seconde séance. Elle eut lieu au même endroit le Jeudi 1° mars. J’arrive donc à huit heures du matin, place Beauvau, avec mes trois acolytes. Apparemment, Nicolas Sarkozy n’avait pas prévu que je revienne accompagné et m’attendait pour un petit déjeuner en tête à tête … De bonne grâce, il fait ajouter trois couverts par un personnel très balzacien dans le costume et la scénographie.
Nous ne parlons pas de sujets qui fâchent – politique, gaullisme, libéralisme, religion, présidentielles, ministère de l’intérieur- et commençons de plain pied avec Sénèque qu’un ami – probablement de qualité…- lui a conseillé de lire au moment de sa traversée du désert après l’aventure du soutien à Edouard Balladur. Je tiens, de fait, les Lettres à Lucilius pour un immense livre pas si éloigné de ça de l’épicurisme et sûrement pas aussi caricatural à l’endroit de la philosophie d’Epicure que le rabâche la vulgate stoïcienne.
Je conçois que ce livre puisse produire les meilleurs effets sur un homme du commun, mais sur un homme qui évolue dans les couloirs des officines les plus élevées de la République, je suis curieux de l’effet. Car on oublie cette vérité élémentaire que, derrière l’icône médiatique, la caricature journalistique, la réduction de l’image publique, les clichés qui constituent l’occasion d’une réputation, bonne ou mauvaise, les images qui amplifient l’amour des conquis ou développent la haine des opposants, il existe un homme de chair et d’os, d’âme et de peur, d’angoisses et de faiblesses, de fragilités et de névroses, un être qui entretient avec les fantômes de son enfance et les spectres de sa mort, ou de celle des êtres qui comptent pour lui, une relation intime dans laquelle tout est dit, mais codé, transfiguré par un inconscient qui enterre tout cela, ne laissant dépasser de temps en temps que des morceaux d’os et des fragments d’âme .
Sénèque ou l’art de vivre avec, de composer avec les coups du destin, de transformer les échecs (politiques) en succès (existentiels), de rencontrer l’essentiel en face, sans fioritures, sans les emballages mensongers des palais du pouvoir ; Sénèque ou les rendez-vous avec la mort, la douleur, la souffrance, le temps qui passe ; Sénèque et l’amitié ; Sénèque ou l’essentiel après quoi la philosophie morale peut plier bagages pour un long temps ; Sénèque et Néron, aussi. Je suis dans le bureau du Ministre de l’Intérieur… Le Ministre, le pouvoir, l’ingratitude.
Je sens la douleur de cette période - où, dit il, il était « redescendu tout en bas » - dans son existence : il n’aime pas les échecs, lui moins qu’un autre. Il affirme faire de la politique pour être aimé. « Comme tout le monde dit-il, parce que tout le monde a envie d’être aimé ». Etrange d’avoir choisi la politique, un monde en noir et blanc où l’on aime si peu, et où l’on déteste tant, même et surtout avec les protagonistes de son propre camp. En politique, il n’y a que des alliances opportunistes, des amitiés de tactique, des liaisons de stratégie aussi vite conclues que dénoncées.
Dans cet univers vipérin, chacun cache une dague dans sa manche et l’on n’est jamais poignardé que par ses plus proches – ici comme ailleurs. Faire de la politique pour être aimé est une étrange démarche, car, dans ce bassin de murènes, on récolte bien plus souvent la haine, le mépris, la détestation dans ce monde ci que dans d’autres où, pourtant, les passions tristes font aussi la loi. Je ne crois donc pas Nicolas Sarkozy quand il avance cette idée écran : la politique pour être aimé….
A l’évidence, quelque chose d’autre se cache derrière ce paravent. Car l’exercice politique haut de gamme, à ces niveaux de dangerosité psychiatrique, a plus à voir avec la quête d’une puissance défaillante qu’avec un besoin d’amour, elle parait plus en phase avec un manque de soi plus qu’avec une envie d’exister dans le regard aimant d’autrui . Un freudien verrait probablement dans cette tyrannie de la puissance défaillante - qui architecture une existence toute entière- un écho à la castration, donc la menace d’une ombre du père – du géniteur, père réel, aux modèles politiques, pères symboliques, évidemment.
Belles lumières dans le jardin du Ministère. Des immeubles autour, paisibles, calmes, avec vue plongeante sur le carré de pelouse, les arbres et un panier de basket accroché à l’un d’entre eux- un morceau de vie dans un bunker de la nation. Une antenne immense avec des câbles qui arriment l’ensemble au sol : le totem des communications de la police française. La voix des Fouché et de ses comparses d’aujourd’hui partant codée, cryptée, porter la bonne nouvelle policière dans tous le pays.
