14.06.2007
Brice Hortefeux monte au créneau
Brice Hortefeux, le ministre du tout nouveau ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du co développement a déposé au conseil d'état son projet de loi concernant l'immigration.
Un projet de loi comprenant 14 articles et qui souhaite durcir les conditions d'accès au regroupement familiale. Celui qui avait déclaré le chiffre de 25 000 expulsions avant décembre 2007 (en 2006, 24 000 expulsions ont eu lieu) et de 125 000 interpellations de sans-papiers, continue donc sa lutte contre l'immigration.
Toujours la culture du chiffre. Toujours la culture d'essayer de faire plus. Alors que les précédentes lois, datant de 2002 et de 2005, proposées par Nicolas Sarkozy, ne sont même pas encore toutes appliquées, le gouvernement souhaite rempiler.
La manière qu'a choisi Mr Hortefeux, pour présenter son projet de loi, en mettant en avant le regroupement familiale, est scandaleuse. Ce regroupement familiale, créé en 1976 par Valérie Giscard d'Estaing, demeure l'un des piliers de bataille du FN et dont l'abolition est clairement précisée dans leurs projets. Actuellement, sur les 150 000 demandes de visa, seulement 9 000 concernent le regroupement familiale, soi à peine 6 % de l'immigration total.
De là à dire qu'il s'agit uniquement d'un signal fort en direction du FN, il n'y a qu'un pas que je franchis aisément. Pour une fois, je serais d'accord avec Marine Le Pen qui a qualifié ce texte de "totalement insipide, [relevant] de la farce".
Voilà les caractéristiques de la loi : tout d'abord durcir les conditions du regroupement familial en obligeant «le membre de famille qui demande à rejoindre la France» à bénéficier «dans son pays de résidence d’une évaluation de son degré de connaissance de la langue et des valeurs de la République». Avec possibilité de stage si jamais, on n'est pas suffisamment compétent. Pour après obtenir son joli diplôme de français. Ah oui, j'oubliais : un contrat prévoyant une formation aux «droits et devoirs des parents». Si le contrat n'est pas respecté, plus d'allocations familiales. On tape sur le porte-feuille : en France, c'est toujours là où cela fait le plus mal.
Cette politique franco-française de lutte contre l'immigration risque fort de n'avoir aucun effet.
L'immigration n'est pas un problème national, mais un problème européen. Dans un espace totalement ouvert, où les citoyens circulent librement, il me parait stupide de continuer à essayer de lutter contre l'immigration clandestine uniquement de façon nationale.
Pour prendre un exemple : il y a deux jours, l'ile de Malte, débordée par l'afflux d'immigrés provenant d'Afrique, a réclamé un accord sur la répartition entre les 27 pays membres, des immigrés récupérés en dehors des eaux européennes. Tous les pays européens ont montré une hypocrisie monstre en déclarant que Malte devait prendre sa responsabilité dans le sauvetage des immigrés, tout en refusant catégoriquement une répartition des immigrants. La Commission Européenne a accepté l'argument mais a souhaité cependant la définition de principes sur la responsabilité des secours. Il était temps, bientôt les pays européens allaient tirer à courte paille pour savoir lequel serait responsable des secours. Un véritable mépris de la vie humaine.
Il me semble totalement aberrant que, dans une Europe où les frontières n'existent plus entre la plupart des états membres, la politique d'immigration reste au niveau nationale et non au niveau européen. Tous les pays européens subissent cette immigration et tous veulent la combattre. Il serait temps d'établir une législation efficace à l'échelle de l'Europe avec un organisme spécialisé dans ce domaine, et qui serait à même de contrôler l'immigration clandestine tout en bénéficiant d'un soutien logistique suffisant pour secourir tous ces malheureux qui s'écrasent contre la forteresse Europe.
16:31 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hortefeux, immigration, blog politique, barthalon
13.06.2007
La TVA sociale : une fausse mauvaise idée ?
J'en entend parler non-stop à la radio depuis quelques jours maintenant, toutes les unes des journaux n'ont que ça à placer : la TVA sociale. Je suis donc aller chercher un peu de quoi il en retournait.
