La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

10.04.2007

Programme des petits

En sus des programmes des 4 "grands",j'ai quand même écrit quelques lignes sur les programmes des petits candidats, car la démocratie est une valeur qu'il faut cultiver afin de la faire jaillir de son terreau, resplendissante comme au premier jour.

 

 Gérard Schivardi se présente comme le candidat des maires, mais est soutenu par le parti des travailleurs, pour défendre les 36 000 communes françaises, les services publiques et la laïcité dans la république. Au coeur d'un programme de gauche, Gérard Schivardi se démarque par une volonté absolue de se défaire de l'Europe. Europe qu'il accuse de ruiner l'agriculture française, d'exonérer les multi-nationales d'impôts, de détruire les systèmes de santé publique et de s'en prendre au droit des femmes.
http://www.schivardi2007.com/

Philippe de villiers, président du Mouvement Pour la France, souhaite redonner le goût du travail en proposant plus de travail et moins d'impôts ainsi qu'une priorité aux produits français, le "100% français". Protection des entreprises, remettre la famille au coeur de l'éducation et promouvoir la culture française sont quelques unes de ces propositions qui sont axés très à droite, nottament avec une volonté de construire une Europe des nations sans contrainte de Bruxelles et sans la Turquie.
http://www.pourlafrance.fr/index.php

Olivier Besancenot, le candidat de la Ligue Communiste Révolutionnaire présente un programme 100% à gauche. Il souhaite défendre les intérêts des travailleurs et des classes populaires vis à vis du mouvement social-libéral. Il veut infliger des reculs considérables aux classes dominantes et inverser les politiques suivies depuis vingt ans par la gauche traditionnelle. Enfin, il lutte pour retrouver les véritables valeurs d'une France solidaire pour la défense des droits démocratiques et sociaux.
http://besancenot2007.org/index.php

Marie-Georges Buffet, la candidate PCF souhaite une nouvelle croissance en France et en Europe, pour assurer à chacun une sécurisation des parcours professionnels, des services publics élargis, la santé pour tous et gratuite et des retraites revalorisées. Enfin, la France et l’Europe doivent se mobiliser pleinement pour faire prévaloir un concept du développement solidaire et durable. L’aide publique au développement doit être accrue, réformée et définie en fonction des besoins.
http://www.pcf.fr/spip.php?page=sommaire

Frédéric Nihous, le candidat de Chasse, Pêche, Nature, et Traditions se présente comme le candidat de la ruralité en voulant notamment assurer la liberté de chasser et de pêcher. Mais il souhaite aussi réhabiliter une véritable politique de proximité, refuser une Europe libérale et instaurer une écologie incitative respectueuse de l'Homme. Il propose des services publiques partout et pour tous, une garantie du droit à la sécurité ainsi qu'un fondamental respect de nos traditions et cultures.
http://www.nihous2007.fr/

Dominique Voynet, la candidate des Verts, souhaite engager la conversion écologique de l'économie afin de diminuer notre empreinte écologique tout en créant des emplois durables. Elle veut une sécurisation des parcours professionnels, un rétablissement dela justice fiscale et une instauration de contributions généralisées sur la pollution. Enfin, elle soutient la création d'une ONU pour l'environnement ainsi qu'une Europe forte pour harmoniser les mesures écologiques et sociales.
http://projet.voynet2007.fr/

José Bové, leader de la confédération paysanne et tête de file de la gauche alter-mondialiste, souhaite une nouvelle Déclaration des droits qui réaffirmera les libertés et les droits sociaux fondamentaux. Il insiste sur la nécessité d’un engagement de l’Etat pour les mettre en oeuvre et assurer leur garantie pour tous et toutes. Il propose un véritable service public de l’environnement, doté de réels moyens et de compétences renforcées, qui viendra compléter les services publics spécialisés.
http://www.unisavecbove.org/

Arlette Laguiller, candidate depuis 1974 de Lutte Ouvrière, propose de donner aux travailleurs, aux consommateurs, aux usagers le droit et les moyens de connaître les finances des grandes entreprises industrielles, ceci afin de lutter contre le capitalisme et le chômage. Elle souhaite que le logement devienne être un service public, que la notion de rentabilité comptable soit supprimé pour les hôpitaux publics et qu'enfin soit supprimé tous types d'impôts pour les revenus les plus pauvres.
http://www.arlette-laguiller.org/

09.04.2007

Nicolas Sarkozy tel qu'il est (et pas par NSTV)...

En ce moment, on parle beaucoup des propos déplacés de l'ex-ministre de l'intérieur vis à vis de la pédophilie.

Je suis allé sur le blog du philosophe (http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/) avec qui il a discuté. Voici les impressions de son interlocuteur :

 

Le cerveau d'un homme de droite.

Le cerveau d’un homme de droite.

Portrait de Nicolas Sarkozy, acte 1.


De Boston (U.S.A.) mardi 3 avril, 16h00 heure locale.