Beaux produits, bonne cuisine sur la table du petit déjeuner. Service impeccable. Œufs au plat, jus d’orange, café, pain grillé, confitures… Non loin, en face du bureau, une table avec la presse du jour et les quotidiens. Derrière le fauteuil du ministre, une horloge à affichage numérique (la même tuait le temps avant le changement de millénaire sur la façade de Beaubourg pendant des mois…) décompte compulsivement les heures, les minutes, les secondes qui (nous) séparent des élections… Le Ministre, le pouvoir, l’angoisse.
Le sablier post-moderne en instrument de Vanité, voilà probablement un indice sur l’âme de l’homme qui court après le temps, que le présent n’intéresse qu’en regard du futur, de l’avenir, de demain. Incapable de jouir de l’instant, il semble toujours le sacrifier pour un temps à venir. Il confie que, depuis toujours, ce qui l’intéresse c’est l’étape suivante : «  Quand j’étais jeune militant, au fond de la salle, je voulais être devant. Quand j’étais devant, je voulais être sur la scène. Quand j’étais sur la scène, je voulais être à la tribune. Quand je me suis trouvé à la tribune, j’ai eu envie de plus, de mieux, de la marche d’après. Je suis fait comme ça… ». Le Ministre, le pouvoir, la solitude.
Je me prend à penser : mais que peut désirer ensuite cet homme s’il est élu président de la République, sinon sa réélection ? Et après une éventuelle réélection ? Dès lors la République, la Nation, l’Etat, le bien public, l’intérêt général, la France, le drapeau, et autres personnages fantoches de la pièce de théâtre qui se joue nationalement, tout cela compte pour bien peu, sinon rien . La politique cache de petites histoires psychiques, elle dissimule les micros aventures de l’inconscient d’un homme seul, fragile, inachevé, mutilé, souffrant. La course à la présidence de la République n’est pas seulement une affaire politique, mais aussi (et surtout ?) une logique thérapeutique, une cure sur le divan, une plainte mal contenue débordant sur tout le pays pris en otage de ce traitement . Plainte de douleur muette, de souffrance silencieuse, mais néanmoins réelles…
Nous parlons d’Albert Cohen. Je tiens Belle du seigneur pour un très grand livre dans l’histoire universelle de la littérature. Il acquiesce, confirme et détaille son plaisir à lire le monologue d’Ariane au bain, mais précise qu’il préfère Le livre de ma mère… Première phrase de ce livre : «  Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte ». Le Ministre, l’amour, la mère.
Il embraye sur Yasmina Reza, raconte comme elle est venue le trouver pour écrire sur lui et suivre sa campagne. Comment il a donné son accord pourvu qu’elle ne pose aucune question. Confirmé qu’en cas d’accord, il lui laisserait libre accès à ses archives. « Si je gagne, ce sera le roman du couronnement, de l’apothéose. Si je perds, celui du tragique. Dans les deux cas, ça fait une histoire intéressante ». Le Ministre, l’écrivain, le roman- et ses personnages…
Il parle de Dans la luge de Schopenhauer, sa dernière pièce, avoue préférer Le dieu du carnage ( vue avant de faire la connaissance de son auteur) dans laquelle une scène met en présence un couple, lui à terre, roulé en boule, comme un chien, au pied de sa femme. Il lui demande s’il l’aime encore, elle touche du bout du pied l’homme avachi. On ne sait si elle va lui donner un coup ou pas… Racontant cette scène, son visage quintessencie l’angoisse qu’il incarne à cet instant… Regard d’enfant angoissé. Je sens que cet homme a vibré à la théâtralisation de cette situation existentielle dans laquelle il a dû probablement se trouver, l’inconscient fouaillé. Le Ministre, l’amour, la femme.
Sur la souffrance – celle du Ministre ayant misé sur le mauvais cheval présidentiel, celle de l’homme amoureux d’une femme qui a peut-être eu besoin du corps d’un tiers pour affirmer son amour à l’homme de sa vie -, il énonce une vérité stoïcienne : la réalité de la douleur est moins douloureuse que la peur de la douleur. On sent la découverte vécue et la quiétude suivant la trouvaille, comme un enfant ravi du bonheur d’une paix conquise. Celui qui rit de Socrate jouit de ses trouvailles socratiques. Tant mieux pour lui ; tant mieux pour Socrate.
Il avoue ne pas aimer attendre, être pressé, il apprécie les passions fortes, les sensations et les émotions denses, il veut mille vies dans une, la sienne. Je comprends cette façon de voir les choses, car je suis dans le même état d’esprit. Mais lui dans l’inquiétude dispersée, moi dans la quiétude concentrée. Lui, intranquille éparpillé dans les fragments, moi tranquille dans le grand tout. Lui nerveux sans cesse, moi serein tout le temps. Lui n’aimant pas l’introspection, la philosophie, Socrate, moi ayant construit ma vie sur cette discipline, et avec elle, comme une ascèse, depuis des années, puis acquis mon équilibre de haute lutte tant mon départ dans la vie fut contemporain de cauchemars qui rendaient très improbable une vie heureuse.