Tout d'abord, je n'apprécie pas la façon que l'UMP a choisi pour faire passer cela. Avouée à mi-mots par un Jean-Louis Borloo hésitant, dénoncée par la gauche d'une façon diabolique (après le méchant Sarko, voilà la pas gentille loi), cette loi a vu naitre un débat sur la place publique. Les différents protagonistes ne désirant, de toute façon, qu'un leitmotiv afin de se chercher querelle et d'en découdre, tout cela sur fond de bataille électoral.
La tempête bleue annoncée est arrivée sur les côtes et les socialiste n'ont trouvé comme moyen de la combattre, que d'essayer de crier plus fort qu'elle. Voilà ce que j'en pense.
Je dois dire que j'avais un présentiment négatif de cette loi. Selon moi, augmenter la TVA, c'était forcément augmenter le prix des produits. En réalité, cette loi déplace une charge patronale, la charge prélevée par la Sécu, au niveau de la TVA. En ayant donc des charges patronales moins importantes, on cherche ainsi à retrouver la compétitivité des français dans le monde du travail.
Cet argument est complètement ridicule. Ce n'est pas en diminuant d'une poignée de pourcentages les cotisations patronales, que d'un coup, l'ouvrier français verra son prix d'achat, que j'appellerai plutôt salaire, compétitifs vis à vis d'un ouvrier chinois, indien pour ne citer que ces deux-là.
Prenons un exemple précis et étudions le.
Imaginons un produit qui coute à la fabrication (pièce + main d'oeuvre) 100 €.
C'est à dire que par produit fini, l'entreprise a dépensé 70 € de matières premières et 30 € de salaires. Dans les 30 € de salaires, il y a 15 € en brut pour l'employé et 15 € en taxe patronale.
A cela s'ajoutent les marges de l'entreprise qui sont de l'ordre de 30%. Ce chiffre peut sembler élevé, mais n'importe quelle entreprise qui marche, a ce taux de rentabilité.
Le produit est donc vendu 130 €. Mais non.
Les taxes sur les bénéfices de l'entreprise s'ajoutent. Elles sont de l'ordre de 33%. Afin de garder les 30% de marges nécessaires, le prix doit augmenter de 33% * 30 € soit 10 €. Le prix du produit passe ainsi à 140 €.
Ce prix est hors TVA. Le vendeur le vendra avec la TVA (de l'ordre de 19,6%, disons 20 % pour simplifier). Le prix final que le consommateur paiera sera donc de 140 + 20% de 140 soit, 168 €.
Maintenant appliquons brutalement la nouvelle loi avec des chiffres vraisemblables.
Le prix des matières premières reste stable : 70 € mais le prix de la main d'oeuvre diminue à 25 € : 15 € de salaire brut et 10 € de charges (c'est là qu'est la diminution des charges patronales).
Le produit fini coute donc 95 €. Rentabilité de 30 % donne 123,5 €. Les taxes sur les bénéfices de 33%. Mais les bénéfices qui étaient avant de 30 € sont maintenant de 123,5 - 95 soit 28,5 €. Le prix de 123,5 sera augmenté de 33% * 28,5 soit de 8,55 €.
Ce qui nous donne le produit à 123,5 plus 8,55 soit 132,05 €. Au lieu de 140 € précédemment.
Mais la TVA augmentera de 5 points soit 25 %. Le prix final que le consommateur paiera sera de 132,05 + 25% de 132,05 soit 165,0625 €. Ce qui apparait moins cher que le produit dans l'état actuel des choses.
Cette loi est donc, dans l'absolu, très intéressante. Car si les entreprises jouent le jeu, le prix des produits français diminuera. Par contre les prix des produits étrangers, subiront directement l'augmentation de la TVA.
Nos entreprises seraient ainsi plus compétitives. Encore faut-il que comme en Allemagne, elles soient d'accord de bien diminuer leur bénéfice et de rester dans leur marges de 30%. Je crois que mon article est cependant incomplet et manque quelque peu de clairvoyance. Je vais y réfléchir et reviendrait surement dessus.
Matthieu Barthalon
18:42 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : TVA sociale, blog politique, barthalon
12.06.2007
La situation du MoDem
Je souhaite aussi revenir sur la situation du MoDem.