La revue Philosophie magazine m’a demandé si, sur le principe, j’acceptais de rencontrer l’un des candidats à la présidentielles pour le questionner sur son programme culturel, son rapport aux choses de l’esprit ou sa relation à la philosophie. Dans la foulée de mon consentement, la rédaction m’a rappelé en me demandant si j’avais une objection contre Nicolas Sarkozy. Pas plus avec lui qu’avec un autre, j’aurais même consenti à Jean-Marie Le Pen tant l’approche de l’un de ces animaux politiques m’intéressait comme on visite un zoo ou un musée des horreurs dans une faculté de médecine. Ce fut donc Nicolas Sarkozy.
Il me paraît assez probable que son temps passé – donc perdu…- avec Doc Gynéco ou Johnny Hallyday le dispensait de connaître un peu mon travail, même de loin. Je comptais sur la fiche des renseignements généraux et les notes de collaborateurs. De fait, les porte plumes avaient fait au plus rapide : en l’occurrence la copie de mon blog consacrée à son auguste personne. Pour mémoire, son titre était : Les habits de grand- mère Sarkozy – j’y montrais combien le candidat officiel drapait ses poils de loup dans une capeline républicaine bien inédite …
Je me trouvais donc dans l’antichambre du bureau de la fameuse grand mère Sarkozy, place Beauvau, en compagnie de deux compères de la rédaction de la revue et d’un photographe qui n’en revenaient pas de se retrouver dans cette géographie de tous les coups fourrés de la République. Epicentre de la stratégie et de la tactique politique policière, espace du cynisme en acte, officine du machiavélisme en or d’Etat, et portraits des figures disciplinaires de l’histoire de France représentées en médaillons d’austères sinistres.
Arrivée du Ministre de l’intérieur avec un quart d’heure d’avance, il est 17h00 ce mardi 20 février. Début houleux. Agressivité de sa part. Il tourne dans la cage, regarde, jauge, juge, apprécie la situation. Grand fauve blessé, il a lu mes pages de blog et me toise – bien qu’assis dans un fauteuil près de la cheminée. Il a les jambes croisées, l’une d’entre elles est animée d’un incessant mouvement de nervosité, le pied n’arrête pas de bouger. Il tient un cigare fin et long, étrange module assez féminin. Chemise ouverte, pas de cravate, bijoux en or, bracelet d’adolescent au poignet, cadeau de son fils probablement. Plus il en rajoute dans la nervosité, plus j’exhibe mon calme.
Premier coup de patte, toutes griffes dehors, puis deuxième, troisième, il n’arrête plus, se lâche, agresse, tape, cogne, parle tout seul, débit impossible à contenir ou à canaliser. Une, deux, dix, vingt phrases autistes. Le directeur de cabinet et le porte-plume regardent et écoutent, impassibles. On les imagine capables d’assister à un interrogatoire musclé arborant le même masque, celui des gens de pouvoir qui observent comment on meurt en direct et ne bronchent pas. Le spectacle des combats de gladiateurs.
Je sens l’air glacial que transportent avec eux ceux qui, d’un geste du pouce, tuent ou épargnent. Poursuite du monologue. Logorrhée interminable. Vacheries lancées comme le jet de fiel d’une bile malade ou comme un venin pulsé par le projet du meurtre. Hâbleur, provocateur, sûr de lui en excitant l’adversaire à se battre, il affirme en substance  : « Alors, on vient voir le grand démagogue alors qu’on n’est rien du tout et, en plus, on vient se jeter dans la gueule du loup… » !
Je fais une phrase. Elle est pulvérisée, détruite, cassée, interdite, morcelée : encore du cynisme sans élégance, toujours des phrases dont on sent qu’il les souhaiterait plus dangereuses, plus mortelles sans parvenir à trouver le coup fatal. La haine ne trouve pas d’autre chemin que dans cette série d’aveux de blessure. J’avance une autre phrase. Même traitement, flots de verbes, flux de mots, jets d’acides. Une troisième. Idem. Je commence à trouver la crise un peu longue. De toute façon démesurée, disproportionnée.
Si l’on veut être Président de la République, si l’on s’y prépare depuis le berceau, si l’on souhaite présider les destinées d’un pays deux fois millénaires et jouer dans la cour des grands fauves de la planète, si l’on se prépare à disposer du feu nucléaire, si l’on s’expose depuis des années en s’invitant tous les jours dans les informations de toutes les presses, écrites, parlées, photographiées, numérisées, si l’on mène sa vie publique comme une vie privée, et vice versa, si l’on aspire à devenir le chef des armées, si l’on doit un jour garantir l’Etat, la Nation, la République, la Constitution, si, si, si, alors comment peut on réagir comme un animal blessé à mort, comme une bête souffrante, alors qu’on a juste à reprocher à son interlocuteur un blog confidentiel peu amène , certes, mais inoffensif ?
Car je n’ai contre moi, pour justifier ce traitement disproportionné , que d’avoir signalé dans une poignée de feuillets sur un blog , que le candidat aux présidentielles me semblait très récemment et fort fraîchement converti à De Gaulle, au gaullisme, à la Nation, à la République, que ses citations de Jaurès et Blum apparaissaient fort opportunément dans un trajet d’une trentaine d’années au cours desquelles ces grands noms étaient introuvables dans ses interventions , questions qui, au demeurant, rendaient possible un débat, et que c’était d’ailleurs pour ces raisons que nous étions là, Alexandre Lacroix, Nicolas Truong et moi….
Cette colère ne fut stoppée que par l’incidence d’une sonnerie de téléphone portable qui le fit s’éloigner dans la pièce d’à côté. Tout en se déplaçant, il répondait avec une voix douce, tendre, très affectueuse, avec des mots doux destinés très probablement à l’un de ses enfants. Le fauve déchaîné tout seul devenait un félin de salon ronronnant de manière domestique. En l‘absence du ministre, je m’ouvre à mes deux comparses en présence des deux siens et leur dit que je ne suis pas venu pour ce genre de happening hystérique et que j’envisage de quitter la place séance tenante…
J’étais venu en adversaire politique, certes, la chose me paraissait entendue, et d’ailleurs plutôt publique, mais ceci n’excluait pas un débat sur le fond que je souhaitais et que j’avais préparé en apportant quatre livres enveloppés dans du papier cadeau ! Quiconque a lu Marcel Mauss sait qu’un don contraint à un contre don et j’attendais quelque chose d’inédit dans ce potlatch de primitifs post-modernes …
Vaguement liquéfié, et sibyllin, le tandem de l’équipe de Philosophie magazine voyant leur scoop s’évaporer dans les vapeurs du bureau propose, dès le retour du Ministre, que nous passions à autre chose et que j’offre mes cadeaux… Je refuse en disant que les conditions ne sont pas réunies pour ce genre de geste et que, dans tous les sens du terme, il ne s’agit plus de se faire de cadeaux.
« Passons alors à des questions ? A un débat ? Essayons d’échanger ? » tentent Alexandre Lacroix et Nicolas Truong. Essais, ébauche. En tiers bien à la peine, ils reprennent leurs feuilles et lancent deux ou trois sujets. La vitesse de la violence du ministre est moindre, certes, mais le registre demeure : colère froide en lieu et place de la colère incandescente, mais colère tout de même.
Sur de Gaulle et le gaullisme récent, sur la Nation et la République en vedettes américaines – disons le comme ça…- de son discours d’investiture , sur la confiscation des grands noms de gauche, sur l’Atlantisme ancien du candidat et son incompatibilité avec la doctrine gaullienne, le débat ne prend pas plus . Il m’interpelle : « quelle est ma légitimité pour poser de pareilles questions ? Quels sont mes brevets de gaullisme à moi qui parle de la sorte ? Quelle arrogance me permet de croire que Guy Môcquet appartient plus à la gauche qu’à la France ? ». Donc à lui…
Pas d’échanges, mais une machine performante à récuser les questions pour éviter la franche confrontation. Cet homme prend toute opposition de doctrine pour une récusation de sa personne. Je pressens que, de fait, la clé du personnage pourrait bien être dans l’affirmation d’autant plus massive de sa subjectivité qu’elle est fragile, incertaine, à conquérir encore. La force affichée masque mal la faiblesse viscérale et vécue. Aux sommets de la République, autrement dit dans la cage des grands fauves politiques, on ne trouve semble-t-il qu’impuissants sur eux-mêmes et qui, pour cette même raison, aspirent à la puissance sur les autres. Je me sens soudain Sénèque assis dans le salon de Néron…
Habilement, les deux compères tâchent de reprendre le cours des choses, d’accéder un peu aux commandes de ce débat qui n’a pas eu lieu et qui, pour l’instant, leur échappe totalement. De fait, l’ensemble de cette première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d’un être perdu corps et âme dans une danse de mort autour d’une victime émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d’autre des deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand moment de transe chamanique dans le bureau d’un Ministre de l’intérieur aspirant aux fonctions suprêmes de la République ! Odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressemble à la terre battue jonchées d’immondices après une cérémonie vaudoue…
Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité, donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique disciplinaire : la sienne . Nicolas Sarkozy parle d’une visite faite à la prison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière nous. Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme, justement, autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait le geste d’un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du mal comme d’une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les viscères de l’être.
Je crois comprendre qu’il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.
A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour.
Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l’Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d’une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles. Où l’on voit comment la pensée de droite s’articule à merveille avec l’outillage métaphysique chrétien : la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité, les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la damnation, la rédemption, l’enfer, le paradis, la prison, la légion d’honneur, etc.
J’avance l’idée inverse : on ne choisit pas, d’ailleurs on a peu le choix, car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne naît pas ce que l’on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques, historiques, géographiques ? Rien n’y fait. Il affirme : «  J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ». « Génétiquement » :  une position intellectuelle tellement répandue outre-Atlantique  !
La génétique, l’inné, contre le social et l’acquis ! Les vieilles lignes de partage entre l’individu responsable de tout, la société de rien qui caractérise la droite, ou la société coupable de tout, l’individu de rien, qui constitue la scie musicale de la gauche … Laissons de côté la théorie. Je passe à l’exemple pour mieux tâcher de montrer que le tout génétique est une impasse autant que le tout social. Face à cet aveu de lieu commun intellectuel, je retrouve naturellement les techniques socratiques du lycée pour interpeller, inquiéter et arrêter l’esprit, capter l’attention de mon interlocuteur qui, de fait, semble réellement désireux d’avancer sur ce sujet.
J’argumente :   Lui dont chacun sait l’hétérosexualité – elle fut amplement montrée sur papier couché, sinon couchée sur papier montré…-, a-t-il eu le choix un jour entre son mode de sexualité et un autre ? Se souvient-il du moment où il a essayé l’homosexualité, la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie afin de décider ce qui lui convenait le mieux  et d’opter, finalement, et en connaissance de cause, pour l’hétérosexualité ? Non bien sûr. Car la forme prise par sa sexualité est affaire non pas de choix ou de génétique, mais de genèse existentielle. Si nous avions le choix, aucun pédophile ne choisirait de l’être…
L’argument le stoppe. Il me semble qu’à partir de ce moment, le candidat aux présidentielles, le ministre de l’intérieur, l’animal politique haut de gamme laisse le pas à l’homme, fragile, inquiet, ostensiblement hâbleur devant les intellectuels, écartant d’un geste qui peut être méprisant le propos qui en appelle aux choses de l’esprit, à la philosophie, mais finalement trop fragile pour s’accorder le luxe d’une introspection ou se mettre à la tâche socratique sans craindre de trouver dans cette boîte noire l’effroyable cadavre de son enfance.
Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi absurde que la phrase de Socrate «  Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l’Etat, puissent gouverner celui qui règne !
Lors de sa parution, j’avais lu Le pouvoir et la vie de Valéry Giscard d’Estaing qui racontait ses crises d’angoisse, ses inhibitions le paralysant dans son véhicule militaire de parade le 14 juillet sur les Champs Elysées, ses prétextes pour quitter le conseil des ministres afin de subir une injection de calmant, son désir de se faire psychanalyser (par Lacan !) pendant son septennat, etc. Je me souvenais de confidences faites par tel ami bien informé sur l’état psychique fort peu reluisant de Jacques Chirac après la dissolution et sur le type de traitement psy qu’il suivait à cette époque. Je me rappelais la fin d’un François Mitterrand , entre voyantes et reliques de sainte Thérèse, invocations des forces de l’ esprit , croyance en l’ au-delà et abandon aux médecines de perlimpinpin.
Et je voyais là, dans le regard devenu calme du fauve épuisé par sa violence, un vide d’homme perdu qui, hors politique, se défie des questions car il redoute les réponses, et qui, dès qu’il sort de son savoir faire politicien, craint les interrogations existentielles et philosophiques car il appréhende ce qu’elles pourraient lui découvrir de lui qui court tout le temps pour n’avoir pas à s’arrêter sur lui-même.
Les soixante minutes techniquement consenties s’étaient allongées d’une trentaine d’autres. Les deux rôles en costumes qui le flanquaient jouaient le sablier. Je trouvais l’heure venue pour offrir mes cadeaux. Au ministre de l’intérieur adepte des solutions disciplinaires : Surveiller et punir de Michel Foucault ; au catholique qui confesse que, de temps en temps, la messe en famille l’apaise : L’Antéchrist de Nietzsche ; pour le meurtre du père, le chef de la horde primitive : Totem et tabou de Freud ; pour le libéral qui écrit que l’antilibéralisme c’est  « l’autre nom du communisme » ( il dit n’avoir pas dit ça, je sors mes notes et précise le livre, la page…) : Qu’est-ce que la propriété ? de Proudhon. Comme un enfant un soir de Noël, il déchire avidement. Il ajoute : «  j’aime bien les cadeaux ». Puis : «  Mais je vais donc être obligé de vous en faire alors ? »… Comme prévu.
Dans l’entrebâillement de la porte de son bureau, la tension est tombée. Qui prend l’initiative de dire que la rencontre se termine mieux qu’elle n’a commencé ? Je ne sais plus. Il commente : «  Normal, on est deux bêtes chacun dans notre genre, non ? Il faut que ça se renifle des bêtes comme ça… ». Je suis sidéré du registre : l’animalité, l’olfaction, l’odorat. Le degré zéro de l’humanité donc. Je le plains plus encore. Je conçois que Socrate le plongerait dans des abîmes dont il ne reviendrait pas… Du moins : dont l’homme politique ne reviendrait pas. Ou, disons le autrement : dont l’homme politique reviendrait, certes, mais en ayant laissé derrière lui sa défroque politique pour devenir enfin un homme.
Alors que ses cerbères le prennent presque par la manche, il manifeste le désir de continuer cette conversation, pour le plaisir du débat et de l’échange, afin d’aller plus loin. Tout de go, il me propose de l’accompagner, sans journalistes – il fait un mouvement de bras dans la direction des comparses de Philosophie magazine comme pour signifier leur congé dans un geste qui trahit ce qu’il pense probablement de toute la corporation… Je refuse. Une autre fois ? Les deux amis ont leurs deux paires d’yeux qui clignotent comme des loupiotes…Voyons donc pour plus tard… Dernier mot de Nicolas Sarkozy en forme de lapsus, il est mouvement vers la sortie : «  Je suis quand même un drôle de type, non ? Je dois convaincre soixante-cinq millions de français, et je vous dis, là, que je voudrais continuer la conversation ! Hein ? Non ? Il n’y a pas autre chose à faire ? Quand même… ». Soixante-cinq millions c’est le nombre des français à convaincre d’amour, pas celui des électeurs à convaincre de voter…
(A suivre...)