Sentant probablement mon accord avec lui sur la jubilation dans l’exercice de ces vitesses existentielles, il me demande : « vous êtes comme ça vous aussi, non ? ». J’acquiesce. Il ajoute : «  Je m’en doutais. J’ai le regret de vous dire qu’on pourrait partir en vacances ensemble ! ». Suivent des considérations qui, à propos des complicités de personnes, écartent la politique et mettent au centre le « style »… Comment ne pas être d’accord  ? Le style, autrement dit, la petite musique reconnaissable, le ton, le tempérament, le caractère, la façon, le mode d’être, l’existence impossible à dupliquer , la singularité, la subjectivité – hors réputation, cet inévitable malentendu .
Je m’arrête sur cette idée étonnante : partir en vacances avec Nicolas Sarkozy ! Un instant, je me suis vu dans un décor de rêve, un endroit méditerranéen, mer et soleil, ciel insolemment bleu et chaleur estivale, certes, mais avec un entourage cauchemardesque : sur la terrasse matutinale, André Glucskmann reprend de la confiture, Pascal Bruckner lui demande le pot, Doc Gynéco se verse du café, Christine Angot attend son tour pour le pain grillé, Alain Minc demande du Nutella, Johnny Hallyday a la bouche pâteuse, et l’on attend le passage de BHL qui rentre du Darfour et repart à Marrakech… Je sens que cette idée de vacances est un piège, non qu’il me le tende à dessein, - du moins je ne le crois pas, je l’imagine sincère à ce moment…- mais parce que cet entretien, si Philosophie magazine conserve ce moment-là, ne sera probablement vu et lu que par le prisme de cette invite en forme de boutade.
Je me réveille un peu, n’étant guère du matin. Le rêve des vacances devenu cauchemar m’a sorti du brouillard… Dehors les bruits de la ville, l’activité du monde, la rumeur de Paris. Le petit déjeuner se poursuit dans le calme. Finies la nervosité et l’agressivité des premiers moments de la semaine précédente, finis les gestes qui trahissaient la contrariété, l’agressivité, l’agitation. Dans ce bureau du ministre de l’intérieur, dans cet emploi du temps de candidat aux présidentielles, de patron d’une formation politique de droite majoritaire, nous parlons de Cohen et Rabelais, de Céline et Schopenhauer, de Sénèque et Shakespeare… Inattendu.
Et puis ce moment où tout bascule, où je crois comprendre ce qui fait le grand fauve en politique, ce point commun à tous les gens de pouvoir, droite et gauche confondues, pourvu qu’ils soient dans des partis à même de se trouver effectivement aux affaires : le mépris des lois, l’envie d’occuper un poste, le plus important possible, qui rende possible ce mépris au quotidien, et pour longtemps, car il n’y a au pouvoir que gens sans foi ni loi. Ou du moins pour qui il n’existe qu’une foi et qu’une loi : Soi.
Le Ministre de l’Intérieur, celui qui veille au respect de l’ordre, de la Loi, celui qui fait respecter la conformité de l’action publique au contrat républicain et aux règles constitutionnelles en disposant du pouvoir de mettre en branle la force publique, celui qui a les moyens d’activer par la voie disciplinaire et policière la répression de tout ce qui (lui) semble un désordre, cet homme là, donc, dans son bureau Place Beauvau, fait l’éloge de la transgression…
Voici ses propos : « Je pense que l’on se construit en transgressant, qu’on crée en transgressant. Moi-même j’ai créé mon personnage en transgressant certaines règles de la pensée unique. Je crois en la transgression. Mais ce qui me différence des libertaires (dont j’avais pris soin de lui dire que c’était ma famille), c’est que pour transgresser il faut qu’il y ait des règles ! Il faut qu’il y ait de l’autorité, il faut qu’il y ait des lois. L’intérêt de la règle, de la limite, de la norme, c’est justement qu’elles permettent la transgression. Sans règles, pas de transgression. Donc pas de liberté. Car la liberté, c’est transgresser ». Sidérant : la saillie mérite une note sur sa fiche aux renseignements généraux…
J’ai souvent entendu d’anciens gauchistes devenus chrétiens (Philippe Sollers, Jacques Henric, Guy Scarpetta et une partie de la bande d’Art-Press, dont Catherine Millet) défendre Jean-Paul II d’une main et Sade dans l’autre, célébrer les vertus de l’église catholique, apostolique et romaine en même temps que les bordels, les hôtels de passe, les filles du trottoir, les cérémonies sado-masochistes. Ceux-là communient en Georges Bataille qui fut, ontologiquement, le paradoxal défenseur de l’ordre répressif afin de pouvoir le transgresser, puis de jouir de cette transgression. Sade, Bataille, Sarkozy, mêmes combats ?