François Bayrou a réussi un très beau score lors des présidentielles. Sa stratégie ni droite, ni gauche et de faire travailler ensemble des gens de différentes personnalités politiques, a su faire entendre sa voix. Il faut néanmoins préciser que la droitisation de son concurrent et le manque de personnalité de sa concurrente l'ont bien aidé dans l'obtention d'un tel score. Mais toujours est-il qu'il y a maintenant une conscience politique de l'ouverture. La politique que mène notre président, n'est que la juste récompense pour ces quelques 7 millions d'électeurs qui, le 22 avril, ont glissé le nom de François Bayrou dans l'urne.
Eliminé au premier tour, le président de l'UDF décide de jouer l'arbitre et finalement prend ouvertement position contre Nicolas Sarkozy. Une position somme toute, relativement peu surprenante, le candidat n'ayant tout au long de sa campagne, cessé de tirer à boulets rouges sur le candidat de droite.
Cependant, il n'aurait pas du prendre si ouvertement cette position et laisser clairement ses électeurs choisir en leur âme et conscience. Car ce "Je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy" lui a fait perdre, en premier lieu, ses députés, puis et surtout, des électeurs, pour en fin de compte, ne lui en faire gagner quasiment aucun. Cela lui a cependant permis de s'affranchir de cette étiquette d'"homme de droite" que la gauche lui a collé toute la campagne, et d'apparaitre comme un véritable centriste.
Que cela soit bien clair, pour moi la position de François Bayrou est excellente : il bénéficie d'un potentiel de sympathie tout à fait correct à droite par son ancienne UDF, reste le leader incontournable du centre et a une assise qui grandit chaque jour vis à vis d'électeurs de gauche déçus. Il a tout à fait compris l'inutilité du premier débat Royal - Bayrou qui n'a, au final que semé le trouble dans son électorat et a donc refusé de "rappeler" Ségolène Royal pour les législatives.
L'indépendance du MoDem va pourtant se payer au prix fort. Tout d'abord le fait de ne pas avoir de groupe parlementaire va accentuer sa marginalisation et va très nettement encourager ses détracteurs à le dire seul comme jamais. Quand on parlera de la position du MoDem vis à vis des lois, les journalistes ne diront plus "le MoDem a dit que" mais "François Bayrou a dit que", ce qui est relativement différent. Ensuite, pécuniairement parlant, cela va être difficile. Si chaque électeur du premier tour rapporte 1,63 €/ an, chaque député rapporte 44 000 € / an à son parti. Des 29 députés que l'UDF possédait en 2002, il n'en restera qu'une poignée (au maximum 4) au MoDem en 2007.
On souhaitait museler le MoDem et on a parfaitement réussi. François Bayrou sera seul, seul avec ses idées et ses militants qui lui affichent un soutien sans faille. C'est peut-être ainsi que la démocratie française doit se renouveller avec une communication parfaite entre les politiques et les citoyens. Avec un débat constant au sein d'un parti libre et une parfaite coordination et transmission des idées.
Chateaubriand nous livre : "Tout arrive par les idées : elles produisent les faits, qui ne leur servent que d’enveloppe.", Camus nous enchante "Mourir pour l'idée, c'est la seule façon d'être à la hauteur de l'idée."
Souhaitons pour nous, pour nos contemporains, pour la France, que cette idée ressuscite. Après une traversée du désert, qu'y aurait-il de plus normal ?
Matthieu Barthalon
12:55 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, blog politique, barthalon
L'UMP n'a qu'un seul président
J'ai appris, il y a peu, que l'UMP ne souhaitait pas avoir un président. Je cite Patrick Devedjan « Nous craignons, à terme, avec la logique de la vie politique, qu'un président de l'UMP ne soit un jour conduit, peut-être par une ambition personnelle légitime dans le fond (...), à utiliser l'UMP pour entrer en conflit avec le président de la République ». Je dois avouer qu'une telle franchise me surprend, le pire étant qu'il a réussi à dire tout cela sans rire.
Nicolas Sarkozy ne doit naturellement pas être rapproché de cette méthode. Non. Impossible. Jamais il n'aurait utilisé le parti de Chirac pour s'en servir contre Chirac.
On croirait, alors que Nicolas Sarkozy vient à peine d'être élu président, qu'il craint déjà, pour sa propre succession, un coup de poignard dans le dos. Le même coup de poignard qu'il l'a parachuté à la mairie de Neuilly, le même coup de poignard qu'il l'a placé à la tête du plus grand parti de France et finalement, le même coup de poignard qui l'a propulsé à la tête de la France.