Ensuite, seconde partie :

L'hémisphère gauche d'un cerveau de droite.

L’hémisphère gauche d’un cerveau de droite.
Portrait de Nicolas Sarkozy.

Acte 2.

Cambridge, (USA), vendredi 6 avril 2007, 10h10 heure locale.

Rendez-vous fut donc pris pour une seconde séance. Elle eut lieu au même endroit le Jeudi 1° mars. J’arrive donc à huit heures du matin, place Beauvau, avec mes trois acolytes. Apparemment, Nicolas Sarkozy n’avait pas prévu que je revienne accompagné et m’attendait pour un petit déjeuner en tête à tête … De bonne grâce, il fait ajouter trois couverts par un personnel très balzacien dans le costume et la scénographie.
Nous ne parlons pas de sujets qui fâchent – politique, gaullisme, libéralisme, religion, présidentielles, ministère de l’intérieur- et commençons de plain pied avec Sénèque qu’un ami – probablement de qualité…- lui a conseillé de lire au moment de sa traversée du désert après l’aventure du soutien à Edouard Balladur. Je tiens, de fait, les Lettres à Lucilius pour un immense livre pas si éloigné de ça de l’épicurisme et sûrement pas aussi caricatural à l’endroit de la philosophie d’Epicure que le rabâche la vulgate stoïcienne.
Je conçois que ce livre puisse produire les meilleurs effets sur un homme du commun, mais sur un homme qui évolue dans les couloirs des officines les plus élevées de la République, je suis curieux de l’effet. Car on oublie cette vérité élémentaire que, derrière l’icône médiatique, la caricature journalistique, la réduction de l’image publique, les clichés qui constituent l’occasion d’une réputation, bonne ou mauvaise, les images qui amplifient l’amour des conquis ou développent la haine des opposants, il existe un homme de chair et d’os, d’âme et de peur, d’angoisses et de faiblesses, de fragilités et de névroses, un être qui entretient avec les fantômes de son enfance et les spectres de sa mort, ou de celle des êtres qui comptent pour lui, une relation intime dans laquelle tout est dit, mais codé, transfiguré par un inconscient qui enterre tout cela, ne laissant dépasser de temps en temps que des morceaux d’os et des fragments d’âme .
Sénèque ou l’art de vivre avec, de composer avec les coups du destin, de transformer les échecs (politiques) en succès (existentiels), de rencontrer l’essentiel en face, sans fioritures, sans les emballages mensongers des palais du pouvoir ; Sénèque ou les rendez-vous avec la mort, la douleur, la souffrance, le temps qui passe ; Sénèque et l’amitié ; Sénèque ou l’essentiel après quoi la philosophie morale peut plier bagages pour un long temps ; Sénèque et Néron, aussi. Je suis dans le bureau du Ministre de l’Intérieur… Le Ministre, le pouvoir, l’ingratitude.
Je sens la douleur de cette période - où, dit il, il était « redescendu tout en bas » - dans son existence : il n’aime pas les échecs, lui moins qu’un autre. Il affirme faire de la politique pour être aimé. « Comme tout le monde dit-il, parce que tout le monde a envie d’être aimé ». Etrange d’avoir choisi la politique, un monde en noir et blanc où l’on aime si peu, et où l’on déteste tant, même et surtout avec les protagonistes de son propre camp. En politique, il n’y a que des alliances opportunistes, des amitiés de tactique, des liaisons de stratégie aussi vite conclues que dénoncées.
Dans cet univers vipérin, chacun cache une dague dans sa manche et l’on n’est jamais poignardé que par ses plus proches – ici comme ailleurs. Faire de la politique pour être aimé est une étrange démarche, car, dans ce bassin de murènes, on récolte bien plus souvent la haine, le mépris, la détestation dans ce monde ci que dans d’autres où, pourtant, les passions tristes font aussi la loi. Je ne crois donc pas Nicolas Sarkozy quand il avance cette idée écran : la politique pour être aimé….
A l’évidence, quelque chose d’autre se cache derrière ce paravent. Car l’exercice politique haut de gamme, à ces niveaux de dangerosité psychiatrique, a plus à voir avec la quête d’une puissance défaillante qu’avec un besoin d’amour, elle parait plus en phase avec un manque de soi plus qu’avec une envie d’exister dans le regard aimant d’autrui . Un freudien verrait probablement dans cette tyrannie de la puissance défaillante - qui architecture une existence toute entière- un écho à la castration, donc la menace d’une ombre du père – du géniteur, père réel, aux modèles politiques, pères symboliques, évidemment.
Belles lumières dans le jardin du Ministère. Des immeubles autour, paisibles, calmes, avec vue plongeante sur le carré de pelouse, les arbres et un panier de basket accroché à l’un d’entre eux- un morceau de vie dans un bunker de la nation. Une antenne immense avec des câbles qui arriment l’ensemble au sol : le totem des communications de la police française. La voix des Fouché et de ses comparses d’aujourd’hui partant codée, cryptée, porter la bonne nouvelle policière dans tous le pays.
Beaux produits, bonne cuisine sur la table du petit déjeuner. Service impeccable. Œufs au plat, jus d’orange, café, pain grillé, confitures… Non loin, en face du bureau, une table avec la presse du jour et les quotidiens. Derrière le fauteuil du ministre, une horloge à affichage numérique (la même tuait le temps avant le changement de millénaire sur la façade de Beaubourg pendant des mois…) décompte compulsivement les heures, les minutes, les secondes qui (nous) séparent des élections… Le Ministre, le pouvoir, l’angoisse.
Le sablier post-moderne en instrument de Vanité, voilà probablement un indice sur l’âme de l’homme qui court après le temps, que le présent n’intéresse qu’en regard du futur, de l’avenir, de demain. Incapable de jouir de l’instant, il semble toujours le sacrifier pour un temps à venir. Il confie que, depuis toujours, ce qui l’intéresse c’est l’étape suivante : «  Quand j’étais jeune militant, au fond de la salle, je voulais être devant. Quand j’étais devant, je voulais être sur la scène. Quand j’étais sur la scène, je voulais être à la tribune. Quand je me suis trouvé à la tribune, j’ai eu envie de plus, de mieux, de la marche d’après. Je suis fait comme ça… ». Le Ministre, le pouvoir, la solitude.
Je me prend à penser : mais que peut désirer ensuite cet homme s’il est élu président de la République, sinon sa réélection ? Et après une éventuelle réélection ? Dès lors la République, la Nation, l’Etat, le bien public, l’intérêt général, la France, le drapeau, et autres personnages fantoches de la pièce de théâtre qui se joue nationalement, tout cela compte pour bien peu, sinon rien . La politique cache de petites histoires psychiques, elle dissimule les micros aventures de l’inconscient d’un homme seul, fragile, inachevé, mutilé, souffrant. La course à la présidence de la République n’est pas seulement une affaire politique, mais aussi (et surtout ?) une logique thérapeutique, une cure sur le divan, une plainte mal contenue débordant sur tout le pays pris en otage de ce traitement . Plainte de douleur muette, de souffrance silencieuse, mais néanmoins réelles…
Nous parlons d’Albert Cohen. Je tiens Belle du seigneur pour un très grand livre dans l’histoire universelle de la littérature. Il acquiesce, confirme et détaille son plaisir à lire le monologue d’Ariane au bain, mais précise qu’il préfère Le livre de ma mère… Première phrase de ce livre : «  Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte ». Le Ministre, l’amour, la mère.
Il embraye sur Yasmina Reza, raconte comme elle est venue le trouver pour écrire sur lui et suivre sa campagne. Comment il a donné son accord pourvu qu’elle ne pose aucune question. Confirmé qu’en cas d’accord, il lui laisserait libre accès à ses archives. « Si je gagne, ce sera le roman du couronnement, de l’apothéose. Si je perds, celui du tragique. Dans les deux cas, ça fait une histoire intéressante ». Le Ministre, l’écrivain, le roman- et ses personnages…
Il parle de Dans la luge de Schopenhauer, sa dernière pièce, avoue préférer Le dieu du carnage ( vue avant de faire la connaissance de son auteur) dans laquelle une scène met en présence un couple, lui à terre, roulé en boule, comme un chien, au pied de sa femme. Il lui demande s’il l’aime encore, elle touche du bout du pied l’homme avachi. On ne sait si elle va lui donner un coup ou pas… Racontant cette scène, son visage quintessencie l’angoisse qu’il incarne à cet instant… Regard d’enfant angoissé. Je sens que cet homme a vibré à la théâtralisation de cette situation existentielle dans laquelle il a dû probablement se trouver, l’inconscient fouaillé. Le Ministre, l’amour, la femme.
Sur la souffrance – celle du Ministre ayant misé sur le mauvais cheval présidentiel, celle de l’homme amoureux d’une femme qui a peut-être eu besoin du corps d’un tiers pour affirmer son amour à l’homme de sa vie -, il énonce une vérité stoïcienne : la réalité de la douleur est moins douloureuse que la peur de la douleur. On sent la découverte vécue et la quiétude suivant la trouvaille, comme un enfant ravi du bonheur d’une paix conquise. Celui qui rit de Socrate jouit de ses trouvailles socratiques. Tant mieux pour lui ; tant mieux pour Socrate.