D’une part l’ordre, la loi, le pouvoir, la norme, le code pénal, la police, la réglementation, la discipline, l’autorité, la force, le Ministère de l’intérieur, d’autre part la négation de tout cela : la liberté entendue comme la licence, la possibilité de faire ce que l’on veut, quand on veut, comme on veut, sans jamais avoir de comptes à rendre à personne. Quelle meilleure place pour un tempérament rebelle aux lois que celle de chef de la police nationale ? Ou pour un individu désireux de s’affranchir et de tuer le Père que celle de patron des forces de l’ordre ? Pour l’ennemi des lois, quel poste plus stratégique que celui de gardien de la loi ? Exercer le pouvoir, c’est être sûr de disposer de l’impunité. Etre au sommet, c’est n’avoir personne au-dessus de soi.
Le Roi n’a que des sujets. Il ne rend donc de comptes qu’aux principes, aux grands et gros mots, autrement dit, à la Loi qu’un subterfuge verbal républicain identifie à la volonté générale, donc à la souveraineté populaire qui a le bon goût de ne jamais demander de comptes . Des comptes que, de toute façon, on ne lui donnerait pas… Au dessus de soi, la Loi sur laquelle on peut s’asseoir. A quoi sert un trône sinon ?
Nous allions vers la fin de notre entretien. J’étais le libertaire qui défend la loi, il était le disciplinaire qui célébrait la transgression ! Le ministre de l’intérieur ne trouvait aux règles qu’une bonne raison d’exister : la possibilité de les ignorer ; le philosophe nietzschéen parlait pour peu d’interdits, mais pour des interdits majeurs, fondateurs de communautés qui, sinon, deviennent impossibles. Et le premier n’excluait pas de partir en vacances avec le second.- qui, lui, n’envisageait pas la chose… Le monde à l’envers !
Les sabliers vinrent rappeler au candidat qu’il avait autre chose à faire que discuter et tirer des plans sur la comète philosophique. Je me souvenais que, dans le courant de la conversation, il avait affirmé, lorsque nous parlions d’Albert Cohen et d’amour, que le désir d’une chose est plus fort que sa réalisation. Savait-il qu’en affirmant : le désir ne tient jamais ses promesses, rien n’interdisait qu’on pense aussi au désir d’être sur la marche du dessus, celle qui le fascine tant, autrement dit de son envie viscérale d’être Président de la République ?
Aveu, clin d’œil, lapsus, soulèvement d’une partie du voile ? Morceau d’inconscient voguant sur l’océan noir comme un bloc de glace à la dérive ? Hameçon ? Dérapage qui livre une clé majeure ? L’horloge continuait à tuer le temps qui le sépare du résultat de la consultation nationale. La lumière devenait moins douce, plus pure, le jour se levait, la matinée s’entamait, il était neuf heures passées. Dans l’embrasure de la porte, il me confie le plaisir qu’il a eu à ces conversations. Sans sourciller, le plus sérieusement du monde, il ajoute : «  vous viendrez me voir quand je serai en face »… Nouvelle sidération !
Dix minutes plus tard, sur le trottoir justement en face de l’Elysée, à quelques pas des grilles du ministère, j’attends pour laisser passer probablement sa voiture blindée qui sort. Couleur sombre, verre fumé. Une voiture grise du ministère de l’intérieur devant, la même derrière. Le cortège glisse, passe, part. Probablement pour le meeting du soir à Bordeaux. Ou pour ailleurs, avant. Dans son bureau, il y a Proudhon et Nietzsche, Foucault et Freud qu’il ne lira probablement pas. Peut-être déjà dans une poubelle, ou offerts, ou je ne sais quoi d’autre – des cadeaux pour la retraite de Chirac...
J’ai de la compassion - de la « tendresse de pitié » écrirait Albert Cohen- pour un être qui se détourne autant de lui-même, qui déteste son enfance, qui rit du projet de Socrate, qui veut toujours être dans un temps qui n’existe pas et qui, pour ce faire, piétine son présent avec la même ardeur qu’il foule son passé lointain ; j’ai de la compassion pour cet individu qui voudrait tellement être aimé et, maladroit, se fait tant détester ; j’ai de la compassion pour cet homme blessé qui croit pouvoir panser ses plaies avec les fétiches de la puissance ; j’ai de la compassion pour cet homme fragile qui sur joue tellement la force ; j’ai de la compassion pour cet homme qui n’échappera pas à lui-même : qu’il soit un jour Président de la République, ou qu’il ne le soit pas. L’air était frais, la lumière rasante, le soleil cru, les ombres humides. Je n’aurais pas échangé une seconde de sa vie pour une seconde de la mienne…