Question coup de poignard dans le dos, je crois qu'on a affaire à un véritable spécialiste qui en a usé et abusé tout au long de sa déjà longue carrière politique. Il faut croire que cela lui a réussi.
L'Histoire se répète, le président s'en souvient et fera tout pour ne pas devenir un César.
Matthieu Barthalon
12:10 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, président, blog politique, barthalon
11.06.2007
Les législatives : un simulacre de démocratie ?
Occupé à dépouiller les bulletins dans le bureau de vote de ma circonscription, je n'ai été au courant que tardivement des résultats.
Tout d'abord, clarifions les choses, je suis profondément démocrate dans le sens que j'ai un grand respect des institutions démocratiques et donc du vote en son ensemble. Je suis scandalisé d'entendre un tel "score" d'abstention : près de 40 %. C'est foutrement intolérable ! Nous allons avoir une Assemblée Nationale qui va être élu par moins des deux tiers des français !
Comment afficher un tel mépris de l'institution républicaine la plus noble : le vote ? Les lois qui devront être respectées par tous les français vont être votées par les représentants d'une minorité. Cela m'amène à afficher mon mépris vis à vis du scrutin majoritaire. Les chiffres donne l'UMP vainqueur avec 45,5 % des voix des 60 % des français qui votent. Un rapide calcul nous donne que l'Assemblée Nationale a été choisi par 28 % des français. La totalité des lois de notre beau pays va être décidé par les représentants de moins d'un tiers des français... Un véritable simulacre de démocratie.
Je suis naturellement très déçu du très faible résultat du Mouvement Démocrate. A peine 7,5 % des voix. La marche du désert de Bayrou commence, il va vraisemblablement se retrouver seul à l'AN, son fidèle lieutenant Jean Lassalle étant deuxième derrière L'UMP( 29,54 - 31,36). Et Royal souhaite, de nouveau rencontrer Bayrou. Ces deux là n'en peuvent décidément plus de se draguer mutuellement pour se partager les miettes du gâteau républicain que l'UMP a dévoré.
Dans notre circonscrption, nous n'avons pu nous maintenir au second tour : 12,11% des voix. Dommage. Et je me retrouve encore une fois face un choix cornélien : la gauche ou la droite ? Je m'en réjouis d'avance pour dimanche prochain...
Matthieu Barthalon
11:00 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : legislatives, blog politique, barthalon
10.06.2007
La rénovation cassée ?
La gauche m'énerve tout particulièrement en ce moment, et je dois dire que Ségolène Royal n'y est pas pour rien. Mais revenons d'abord sur l'état actuel du PS et ce qui a fait qu'aujourd'hui la candidate socialiste souhaite prendre la place de son mari au poste de premier secrétaire du parti.
Premier secrétaire. Rien que ce mot m'agace profondément car il n'est que l'héritage de Lénine et Staline. Triste reflet de ce qu'est la gauche de notre pays à l'heure actuelle. Ne sachant pas réellement où se positionner et a toujours essayer de manier la chèvre et le choux, l'extrême-gauche et les socialistes modérés. Je vous laisse choisir qui est quoi.
Cette emprise qu'a un extrême sur l'un des grands partis politique français me chagrine tout autant que me désole. Comment pouvoir rénover un parti et en créer un parti moderne en composant avec des idées vielles bientôt de 100 ans (La révolution d'octobre 1917) ? Comment vouloir régir l'économie moderne en prônant continuellement l'anti-libéralisme ?
Après deux cuisantes défaites 2002 et 2005, le PS a traversé une grave crise d'identité qui l'a poussé à chercher hors des habituels leaders, la perle rare qui aurait suffisamment de poigne pour d'un part rénover et d'autre part remporter les élections face à un Sarkozy que l'on présente déjà comme imbattable. Ségolène Royal malgré un indiscutable manque de charisme, est apparue comme la plus solide face à la menace de la droite.
Quelques erreurs très médiatisées, des prises de positions controversées, Ségolène Royal a cependant réussi à créer une dynamique autour d'elle et a mobiliser l'ensemble des militants socialistes pour une campagne qui a été, sur le terrain, très disputée. Mais elle n'a pas eu la possibilité, le courage ou la volonté, de rénover ce parti vieillissant. Si elle avait gagné les élections, cela n'aurait pas eu d'importance. Mais elle les a perdu. Et dans cette défaite, apparaissent tous les défauts de la gauche actuelle représenté par le PS.