Il avoue ne pas aimer attendre, être pressé, il apprécie les passions fortes, les sensations et les émotions denses, il veut mille vies dans une, la sienne. Je comprends cette façon de voir les choses, car je suis dans le même état d’esprit. Mais lui dans l’inquiétude dispersée, moi dans la quiétude concentrée. Lui, intranquille éparpillé dans les fragments, moi tranquille dans le grand tout. Lui nerveux sans cesse, moi serein tout le temps. Lui n’aimant pas l’introspection, la philosophie, Socrate, moi ayant construit ma vie sur cette discipline, et avec elle, comme une ascèse, depuis des années, puis acquis mon équilibre de haute lutte tant mon départ dans la vie fut contemporain de cauchemars qui rendaient très improbable une vie heureuse.
Sentant probablement mon accord avec lui sur la jubilation dans l’exercice de ces vitesses existentielles, il me demande : « vous êtes comme ça vous aussi, non ? ». J’acquiesce. Il ajoute : «  Je m’en doutais. J’ai le regret de vous dire qu’on pourrait partir en vacances ensemble ! ». Suivent des considérations qui, à propos des complicités de personnes, écartent la politique et mettent au centre le « style »… Comment ne pas être d’accord  ? Le style, autrement dit, la petite musique reconnaissable, le ton, le tempérament, le caractère, la façon, le mode d’être, l’existence impossible à dupliquer , la singularité, la subjectivité – hors réputation, cet inévitable malentendu .
Je m’arrête sur cette idée étonnante : partir en vacances avec Nicolas Sarkozy ! Un instant, je me suis vu dans un décor de rêve, un endroit méditerranéen, mer et soleil, ciel insolemment bleu et chaleur estivale, certes, mais avec un entourage cauchemardesque : sur la terrasse matutinale, André Glucskmann reprend de la confiture, Pascal Bruckner lui demande le pot, Doc Gynéco se verse du café, Christine Angot attend son tour pour le pain grillé, Alain Minc demande du Nutella, Johnny Hallyday a la bouche pâteuse, et l’on attend le passage de BHL qui rentre du Darfour et repart à Marrakech… Je sens que cette idée de vacances est un piège, non qu’il me le tende à dessein, - du moins je ne le crois pas, je l’imagine sincère à ce moment…- mais parce que cet entretien, si Philosophie magazine conserve ce moment-là, ne sera probablement vu et lu que par le prisme de cette invite en forme de boutade.
Je me réveille un peu, n’étant guère du matin. Le rêve des vacances devenu cauchemar m’a sorti du brouillard… Dehors les bruits de la ville, l’activité du monde, la rumeur de Paris. Le petit déjeuner se poursuit dans le calme. Finies la nervosité et l’agressivité des premiers moments de la semaine précédente, finis les gestes qui trahissaient la contrariété, l’agressivité, l’agitation. Dans ce bureau du ministre de l’intérieur, dans cet emploi du temps de candidat aux présidentielles, de patron d’une formation politique de droite majoritaire, nous parlons de Cohen et Rabelais, de Céline et Schopenhauer, de Sénèque et Shakespeare… Inattendu.
Et puis ce moment où tout bascule, où je crois comprendre ce qui fait le grand fauve en politique, ce point commun à tous les gens de pouvoir, droite et gauche confondues, pourvu qu’ils soient dans des partis à même de se trouver effectivement aux affaires : le mépris des lois, l’envie d’occuper un poste, le plus important possible, qui rende possible ce mépris au quotidien, et pour longtemps, car il n’y a au pouvoir que gens sans foi ni loi. Ou du moins pour qui il n’existe qu’une foi et qu’une loi : Soi.
Le Ministre de l’Intérieur, celui qui veille au respect de l’ordre, de la Loi, celui qui fait respecter la conformité de l’action publique au contrat républicain et aux règles constitutionnelles en disposant du pouvoir de mettre en branle la force publique, celui qui a les moyens d’activer par la voie disciplinaire et policière la répression de tout ce qui (lui) semble un désordre, cet homme là, donc, dans son bureau Place Beauvau, fait l’éloge de la transgression…
Voici ses propos : « Je pense que l’on se construit en transgressant, qu’on crée en transgressant. Moi-même j’ai créé mon personnage en transgressant certaines règles de la pensée unique. Je crois en la transgression. Mais ce qui me différence des libertaires (dont j’avais pris soin de lui dire que c’était ma famille), c’est que pour transgresser il faut qu’il y ait des règles ! Il faut qu’il y ait de l’autorité, il faut qu’il y ait des lois. L’intérêt de la règle, de la limite, de la norme, c’est justement qu’elles permettent la transgression. Sans règles, pas de transgression. Donc pas de liberté. Car la liberté, c’est transgresser ». Sidérant : la saillie mérite une note sur sa fiche aux renseignements généraux…
J’ai souvent entendu d’anciens gauchistes devenus chrétiens (Philippe Sollers, Jacques Henric, Guy Scarpetta et une partie de la bande d’Art-Press, dont Catherine Millet) défendre Jean-Paul II d’une main et Sade dans l’autre, célébrer les vertus de l’église catholique, apostolique et romaine en même temps que les bordels, les hôtels de passe, les filles du trottoir, les cérémonies sado-masochistes. Ceux-là communient en Georges Bataille qui fut, ontologiquement, le paradoxal défenseur de l’ordre répressif afin de pouvoir le transgresser, puis de jouir de cette transgression. Sade, Bataille, Sarkozy, mêmes combats ?
D’une part l’ordre, la loi, le pouvoir, la norme, le code pénal, la police, la réglementation, la discipline, l’autorité, la force, le Ministère de l’intérieur, d’autre part la négation de tout cela : la liberté entendue comme la licence, la possibilité de faire ce que l’on veut, quand on veut, comme on veut, sans jamais avoir de comptes à rendre à personne. Quelle meilleure place pour un tempérament rebelle aux lois que celle de chef de la police nationale ? Ou pour un individu désireux de s’affranchir et de tuer le Père que celle de patron des forces de l’ordre ? Pour l’ennemi des lois, quel poste plus stratégique que celui de gardien de la loi ? Exercer le pouvoir, c’est être sûr de disposer de l’impunité. Etre au sommet, c’est n’avoir personne au-dessus de soi.
Le Roi n’a que des sujets. Il ne rend donc de comptes qu’aux principes, aux grands et gros mots, autrement dit, à la Loi qu’un subterfuge verbal républicain identifie à la volonté générale, donc à la souveraineté populaire qui a le bon goût de ne jamais demander de comptes . Des comptes que, de toute façon, on ne lui donnerait pas… Au dessus de soi, la Loi sur laquelle on peut s’asseoir. A quoi sert un trône sinon ?
Nous allions vers la fin de notre entretien. J’étais le libertaire qui défend la loi, il était le disciplinaire qui célébrait la transgression ! Le ministre de l’intérieur ne trouvait aux règles qu’une bonne raison d’exister : la possibilité de les ignorer ; le philosophe nietzschéen parlait pour peu d’interdits, mais pour des interdits majeurs, fondateurs de communautés qui, sinon, deviennent impossibles. Et le premier n’excluait pas de partir en vacances avec le second.- qui, lui, n’envisageait pas la chose… Le monde à l’envers !
Les sabliers vinrent rappeler au candidat qu’il avait autre chose à faire que discuter et tirer des plans sur la comète philosophique. Je me souvenais que, dans le courant de la conversation, il avait affirmé, lorsque nous parlions d’Albert Cohen et d’amour, que le désir d’une chose est plus fort que sa réalisation. Savait-il qu’en affirmant : le désir ne tient jamais ses promesses, rien n’interdisait qu’on pense aussi au désir d’être sur la marche du dessus, celle qui le fascine tant, autrement dit de son envie viscérale d’être Président de la République ?
Aveu, clin d’œil, lapsus, soulèvement d’une partie du voile ? Morceau d’inconscient voguant sur l’océan noir comme un bloc de glace à la dérive ? Hameçon ? Dérapage qui livre une clé majeure ? L’horloge continuait à tuer le temps qui le sépare du résultat de la consultation nationale. La lumière devenait moins douce, plus pure, le jour se levait, la matinée s’entamait, il était neuf heures passées. Dans l’embrasure de la porte, il me confie le plaisir qu’il a eu à ces conversations. Sans sourciller, le plus sérieusement du monde, il ajoute : «  vous viendrez me voir quand je serai en face »… Nouvelle sidération !
Dix minutes plus tard, sur le trottoir justement en face de l’Elysée, à quelques pas des grilles du ministère, j’attends pour laisser passer probablement sa voiture blindée qui sort. Couleur sombre, verre fumé. Une voiture grise du ministère de l’intérieur devant, la même derrière. Le cortège glisse, passe, part. Probablement pour le meeting du soir à Bordeaux. Ou pour ailleurs, avant. Dans son bureau, il y a Proudhon et Nietzsche, Foucault et Freud qu’il ne lira probablement pas. Peut-être déjà dans une poubelle, ou offerts, ou je ne sais quoi d’autre – des cadeaux pour la retraite de Chirac...
J’ai de la compassion - de la « tendresse de pitié » écrirait Albert Cohen- pour un être qui se détourne autant de lui-même, qui déteste son enfance, qui rit du projet de Socrate, qui veut toujours être dans un temps qui n’existe pas et qui, pour ce faire, piétine son présent avec la même ardeur qu’il foule son passé lointain ; j’ai de la compassion pour cet individu qui voudrait tellement être aimé et, maladroit, se fait tant détester ; j’ai de la compassion pour cet homme blessé qui croit pouvoir panser ses plaies avec les fétiches de la puissance ; j’ai de la compassion pour cet homme fragile qui sur joue tellement la force ; j’ai de la compassion pour cet homme qui n’échappera pas à lui-même : qu’il soit un jour Président de la République, ou qu’il ne le soit pas. L’air était frais, la lumière rasante, le soleil cru, les ombres humides. Je n’aurais pas échangé une seconde de sa vie pour une seconde de la mienne…