C'est en effet, long à lire, mais on apprend beaucoup de choses sur l'homme (Sarkozy). Je pense cependant qu'il faut réussir à faire la part des choses, car, et il le précise lui même, Michel Onfray  n'est pas un fier partisan du candidat UMP.

06.04.2007

"Sarkozy voit loin"

J'aime beaucoup lire la presse en général.

 Grâce à mon école j'ai accès au Monde, au Figaro, aux Echos et à La Croix. De par le fait que je doive prendre les transports en commun, je prend régulièrement 20 minutes, Métro et Matin Plus.

Même si, parmi les gratuits, 20 minutes a ma préférence, on peut dénicher quelques perles chez les autres. Regardez ce que j'ai lu ce matin dans Métro : 

 

Sarkozy voit loin

 Par Pierre-Marie Vidal, directeur de la rédaction de Profession politique

    Sarkozy déjà en campagne de second tour ! Devant son comité politique, le candidat de l'UMP a dévoilé quelques pans encore confidentiels de la campagne de l'après 22 avril. Une nouvelle affiche sera imprimée avec une photo du président de l'UMP en col de chemise, souriant, sur fond de pelouse. "On remettra les compteurs à zéro, ce sera une nouvelle campagne, avec des nouveaux thèmes et des nouveaux interlocuteurs", a annoncé le candidat à ses équipes. Il a enjoint à son entourage de ne pas communiquer sur ces orientations, par souci de ne pas donner un sentiment d'arrogance : "Je crains que les Français ne croient que pour moi, l'élection soit déjà faite, à cause de ma place dans les sondages."

    Le candidat s'est ensuite livré à une analyse politique en martelant son objectif : "il faut être clairement en tête au premier tour." Pour cela, il maintient son cap : "l'identité nationale et l'immigration. Il faut amener les électeurs de Le Pen à voter pour moi dès le début." Nicolas Sarkozy a également décidé de terminer la campagne du premier tour en célébrant la France qui travaille. Un Nicolas Sarkozy qui drague le plus largement possible la droite et la droite de la droite, persuadé - contrairement à ce qui est si souvent dit - que l'élection présidentielle ne se gagne pas au centre. En tout cas pas celle-là.

 Intéressant, non ?