En déclarant, vendredi dernier, qu'elle souhaite une opposition neuve qui repense sa façon d'exister et d'agir, Ségolène Royal a sans doute atteint le summum de l'imbécilité politique qui consiste à constamment faire du neuf avec du vieux. Car en 5 ans d'opposition, où elle siégeait à l'Assemblée, ce qui ne sera pas le cas ce soir, on a eu plus que le temps de s'apercevoir de la pugnacité de cette opposition que l'on dit subtile. La subtilité du refus constant.
Quand j'entends qu'il faut que ses 17 millions d'électeurs se mobilisent, cela me fait doucement rigoler. J'ai voté pour elle au second tour, contre Nicolas Sarkozy et en souhaitant qu'elle ne soit pas élu. Mais aujourd'hui je choisirais ma candidate, la candidate du MoDem-UDF. Le devoir de soutenir, le droit de s'opposer : voilà ce que j'appelle une opposition intelligente.
Il n'est plus que temps pour le PS de se réveiller et d'ouvrir les yeux, d'arrêter une politique de l'autruche qui ne les mène nulle part et surtout de choisir des dirigeants compétents et qui ont une réelle personnalité politique.
Matthieu Barthalon
09:50 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : royal, blog politique, barthalon
08.06.2007
Les intérêts d'emprunts
L'une des principales réformes que veut mettre en place notre président est la déduction des intérêts de l'emprunt, sous forme de crédit d'impôts. Ceci afin de favoriser l'accession à la propriété au plus grand nombre.
Il est vrai que la France avec 56,7 % de citoyens propriétaires de leurs murs, est à l'avant-dernier rang de l'Europe. L'Allemagne est bonne dernière avec 42 % alors que l'Espagne pointe à plus de 84 %.
Dans l'absolu, la méthode du président n'est pas mauvaise : encourager l'accession en déduisant fiscalement les intérêts de l'emprunt. Malheureusement, je pense que cette mesure va renforcer le fossé qui existe entre les propriétaires et les non-propriétaires. Je m'explique.
Tout d'abord quelles sont les causes de la difficultés des français à obtenir un logement ? Le prix. Ce prix est élevé et entraine de longs endettements pour les personnes désireuses d'acquérir. Nicolas Sarkozy propose de prendre à la charge de l'état les intérêts des emprunts. Soit. Cela diminuera d'autant les dettes et permettront à certaines personnes d'acheter. Malheureusement, cette analyse des prix hauts n'est pas complète.
A quoi sont dus ces prix si hauts ? Ils sont tout simplement régis par la loi du marché, la loi de l'offre et de la demande. Actuellement, il existe une demande importante et une d'offre relativement faible : les prix restent donc, stables, quand ils ne montent pas. Car le problème du logement ne vient pas du prix du logement, mais du logement en lui-même qui est inexistant. L'offre reste désespérément faible et aucun plan de construction massif est en projet, afin de remédier à cette tare.
Je ne pense pas qu'augmenter la demande en diminuant les prix va faire augmenter l'offre. Bien au contraire. La demande sera plus forte alors que l'offre ne sera pas plus importante. En créant une mesure qui va encourager la demande de logements, le gouvernement va entrainer une augmentation du prix des logements. Ce qui ne permettra pas de résoudre le problème premier qui est la propriété.
En réalité, cette mesure risque plus de satisfaire les personnes qui sont déjà propriétaires, en augmentant la valeur de leur bien, que celles qui souhaitent le devenir.
Pour finir, je tiens à préciser qu'il y a dans la présentation de cette loi, quelque chose qui me dérange : le crédit d'impôts. Quand on sait que la moitié de nos concitoyens ne paient pas d'impôts, je me demande l'intérêt d'une mesure qui ne vise qu'une partie des français. La partie haute. Mais le gouvernement reste nécessairement flou sur cette mesure, se contredisant au gré des déclarations. Souhaitons que ce point soit éclairci
Matthieu Barthalon
08:58 Publié dans Actualités politiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : logements, emprunts, blog politique, barthalon
06.06.2007
Coupure de journal
Par mon école, j'ai pas mal de journaux gratuitement, notamment Les Echos. Je ne sais si ce quotidien est de droite ou de gauche, le libéralisme ne devant plus être, selon moi, l'apanache de la droite. Voici une chronique intéressante de Favilla.