C'est en effet, long à lire, mais on apprend beaucoup de choses sur l'homme (Sarkozy). Je pense cependant qu'il faut réussir à faire la part des choses, car, et il le précise lui même, Michel Onfray  n'est pas un fier partisan du candidat UMP.

Présidentielles sur internet

    Un autre article que l'un des rédacteurs a écrit porte sur la présence d'internet dans la présidentielle. Cette élection a, en effet, vu l'avènement du net dans la campagne. On se rappelle les scandales qui sont arrivés par le net. On peut même rajouter en ultime final  (ou pas, dieu sait ce que nous réserve les 4 prochaines semaines...), la proposition de François Bayrou d'organiser un débat sur internet, en faisant fi des médias traditionnels

 

 

La course à la présidentielle de 2007 est sans cesse couverte par les média traditionnels, mais cette élection est marquée par le poids important pris par internet.

Les grands du web ce sont tous mis à l’heure de la politique. Yahoo, msn, mais aussi le portail citoyen Agoravox couvrent les présidentielles en direct.

En effet, grâce au web, et notamment depuis le mouvement dit web 2.0, les internautes se sont appropriés la campagne. La diffusion de vidéos politiques via Youtube ou Dailymotion, le citoyen a repris la parole grâce à internet, et espère généralement se faire entendre et débattre. La propagation de vidéos volées via la blogosphère, ensuite relayées par les chaines télévisées, sont un exemple du pouvoir qu’à pris internet dans la campagne.

Les initiatives sont nombreuses. En témoigne le site commentonfait.fr qui permet à chacun de suivre les propositions et promesses des candidats, et d’amener des réponses concrètes et constructives pour les mettre en pratique. Mis en place par le journaliste Alexandre Jardin, ce site servira à remettre au nouveau président un livre avec les propositions des internautes.

Les candidats ont mesurés l’importance de ce nouveau vecteur de communication, et ils possèdent tous leur site internet ou leur blog. Ils permettent de suivre l’actualité du candidat, ses propositions et son programme, et souvent de participer à des débats.