04.04.2007

programme politique de Nicolas Sarkozy

Voilà donc le début du dossier avec en présentation un (gros) résumé du programme de Nicolas Sarkozy. Je m'en suis occupé avec l'aide d'un ami, encarté à l'UMP, et du pdf officiel du programme de NS, disponible sur sarkozy.fr

 Bonne lecture !

 

    Nicolas Sarkozy est né le 28 janvier 1955 à Paris. Fils d'un aristocrate hongrois immigré en France en 1948, Nicolas Sarkozy est diplômé en droit public et en sciences politiques. Il entre en politique en 1974 en soutenant Jacques Chaban-Delmas et est élu en 1977, conseiller municipal de Neuilly. Ministre du du budget de 1993 à 1995, ministre de l'intérieur de 2002 à mars 2004, puis de novembre 2004 à 2007. Il y a imposé un style « musclé » et a fait de la sécurité sa priorité, déclarant vouloir s'affirmer par l'action. Il obtient généralement de bons résultats avec la délinquance qui baisse mais où les violences aux personnes n'ont jamais été aussi nombreuses. Son franc-parler et sa façon d'agir séduit, notamment chez les électeurs de Le Pen. Enfin l'ambiguité de sa relation avec les médias reste au coeur du débat.


    En 2007, il est le candidat UMP à l'élection présidentielle. Voici son programme :

    - Travailler plus afin de gagner plus : les français qui souhaitent travailler plus doivent pouvoir le faire. La priorité des priorités est de revaloriser le travail afin de créer la croissance qui résoudra les questions de déficit. Assouplir les 35 heures en exonérant de charges sociales pour le patron et l'employé, les heures supplémentaires. Les 35 heures à l'hôpital doivent êtrerénovées.
    - Priorité absolu donné au pouvoir d'achat avec une diminution des charges, une reconnaissance de l'utilité sociale de chacun et la réforme des droits de succession en exonérant 95% des français. 68 milliards d'impôts reversés aux français sur 10 ans et dette ramenée en dessous des 60% du PIB d'ici à 2012. Ramener le chômage sous la barre des 5% avec des allocations chômages inférieurs au salaire minimum, et interdiction de refuser plus de trois offres d'emplois correspondant à ses compétences.
    - Véritable politique de l'immigration afin de ne pas renoncer à l'identité nationale. L'immigration choisie ne doit l'être que sous des plafonds d'immigration, l'immigration illégale, endiguée : arrêter la régularisation automatique des clandestins au bout de 10 ans et encadrer strictement le regroupement familial. Le droit d'asile ne doit plus être détourné et l'immigration ajustée à nos capacités d'accueil et aux besoins des français. Créer une politique d'aide et de de co-développement avec les pays d'immigration dans le cadre de partenariats exigeants et responsables.
    - La famille, la base de toute éducation : des allocations familiales dés le premier enfant et des études dirigés dans tous les établissements scolaire afin que la mère de famille puisse concilier vie de femme et vie professionnelle. Un contrat d'union civile fournissant les mêmes droits fiscaux, sociaux et patrimoniaux aux homosexuels. Violences conjuguales plus durement réprimées et les femmes qui en sont victimes, mieux accompagnées.
    - Mettre en oeuvre un plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de banlieues pour que chacun ait un emploi. Laisser une véritable liberté pédagogique aux enseignants tout en les évaluant en évaluant les élèves. Relancer l'effort de la recherche en augmentant de 15 milliards d'€uros la dépense totale sur 6 ans. Il faut s'appuyer sur les universités pour la recherche en améliorant l'autonomie de celles méritantes.
    - Consacrer un minimum de 2% du PIB à la défense afin d'avoir des forces armées aptes à répondre efficacement aux menaces actuelles. Créer un conseil de sécurité nationale qui sera l'instance centrale en matière de sécurité, en période normale comme en période de crise. Oui à l'Europe pour agir, pour vouloir, pour mettre en commun nos forces et pour mieux protéger les européens.
    - Modification de la justice en profondeur : juge des libertés et de la détention supprimé, remplacé par des juridictions collègiales, dont le juges d'instruction ne fera pas partie et qui sera composées par des juges expérimentés.
    - Continuer l'action dans le domaine de la sécurité entreprise depuis 5 ans  avec des peines planchers sévères pour les multirécidivistes. Les mineurs de 16 à 18 ans multirécidivistes doivent être traités comme des majeurs.
    - Aller plus loin dans la protection de la planètre : pacte écologique de Nicolas Hulot intégralement respecté.