Le monde va bien et mal
Sur le plan économique, le monde n'a sans doute jamais été en aussi bonne santé. Malgré la mondialisation, les « vieux » pays développés, lorsqu'ils ont le courage de s'adapter, tirent bien leur épingle du jeu. Grâce à la mondialisation, trois pays-continents, la Chine, l'Inde et le Brésil, représentant à eux seuls près de la moitié de la population mondiale, connaissent depuis deux décennies une croissance annuelle de 5 à 10 %. Certes, cette croissance ne profite pas également à tous et les inégalités ont tendance, elles aussi, à croître. Mais, chez ces nouveaux invités à la table du développement, les inégalités se creusent davantage par explosion des revenus du haut de l'échelle que par implosion de ceux du bas. La preuve en est que, selon les statistiques des agences internationales, environ 60 millions de personnes sont passées l'an dernier au-dessus du seuil de pauvreté.
Un tel résultat pourrait donner à espérer que le climat politique mondial s'apaise. Ce serait une traduction concrète de la théorie de Montesquieu sur les vertus du « doux commerce ». Or, à l'évidence, le logiciel de traduction est défaillant. Inutile d'insister sur le chaos irakien et ses répercussions loco-régionales, sur le problème du nucléaire iranien ou sur l'impasse israélo-palestinienne. Tous ces sujets sont, hélas, bien connus. Mais il faut noter aussi que le balancier repart du mauvais côté en Afghanistan, menacé d'être à nouveau plongé dans la nuit talibane, et surtout au Pakistan et en Indonésie, les deux pays musulmans les plus peuplés, dont l'un est doté de l'arme nucléaire, où des forces fanatiquement hostiles à la modernité cherchent à abattre des gouvernements compatibles avec l'Occident. Enfin, après une euphorie passagère due à la chute du communisme, l'Empire russe et ses marches occidentales émettent des signaux inquiétants. L'Ukraine semble tellement tiraillée entre l'Est et l'Ouest que certains évoquent le spectre de la guerre civile. La Russie, elle-même traumatisée par son effondrement idéologique, moral et démographique, réagit, comme l'Allemagne après le traité de Versailles, par une pathologie nationale qui, après s'être d'abord exercée sur les malheureux Tchétchènes, se tourne aujourd'hui, sous prétexte d'espions empoisonnés, vers l'Angleterre, avant peut-être de s'étendre demain à toute l'Europe.
Comment comprendre la coexistence au niveau mondial d'une euphorie économique et d'une dépression politique ? On remarquera que ce n'est pas la première fois. Toutes proportions gardées, la guerre de 1914 s'est déclarée après une longue phase de croissance économique en Europe. Cela signifie sans doute que les ressorts identitaires, que les conflits de valeurs peuvent à certains moments de l'Histoire être beaucoup plus puissants que le simple commerce. Il convient donc de leur porter grande attention en se gardant bien de croire que des intérêts économiques convergents produisent nécessairement des valeurs communes.
Très intéressant sujet de réflexion, quand on sent renaitre les tensions entre la Russie et le reste du monde ou quand on entend les menaces de guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Revenons d'abord sur les ressorts identitaires : sujet au coeur de la campagne présidentielle française et qui a eu un certain succès si j'en crois la création d'un ministère qui lui est dédié.
Les "ressorts identitaires", ces valeurs si souvent décriées, peuvent-elles réellement être exacerbées par la mondialisation et ses laissés-pour-compte ? Je crois me rappeler qu'en 1939, l'Allemagne était le premier partenaire commercial de la France. On ne peut nier qu'un mouvement identitaire existe en France et devient chaque jour plus puissant. Je dis mouvement identitaire pour ne pas dire nationalisme. Non. Cela ne se ferait pas, ce serait un gros mot. Je suis français de souche, j'aime mon pays, mais je suis véritablement scandalisé quand j'entends parler ici et là de la de ce qu'est être français aujourd'hui. Nous sommes tous français, nous sommes tous européens, nous sommes tous terriens. Quelques soient nos signes distinctifs (pour ne pas dire couleur de peaux, ça nous plus, cela ne se fait pas), nos croyances et nos origines. Certes les mentalités évoluent, mais on ne peut prédire les comportements de contemporains dont j'ai de plus en plus de mal à cerner les véritables intentions.