Les initiatives pour convaincre l’internaute se multiplient. Les militants envahissent la toile avec des sites de supporters, des blogs politiques, des commentaires qui fusent sur les forums, articles et débats. Plus original, le parti socialiste, l’UMP, le FN mais aussi l’UDF sont tous présents sur Second Life qui s’anime de débats houleux entre les divers sympathisants.

Il faut toutefois relativiser l’impact du web dans la campagne. Bien qu’il ait pris un poids important dans la campagne, il ne se place pas au niveau des médias traditionnels, mais les complète. L’influence de la télévision, des journaux et des radios restent encore puissante, le succès des dernières émissions politiques en témoigne. Internet devient dans la campagne une base active permettant de vérifier, de comparer, et de confirmer ses pensées.

 

Julien C.


 

06.04.2007

"Sarkozy voit loin"

J'aime beaucoup lire la presse en général.

 Grâce à mon école j'ai accès au Monde, au Figaro, aux Echos et à La Croix. De par le fait que je doive prendre les transports en commun, je prend régulièrement 20 minutes, Métro et Matin Plus.

Même si, parmi les gratuits, 20 minutes a ma préférence, on peut dénicher quelques perles chez les autres. Regardez ce que j'ai lu ce matin dans Métro : 

 

Sarkozy voit loin

 Par Pierre-Marie Vidal, directeur de la rédaction de Profession politique

    Sarkozy déjà en campagne de second tour ! Devant son comité politique, le candidat de l'UMP a dévoilé quelques pans encore confidentiels de la campagne de l'après 22 avril. Une nouvelle affiche sera imprimée avec une photo du président de l'UMP en col de chemise, souriant, sur fond de pelouse. "On remettra les compteurs à zéro, ce sera une nouvelle campagne, avec des nouveaux thèmes et des nouveaux interlocuteurs", a annoncé le candidat à ses équipes. Il a enjoint à son entourage de ne pas communiquer sur ces orientations, par souci de ne pas donner un sentiment d'arrogance : "Je crains que les Français ne croient que pour moi, l'élection soit déjà faite, à cause de ma place dans les sondages."

    Le candidat s'est ensuite livré à une analyse politique en martelant son objectif : "il faut être clairement en tête au premier tour." Pour cela, il maintient son cap : "l'identité nationale et l'immigration. Il faut amener les électeurs de Le Pen à voter pour moi dès le début." Nicolas Sarkozy a également décidé de terminer la campagne du premier tour en célébrant la France qui travaille. Un Nicolas Sarkozy qui drague le plus largement possible la droite et la droite de la droite, persuadé - contrairement à ce qui est si souvent dit - que l'élection présidentielle ne se gagne pas au centre. En tout cas pas celle-là.

 Intéressant, non ?

Présentiment...

Il faut croire que malgré les belles leçons que nous servent à longueur de journées certains journalistes, ces derniers s'appuient COMPLÈTEMENT sur les sondages pour leurs édito. Bayrou aurait-il eu le droit à une couverture du Point s'il ne s'était pas approché des 20 points d'intentions de votes.On le voit descendre, on se dit c'est fini, et à peine deux sondages paraissent lui redonner un peu d'air, qu'aussitôt on s'empresse de prévenir de son avancée.


Personnellement, en ce moment, je ne considère pas que Bayrou soit une inconnue, au même titre que Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy. On envisage tous un second tour entre NS et SR ou entre NS et FB. Jamais entre FB et SR (tant mieux pour le candidat centriste qui devrait gagner avec les voix de la droite et dont l'idée d'un gouvernement d'union nationale tomberait à l'eau), et surtout, peu d'éditorialistes présupposent un Jean-Marie Le Pen au second tour.

Dans un débat, dont les thèmes sont quasi-imposés par NS, et qui empruntent grandement au terreau du FN, personne n'ose supposer que Le Pen soit au second tour. Il serait tant d'en avoir peur...

 

Car un 21 avril revient à mes souvenirs.

Oui, le jour où un second tour s'est acquis avec uniquement 18% des voix... 

Programme de Bayrou

Et on finit la première grande partie du dossier du magazine étudiant avec le programme de François Bayrou. J'ai choisi de ne pas faire la critique de ce candidat, vu que c'est mon favori. Un de mes collaborateurs s'en est chargé ! Bonne lecture, et surtout, voter bien !

 

    François Bayrou est né le 25 mai 1951 à Bordères. Fils d'agriculteur et bègue, François Bayrou a réussi à être agrégé de lettres classique. Il entre en politique en 1982 en tant que conseiller général puis député UDF des Pyrénées-Atlantique. De 1993 à 1997, il occupera le poste de ministre de l'éducation nationale où il sera remarqué pour sa méthode prudente et concertée en matière de réformes (critiquée par exemple par Claude Allègre, approuvée par Jack Lang). Depuis 1998, il est président de l'UDF avec lequel il obtiendra 6,84% des voix en 2002. Depuis fin 2004, il s'est démarqué de l'UMP, rejoignant parfois certaines revendications du PS (contre la loi sur l'assurance maladie de 2003, contre DADVSI, contre le CPE, a voté la censure en 2006 et contre les budgets 2006 et 2007).


    En 2007, il est le candidat UDF à l'élection présidentielle. Voici son programme :

    - Priorité à l'éducation : Vaincre l'échec scolaire en garantissant que tout élève qui entre en 6ème, scahe lire, écrire et compter. Créer des parcours scolaires spécialisés pour les élèves les plus en difficulté. Pour l'université : porter l'investissement par étudiant au niveau de celui des pays performants de l’OCDE en augmentant le niveau des bourses pour permettre à tous les étudiants de travailler dans de bonnes conditions et en augmentant le nombre de personnes auxiliaires à l'enseignement (tuteurs, moniteurs, bibliothécaires...).
    - Encourager la recherche par un pacte national et transpartisan en faveur d’une augmentation régulière et sur le long terme du budget de la recherche, de l’ordre de 5 % par an sur dix ans. Enfin, encourager l’installation en France des chercheurs les plus performants en exemptant d'impôt les revenus des brevets déposés par des chercheurs français, ou résidents en France.
    - Un deuxième chance pour tout le monde : Proposer pour les bénéficiaires de minima sociaux, une activité au profit de la collectivité, rémunérée en complément de leur allocation. Développer les TIG pour les jeunes délinquants afin de leur faire reprendre pied dans la vie.
    - Remettre la démocratie au coeur de la République avec la moitié des députés choisis à la proportionelle afin que tous les français soient représentés, et l'autre moitié choisie comme actuellement afin que le pays reste dirigeable.    - Défendre la respect réciproque : un mariage réservé pour les hétérosexuels mais les homosexuels auront une union civile, conclue à la mairie comportant les mêmes avantages que le mariage. L'adoption simple doit être ouverte à chacunes des personnes homosexuelles vivant en couple, avec l'accord d'un assistant social.    - Aider au maximum les PME qui représentent plus de la moitié de l'emploi français en créant un "small business act" à la française : totalité des marchés publiques de moins de 50 000€ et 20 % du volume total des grands marchés pour les PME. Enfin, simplification des contraintes administratives et possibilité d'une protection active de la trésorerie.
    - Une mesure d'urgence pour l'emploi : permettre à toutes les entreprises (et donc à fortiori, les PME) de créer deux emplois sans charges sociales (10% retenu pour la retraite) quels que soient l'âge ou la qualification du salarié.
    - Refonder le projet européen, car la France a besoin de l'Europe, en remettant dans le débat un texte de constitution simple, lisible et court qui sera soumis à référendum.
    - Etablir une fiscalité écologique en faveur des énergies renouvelables, renforcer les normes écologiques dans les bâtiments, les transports, l'énergie. Continuer grâce au nucléaire, à être un des pays européen qui émet le moins de CO2. Enfin soutien total au pacte écologique de Nicolas Hulot, notamment pour l'instauration d'une taxe carbone.    - Combattre les 1 800 milliards d'€uros de dette publique dont les intérêts coûtent aux français, 2 000 €uros par an par ménage, en arrêtant les promesses intenables et en inscrivant dans la constitution l'interdiction de présenter un budget de l'état en déficit.


Coût du programme par la cellule de chiffrage indépendante : 11,2 milliards d'€uros.

Analyse : François Bayrou, se présentant en candidat anti-système, a enfin un programme, peu prétentieux, et ne modifiant pas en profondeur la structure de l'état français. Les mesures qu'il propose sont générales et abordent les problèmes dans la globalité, pas dans le détail.