Côut du programme par la cellule de chiffrage indépendante : 58,80 milliards d'€uros, auquel il faut rajouter une éventuelle baisse des impôts.

Analyse : Un programme ambitieux, complexe, étendu qui emprunte au Parti socialiste, tout en piochant allégrement dans les idées du Front national qui fait évoluer une droite chiraquiste endormie vers une droite sarkozyste qui ne mâche pas ses mots et qui peut choquer. En bien, comme en mal.

Source : sarkozy.fr

 

Ps : l'analyse est de moi, naturellement :-D 

21.02.2007

Retour aux interrogations

On met actuellement en avant le coût du programme.

Il va être interessant de voir qui le tiendra le mieux et ne batira pas sa popularité sur des promesses. Et oui, on peut faire très bien avec un petit programme. D'ailleurs la France est surendettée et ne peut se permettre de prendre de tels risques. Car investir, alors que l'on est déjà en déficit monstrueux c'est prendre un risque. Un gros risque. Le passé nous a appris que malgré tous les investissements, la dette n'a cessé de se creuser.

Et qui paiera nos erreurs si jamais le retour sur l'investissement ne se fait pas ? Nous ? Si on suit certains modèles, on partira tous à l'étranger, laissant notre beaux pays aux milles fromages perdre pieds par la politique de rigueur extrême nécessaire.

Bayrou ne préconise pas cette rigueur extrême, mais tout au moins souhaite diminuer les dépenses de l'état. Merde, quoi . 2000 €uros de nos impôts ne partent même pas pour améliorer notre vie mais pour rembourser les intérets de la dette !

Et moi, je m'interroge toujours sur la baisse des recettes promises par Nicolas Sarkozy.  

On reproches souvent aux anti-sarko de l'attaquer personnellement et de ne pas critiquer le programme de NS, ce programme adopté à 96% de oui mais avec un taux de participation hallucinant : 50,8 %. Avant-projet difficile à obtenir : ni sur le site sarkozy.fr, ni même sur u-m-p.org . Vous pouvez chercher, les 70 pages de son avant-projet ne sont pas dispo partout : http://antoinevielliard.hautetfort.com/files/Projet_de_l_... .

Bref programme interessant, balayant certaines idées de l'extrême droite, et allant jusqu'au idées de la gauche.

Pourquoi pas ?  C'est ça de la démagogie : dire quelque chose que personne ne peut contrer (exemple tiré d'un JT sur TF1 : "Moi, quand je vois une vielle dame qui est allé faire ses courses, se faire agresser dans la rue, je dis non"), mais aussi dire aux gens ce qu'ils veulent entendre ( "travailler davantage pour gagner plus" Le Pen, le 8 février 2007 ( http://www.dailymotion.com/visited/search/a%2Bvous%2Bde%2... ), le maître emprunterait-il à l'élève ?) est tout aussi démago.

Qui osera dire que Mr Le Pen n'est pas démago ? Par contre, qui osera maintenant dire que Nicolas Sarkozy n'est pas démago ? Car dire que quand on travaille plus, on doit gagner plus, c'est pas une nouveauté, c'est une évidence.

J'ai entendu dire que Bayrou serait démagogue... Il faudrait veiller à lire ce qu'il propose et écouter ce qu'il dit. On verra si vous entendez ce que vous souhaitez ou êtes forcément en accord avec ce que vous voulez.

Bayrou progresserait grâce à ses méthode de "victimisation"... Avant c'était Royal, en fait, il n'y a que Sarkozy qui reste stable grâce à ses idées, les autres ne progressent (ou ne régressent) que car ils tapent sarkozy ou qu'ils sont démago... Bon, ben le programme de Bayrou, de toute façon, il est inutile, qu'il arrète d'en parler alors !

Si vous voulez quand même écouter les idées de Bayrou, regardez dans mes post précédents, il y a de beaux discours...

Je complète lpar un sondage récent : Royal, première avec 29% (+2), Sarkozy 28% (-5), Bayrou 17% (+4) et Le Pen reste stable à 14%. Au second tour, Sarkozy baterait tout de même Royal 51 vs 49. Rapellons que selon les sondeurs, la marge d'erreurs est de 2 %. Selon moi, elle est de 5 %, car elle ne tient pas en compte l'abstention.

 
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