De nombreux auteurs de fictions clament que nous vivons notre meilleure période à l'heure actuelle. Personnellement, je considère que l'économie serait à même de régler tous les conflits et de mettre à plat les tensions : le plan Marshall vis à vis de l'Europe et son équivalent japonais, en sont les plus vifs représentants. Peut-elle en créer de nouvelles ? C'est, je dois dire, une question qui me tarraude, depuis quelques temps. La Chine m'inquiète tout particulièrement.
Rendez-vous compte ! Un pays non démocratique, responsable du massacre de millions de personnes et dont on vient d'apprendre qu'avec 1.200 milliards de dollars américains de trésorerie, elle serait prête à commencer à racheter des entreprises privées. A l'image, en réalité, de ce que réalisent les fonds de pensions américains, mais avec des moyens bien plus importants. Que penser de cela si ce n'est que demain peut-être, les entreprises privées françaises deviendront des entreprises publiques, mais chinoises. Il serait temps de règlementer un minimum l'espace économique chinois, car aucune entreprise ne pourra résister aux offres de la quatrième puissance mondiale.
Matthieu Barthalon
09:10 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : international, blog politique, barthalon
04.06.2007
Droit de suite...
Un ami, très sarkozyste, me repproche le racollage massif que je fais auprès d'amis que nous avons en commun. Voilà ma réponse :
Je ne pense avoir réellement discrédité Sarko en déclarant que voter UMP aux législatives, c'était lui donner 1,63 €, je remarquais juste quelque chose. Il est quasi-certain qu'on va avoir une vague bleue à l'Assemblée, c'est d'ailleurs une bonne chose car une cohabitation ne serait pas souhaitable dans l'intérêt de notre pays, une cohabitation gauche-droite, j'entends.
D'ailleurs la politique d'ouverture de "Nike" Sarkozy ne me dérange pas vraiment, Kouchner aurait vraisemblablement était à cette place sous la présidence de Bayrou, tout comme Hervé Morin (enfin lui, il m'a beaucoup déçu). Politique d'ouverture prôné à l'origine par Bayrou. Naturellement que je ne porterais pas de proçès d'intention : j'apprécie le fait que notre président se bouge pour l'Europe mais je suis affligé d'entendre que le futur président de TF1 sera l'ancien responsable audiovisuel de l'UMP et je reste très mitigé sur les directives de Brice Hortefeux, le ministre de l'immigration (tu remarques d'ailleurs, que quand on parle de lui, on oublie systématiquement le mot identité nationale, j'en suis le premier heureux, car ces deux mots ne vont pas ensemble, selon moi).
C'est ça le centre : le devoir de soutenir mais le droit de s'opposer.
Je ne pense sincèrement pas que le coup des 1,66 € (j'ai vérifié, je m'étais trompé) soit ridicule. Par contre, présenter sa famille (Catherine Broussot-Morin, Philippe Morin, Lisa Morin, Julien Morin, Micheline Morin) et encore son chauffeur, sa secrétaire et son attachée de presse sous l'égide du PSLE uniquement pour obtenir cet argent, je trouve cela ridicule. Car une des conditions est de présenter au moins 50 candidats !
De plus, en France, par le système de financement des partis politiques, les législatives sont le seul moyen d'avoir de l'argent ! Permet moi au moins que j'essaie d'orienter quelques poignées d'euros pour faire vivre mes idées ! Il y aura peu d'élus modem, mais il faut espérer que nous aurons un confortable trésor de guerre !
Tout ce que je sais c'est que pour rembourser, ne serait-ce que les intérêts de la dette française, il y part plus de 1 200 €uros de mes impôts. Et c'est notre fraichement nommé ministre du budget Eric Woerth qui déclare que l'"on peut s'autoriser une pause dans la baisse des déficits".
Enfin, n'oublie pas de voter dans la circonscription (1ère des Yvelines), si Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un confortable 35 % (47% à Versailles) à l'échelle de la circonscription, au premier tour, Bayrou est monté jusqu'à 25 % (22% à Versailles) ! Promis, je vais me battre ! :-D
Matthieu Barthalon
22:00 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : morin, hortefeux, bayrou, centre, yvelines, blog politique, barthalon