Source : bayrou.fr

05.04.2007

Programme de Royal

Et hop ! Deux notes aujourd'hui, maintenant le programme de Royal, réalisé avec un membre du PS. Demain, celui de Bayrou (mon champion :-D ). Au moins, en me déclarant ce que je suis, vous pouvez faire la part des choses...

 

     Ségolène Royal est née le 22 septembre 1953 à Dakar. Fille de militaire, Ségolène Royal a une licence de sciences économiques et est diplômée de Sciences Po. Elle adhère au PS en 1978, puis devient en 1982 chargée de mission au secrétariat général de la présidence de la République pour les questions de santé, d'environnement et de jeunesse. De 1992 à 1993, elle est ministre de l'environnement, de 1997 à 2000, ministre de l'enseignement scolaire, de 2000 à 2002, ministre déléguée à la famille, à l'enfance et aux personnes handicapées. Elle y a fait voté de nombreuses lois qui ont souvent fait débat, notamment à l'enseignement et dans l'environnement. On signalera la relance des Zones d'éducation Prioritaire sous Claude Allègre et la circulaire contre les violences sexuelles.


    En 2007, elle est la candidate PS à l'élection présidentielle. Voici son programme :

    - Relancer la croissance pour travailler tous : Augmentation de 10% par an du budget de la recherche et de l'innovation et concentration des aides sur les entreprises qui embauchent et investissent avec la création de 500 000 emplois tremplins. Mise en place d'une sécurité sociale professionnelle qui garantira un revenu et une qualification à tout salarié licencié, en parallèle avec l'instauration d'un revenu de solidarité active pour ceux qui retrouvent un travail.
    - Améliorer le pouvoir d'achat : modernisation du dialogue social par un syndicalisme puissant et responsable mais aussi ouverture d'une conférence nationale (Etat / partenaires sociaux) afin d'ouvrir une négociation sur l'ensemble des salaires. Mensualisation et hausse immédiate de 5% des petites retraires et relèvement à 1500 €uros du SMIC d'ici à 2012.
    - Promouvoir l'éducation, encore l'éducation, toujours l'éducation : Scolarisation obligatoire dés 3 ans avec la mise en place d'un service public de la petite enfance. Soutien scolaire gratuit durant toute la scolarité et lutte continuelle contre l'échec scolaire avec, en ZEP, 17 élèves par classe de CP et de CE1. Adapter la dépense par étudiant au même niveau que les autres pays européens et créer une allocation d'autonomie sous conditions de ressources.
    - Promouvoir le logement avec la construction de 120 000 logements sociaux et obligation de respecter les 20 % de quota. Enfin, étendre les prêts à taux zéro pour faciliter l'accès à la propriété.
    - Rénover profondément le domaine de santé public avec de grands plans de prévention, de financement pour tous les hôpitaux de France et des DOM-TOM. Carte-santé jeune 16-25 ans pour deux consultations gratuites par an et plus de 500 dispensaires crés dans les zones rurales et les quartiers.
    - Décider l'excellence environnementale en soutenant massivement les économies d'énergie et les baisses ciblées de TVA. Atteindre d'ici à 2020 les 20% d'énergie renouvelables. Enfin création d'un pôle commun public GDF-EDF et prélèvement exeptionnnel des superprofits des pétroliers pour les transports collectifs.
    - Lutter contre toutes les formes de violences avec une police de quartier profitant de l'expérience de la police de proximité. Développements de centres éducatifs renforcés pour répondre aux violences commises par les mineurs délinquants en parallèle avec une augmentation des moyens de la justice pour des peines rapides et proportionnées.
    - Agir pour une France plus forte et surtout plus démocratique : interdiction de cumuler les mandats et possibilité à un million de citoyens de déposer une proposition de loi. Renforcement du pouvoir du Sénat afin de créer un véritable débat entre les deux chambres.
    - Renforcer la place de la France dans le monde et en Europe en construisant une Europe plus protectrice avec un nouveau traité institutionnel soumis à un référendum. Co-développer avec les pays du Sud, une politique d'immigration partagée.

Côut du programme par la cellule de chiffrage indépendante : 60,175 millliards d'€uros.

Analyse : Un programme, quelque peu viellot, s'inscrivant dans la continuité du PS et qui aurait pu être celui de Jospin en 1995. L'effet des débats participatif n'a pas été réellement remarqué. Royal, élue par 60 % des militants socialistes, aura-t-elle pas les épaules suffisantes pour rassembler la gauche ?

Source : desirsdavenir.org

Programme de Le Pen

Je suis profondément démocrate. Par conséquent,je considère que toutes les idées sont bonnes à dire. Je n'aime pas les idées de Le Pen que je considère comme non adaptées au monde dans lequel on vit, et dangereuses par certains côtés. Pour mon journal, j'ai quand même du me plonger dans les méandres du site de Le Pen, afin d'en extraire les principales caractéristiques. Les voici :

 

    Jean-Marie Le Pen est né le20 juin 1928 à la Trinité-sur-Mer. Fils d'un pêcheur décédé en 1942 et d'une mère paysanne, Jean-Marie Le Pen, pupille de la nation est diplômé d'études supérieures de sciences politiques et licencié en droit. Il entre en politique pendant ses études en prenant la tête de mouvements étudiants nationaliste puis devient député en 1956, après son retour d'Indochine. En 1972, il devient président du tout nouveau Front National et augmentera sans cesse les scores nationalistes lors des diverses élections. Il se présente aux élections présidentielles de 1974, 1988, 1995 et 2002, en professant des idées nationalistes, dont certaines considérées par ses adversaires comme xénophobes et/ou extrémistes. Ses propos, sont, en effet délibérément provocateurs dans le but d'une stratégie d'accès aux médias.


    En 2007, il est le candidat FN à l'élection présidentielle. Voici son programme :

    - Baisser la pression fiscale par une réforme d'envergure sur 5 ans afin de permettre de retrouver les conditions d'une croissance retrouvée. Lutter contre la concurrence déloyales et les délocalisations en réinstaurant les droits de douane et en établissant des quotas d'importation dans les secteurs les plus sinistrés. Remboursement par les entreprises qui délocalisent des aides qu'elles ont reçues, conserver une minorité de blocage dans toutes les entreprises publiques et développer l'actionnariat.
    - Lutter contre l'immigration en apportant des aides aux pays pauvres, en supprimant les allocations sociales des étrangers et en établissant la préférence nationale à l'emploi. Créer un service spécial, à l'initiative du président de la république, pour insérer une politique de l'immigration efficace dans un cadre plus globale de compréhension des valeurs nationales. Rétablir une politique de retour en supprimant le regroupement familial, en réduisant la durée de la carte de séjour de 10 à 3 ans et en rétablissant l'expulsion des délinquants multi récidivistes étrangers.
    - Rétablir une défense nationale ainsi qu'un service militaire volontaire de 6 mois. Appliquer une politique de fermeté à l'égard de la délinquance et de la criminalité nottament en créant 100 000 places de prisons supplémentaires.
    - Le système scolaire doit retrouver les mérites de la sélection, notamment en développant les bourses au mérite en fonction des notes. La carte scolaire sera progressivement supprimée, un chèque scolaire pour avoir le choix entre le public et le privé sera créé. Enfin, le personnel administratifs et techniques inutile (20 000), sera supprimé.
    - Créer une grande politique d'investissement dans la recherche d'énergie de substitution respectueuse de l'environnement. Poursuivre les recherches sur les OGM.
    - Organisation au niveau internationnal d'un "Procés de Nuremberg" du communisme, retrait de l'OTAN pour renforcer une armée nationale puissante dans cette "Europe des Nations", tout en restant loyal, mais non inféodée, à Washington.
    - Rester fidèle au "non" du 29 mai 2005 en refusant toute relance d'un quelconque traité européen de nature constitutionnelle.
    - Le Front National se propose de mettre en place une politique de solidarité nationale d’envergure, en combattant les causes économiques mais aussi sociales de la précarité. Créer un véritable pouvoir d'achats en prenant en charges les cotisations sociales des bas salaires et en supprimant l'ISF.
    - Promouvoir la famille française en relancant une politique active de la natalité, en créant une carte France-Famille de réduction et en s'opposant à tout demande de création de mariage homosexuel ou d'une adoption de couples homosexuels.

Coût estimé du programme par l'équipe du FN : aucun ! 89 milliards d'€uros économisés et 58,5 milliards d'€uros de nouvelles dépenses, soit un coût de fonctionement positif de l'ordre de 30 milliards d'€uros sur 5 ans.

Analyse : Un programme très complexe, touchant à tout mais pouvant être résumé par une phrase : la préférence nationale. Le Pen se définit lui même "économiquement de droite, socialement de gauche et nationalement français". La cellule de chiffrage n'a pas évalué le coût "réel" de fonctionnement de ce programme. C'est pour cette raison qu'il est bénéficitaire : l'exception culturelle nationaliste.

Source : lepen2007.fr

04.04.2007

programme politique de Nicolas Sarkozy

Voilà donc le début du dossier avec en présentation un (gros) résumé du programme de Nicolas Sarkozy. Je m'en suis occupé avec l'aide d'un ami, encarté à l'UMP, et du pdf officiel du programme de NS, disponible sur sarkozy.fr

 Bonne lecture !

 

    Nicolas Sarkozy est né le 28 janvier 1955 à Paris. Fils d'un aristocrate hongrois immigré en France en 1948, Nicolas Sarkozy est diplômé en droit public et en sciences politiques. Il entre en politique en 1974 en soutenant Jacques Chaban-Delmas et est élu en 1977, conseiller municipal de Neuilly. Ministre du du budget de 1993 à 1995, ministre de l'intérieur de 2002 à mars 2004, puis de novembre 2004 à 2007. Il y a imposé un style « musclé » et a fait de la sécurité sa priorité, déclarant vouloir s'affirmer par l'action. Il obtient généralement de bons résultats avec la délinquance qui baisse mais où les violences aux personnes n'ont jamais été aussi nombreuses. Son franc-parler et sa façon d'agir séduit, notamment chez les électeurs de Le Pen. Enfin l'ambiguité de sa relation avec les médias reste au coeur du débat.


    En 2007, il est le candidat UMP à l'élection présidentielle. Voici son programme :

    - Travailler plus afin de gagner plus : les français qui souhaitent travailler plus doivent pouvoir le faire. La priorité des priorités est de revaloriser le travail afin de créer la croissance qui résoudra les questions de déficit. Assouplir les 35 heures en exonérant de charges sociales pour le patron et l'employé, les heures supplémentaires. Les 35 heures à l'hôpital doivent êtrerénovées.
    - Priorité absolu donné au pouvoir d'achat avec une diminution des charges, une reconnaissance de l'utilité sociale de chacun et la réforme des droits de succession en exonérant 95% des français. 68 milliards d'impôts reversés aux français sur 10 ans et dette ramenée en dessous des 60% du PIB d'ici à 2012. Ramener le chômage sous la barre des 5% avec des allocations chômages inférieurs au salaire minimum, et interdiction de refuser plus de trois offres d'emplois correspondant à ses compétences.
    - Véritable politique de l'immigration afin de ne pas renoncer à l'identité nationale. L'immigration choisie ne doit l'être que sous des plafonds d'immigration, l'immigration illégale, endiguée : arrêter la régularisation automatique des clandestins au bout de 10 ans et encadrer strictement le regroupement familial. Le droit d'asile ne doit plus être détourné et l'immigration ajustée à nos capacités d'accueil et aux besoins des français. Créer une politique d'aide et de de co-développement avec les pays d'immigration dans le cadre de partenariats exigeants et responsables.
    - La famille, la base de toute éducation : des allocations familiales dés le premier enfant et des études dirigés dans tous les établissements scolaire afin que la mère de famille puisse concilier vie de femme et vie professionnelle. Un contrat d'union civile fournissant les mêmes droits fiscaux, sociaux et patrimoniaux aux homosexuels. Violences conjuguales plus durement réprimées et les femmes qui en sont victimes, mieux accompagnées.
    - Mettre en oeuvre un plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de banlieues pour que chacun ait un emploi. Laisser une véritable liberté pédagogique aux enseignants tout en les évaluant en évaluant les élèves. Relancer l'effort de la recherche en augmentant de 15 milliards d'€uros la dépense totale sur 6 ans. Il faut s'appuyer sur les universités pour la recherche en améliorant l'autonomie de celles méritantes.
    - Consacrer un minimum de 2% du PIB à la défense afin d'avoir des forces armées aptes à répondre efficacement aux menaces actuelles. Créer un conseil de sécurité nationale qui sera l'instance centrale en matière de sécurité, en période normale comme en période de crise. Oui à l'Europe pour agir, pour vouloir, pour mettre en commun nos forces et pour mieux protéger les européens.
    - Modification de la justice en profondeur : juge des libertés et de la détention supprimé, remplacé par des juridictions collègiales, dont le juges d'instruction ne fera pas partie et qui sera composées par des juges expérimentés.
    - Continuer l'action dans le domaine de la sécurité entreprise depuis 5 ans  avec des peines planchers sévères pour les multirécidivistes. Les mineurs de 16 à 18 ans multirécidivistes doivent être traités comme des majeurs.
    - Aller plus loin dans la protection de la planètre : pacte écologique de Nicolas Hulot intégralement respecté.

Côut du programme par la cellule de chiffrage indépendante : 58,80 milliards d'€uros, auquel il faut rajouter une éventuelle baisse des impôts.

Analyse : Un programme ambitieux, complexe, étendu qui emprunte au Parti socialiste, tout en piochant allégrement dans les idées du Front national qui fait évoluer une droite chiraquiste endormie vers une droite sarkozyste qui ne mâche pas ses mots et qui peut choquer. En bien, comme en mal.

Source : sarkozy.fr

 

Ps : l'analyse est de moi, naturellement :-D 

02.04.2007

Et c'est la ligne finale...

Ce n'est un secret pour personne, j'aime écrire. J'écris même dans un journal étudiant, dont je suis devenu, il y a peu de temps de cela, rédacteur en chef, élu à l'unanimité.

Dans ce blog, il y a certains articles que j'ai écris, d'autre qui ont été censurés. Je me suis occupé récemment de la rédaction d'un dossier présidentielle. Chaque jour j'en mettrai un article.

Aujourd'hui l'édito...

 

 

 

Le vote n'est pas une mesure à prendre à la légère. L'urne est le moyen le plus puissant que nous, simples citoyens, possédons afin de faire évoluer la société.

Rendez-vous compte ! Nous avons la chance de choisir la personne qui nous représentera dans le monde, qui agira dans notre intérêt et qui nous dirigera en édictant nos règles. Tom Clancy, un auteur américain, repris par un présidentiable, nous livre que « gouverner, c'est servir ». Il est temps de croire en la politique, de désigner l'homme, ou la femme, le plus à même d'exercer cette difficile fonction qu'est d'être Président de la République.

Survoler tout le paysage politique français. C'est dans cette optique que ce dossier a été rédigé. Tout d'abord nous étudierons en détails les programmes des quatres possibles futurs présidents. Ne nous voilons pas la face, ce sera Sarkozy, Le Pen, Royal ou Bayrou. Mais afin de faire honneur à la démocratie française et à son pluralisme si cher à nos yeux, nous avons brossé en quelques mots, les grandes lignes des programmes des huit autres candidats : Villiers, Nihous, Voynet, Bové, Schivardi, Besancenot, Buffet et Laguiller.

Enfin, tout journal qui se respecte, se doit d'avoir une ligne éditorialiste. Innovons et créons notre différence en en proposant quatre. Nous avons ainsi soigneusement selectionné quatre polémistes, fiers de soutenir tel ou tel mouvement politique, de l'école ou non, afin qu'ils vous expliquent les raisons qui les pousseront à voter untel le 22 avril 2007.

Nous espèrons, j'espère, que vous lirez ces quelques pages avec intérêt, tout en faisant au maximum, la part des choses. Car, et c'est devenu une nouveauté de cette campagne, le citoyen est redevenu l'acteur de la politique. Alors, bougez-vous ! Fouillez le web, lisez les blog, parcourez les sites politiques, trouvez des informations sur les candidats et analysez-les avec le maximum d'esprit critique. C'est ainsi que la politique doit fonctionner, c'est ainsi que demain, surement, aujourd'hui, peut-être, nous serons, au coeur des débats, nous les simples citoyens.

Cet étonnant pouvoir de se renseigner et de choisir, est le plus beau droit du citoyen français : faisons en sorte que cela soit un réel devoir et que, le 22 avril 2007, notre voix se soit fait entendre.

Allez, votez !

 

Toutes les notes

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu